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Capharnaüm

Car depuis ces dernières semaines, le Sahel est devenu un véritable capharnaüm où se mélangent pêle-mêle prises d’otages, attaques terroristes, affaires d’espionnage, manÅ“uvres militaires, trafic de cocaïne, caravanes de contrebande, rebellions touarègues, course aux gisements de pétrole et d’uranium et autres coups d’État. Aucun des sept pays du Sahel n’est épargné par cette multiplication d’événements qui polluent une région subsaharienne devenue motif d’inquiétude et d’interventionnisme.
Au-delà de l’Afghanistan, le Sahel est devenu l’endroit où l’on se doit d’être. C’est au nord du Mali qu’Al-Qaïda Maghreb a décidé de s’installer avec la complicité des tribus barabiches et le silence de Bamako. C’est dans l’est de la Mauritanie que les terroristes kidnappent des otages occidentaux. C’est dans le nord-ouest du Niger que les salafistes s’attaquent aux garnisons nigériennes. C’est dans cet arc de l’un des déserts les plus pauvres au monde que se développe une zone de non-État qui semble convenir à beaucoup d’acteurs. Des terroristes aux exploitants d’uranium en passant par les trafiquants de la coke colombienne.
Le sahel est devenu une “zone grise” qui est en train de s’obscurcir davantage. L’ingérence des puissances occidentales ou asiatiques n’arrange pas les choses puisque chacun se donne le droit d’intervenir comme si le Sahel était le jardin de ses fantasmes néocoloniaux. Au mépris de la souveraineté d’États sahéliens fragiles qui passent leur temps à s’entre-déchirer et à s’accuser mutuellement. Le début de solution ne peut venir que de ces États. C’est apparemment le message de la diplomatie algérienne qui a finalement décidé de prendre le taureau par les cornes, après la série d’événements troublants dans cette région. Une solution qui ne peut venir que de la solidarité et l’entraide entre voisins.
