Des chiffres hallucinants

Portrait de MedSouilah
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Le plus dramatique, comme le souligne à juste titre Abdelmalek Sayah, le directeur de l’Office de lutte contre la drogue, c’est le glissement dangereux qui s’opère dans le marché algérien, passant des drogues dites douces aux drogues dures introduites par des trafiquants venus d’Afrique subsaharienne.
La consommation de la drogue dans notre pays est en train de prendre des proportions hallucinantes. Les récents chiffres de l’Office national de lutte contre la drogue témoignent d’une explosion du marché. Les saisies opérées par les services de sécurité ont connu, en 2009, un bond spectaculaire de 546% pour l’héroïne et 43% pour la cocaïne. Et tout le monde sait que les quantités saisies ne représentent généralement qu’une infime partie de ce qui est mis en vente, malgré les efforts, ô combien louables, des services chargés de traquer les narcotrafiquants.

Mais le plus dramatique, comme le souligne à juste titre Abdelmalek Sayah, le directeur de l’Office de lutte contre la drogue, c’est le glissement dangereux qui s’opère dans le marché algérien, passant des drogues dites douces aux drogues dures introduites par des trafiquants venus d’Afrique subsaharienne. Si une partie de ces produits est destinée à être écoulée en Europe, le gros est consommé sur place. Ce qui est un danger potentiellement incommensurable pour notre société, compte tenu des ravages que provoquent ces drogues sur leurs consommateurs.
C’est là, en fait, un autre grand défi pour notre pays qui, après avoir vaincu le terrorisme islamiste, se voit désormais en devoir de partir en guerre contre les barons de la drogue qui ont presque pignon sur rue. Ils brassent des sommes d’argent astronomiques, qui leur confèrent de facto un pouvoir, une puissance dans la société.
S’il s’agit pour les pouvoirs publics de porter l’effort en matière de lutte et de prévention, en priorité, sur les segments de la population considérée comme fragile, notamment les écoles, il reste que l’antidote doit passer par la mise en place d’une stratégie globale qui inclurait aussi la dimension de coopération avec d’autres États, tant le phénomène est transnational.

Par : Omar Ouali