Djidjelli : Les bombardements de 1942-1943

Portrait de MedSouilah
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28 Février 1950, Le Gouverneur Général de l'Algérie, en place à l'époque, M. NAEGELEN, remet la Croix de guerre avec étoile d'argent à la ville de Djidjelli...
Près de soixante dix ans plus tard, se souvient-on que cette ville d'Algérie est celle qui, après Bône (Annaba) a le plus souffert des bombardements ? Les photos que vous regarderez ci-dessous montrent essentiellement les résultats du bombardement du 12 novembre 1942.Roger DENIER, faisant partie à l'époque, des Chantiers de Jeunesse, il se souvient les avoir achetées à un photographe...

1 — Récits de l'époque. —

Le 8 novembre 1942, les Alliés débarquent à Oran, à Alger.. Les aviateurs viennent aussi très vite atterrir sur les aérodromes du Constantinois.
Tout de suite, et avant que la défense aérienne ne se mette en place, les allemends ripostent et partent de Tunisie ou de Lybie bombarder Alger. Le jeudi 12 novembre à 10h30, la population de Djidjelli vaque à ses occupations habituelles.. Deux bombes tombent alors sur la ville au carrefour entre la rue de Picardie et la rue Ducros ; tombant dans un quartier commerçant, à une heure avancée de la matinée, elles feront de nombreuses victimes ; des femmes qui se trouvaient chez la coiffeuse MELLE, le tailleur CHIRIAZZULLI, et le photographe ROMÉI, se trouveront ainsi touchés. En fait une seule bombe est responsable du carnage, celle qui tombe sur la maison BARBIER,  la deuxième bombe tombe devant le cabinet du Docteur CHABRIAT, à quelques mètres de la "Maison MORINAUD", et presqu'aux pieds d'Emile Morinaud lui-même, mais elle n'explose pas.. Cette bombe plus tard désamorcée, sera longtemps exposée à la Mairie de Djidjelli.

 

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 Le studio photos ROMÉI (vue de l'intérieur)
 

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On est le 20/11/1942

 

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12/11/1942 : La Maison BARBIER : angle de la Rue Duclos et de la Rue de Picardie.

Entre le 8 novembre et le 11 novembre 1942, des avions anglais viennent se baser à Djidjelli, sur le terrain de l'aéro-club. Ils sont 25 spit-fires, lorsque le 12 novembre au matin, 3 avions allemands se pointent dans le ciel, tout de suite pris en chasse par 3 avions anglais ; les allemands décident de fuir, et pour s'alléger larguent leurs bombes ; deux d'entre eux réussissent à s'enfuir vers la mer, le troisième, qui a déjà largué deux bombes dans la mer, ne peut en faire autant, et essaye de se sauver vers la terre, c'est alors qu'il largue ses deux bombes meurtrières.

 

Mais le chasseur allemand ne put se débarasser de son poursuivant, il passa en rase-mottes au-dessus de Strasbourg, mitraillant au sol tout ce qui paraissait bouger, et donnant l'impression aux occupants de l'école qu'il allait s'y écraser. Raymond Saramite, alors directeur, et occupant l'appartement, imaginait avec horreur ce que cela aurait donné si.. "nous n'avions pas été un jeudi jour de congé scolaire..."
  ...L'avion prend alors la direction des Beni-Siar .. Ernest Granger qui chasse ce jour là dans la montagne de Béni-Siar.. (lui aussi est en congé scolaire), assiste à la poursuite.. et à la phase finale, l'avion s'écrase..!
  Dans l'état-civil de la Commune Mixte de Taher, on apprend que je jour là, à 19h le Docteur LEHTIHET est allé constater le décès de Heinrisch KILSCH 30 ans, adjudant-chef aviateur, allemand.

 

Source: Site Suzanne Granger

Jijel.info

Commentaires

Il s'est écrasé où cet avion?

DOMMAGE QUE CET ARTICLE N'EVOQUE PAS LES VICTIMES "arabes" , ET POURTANT ELLES ETAIENT PLUS NOMBREUSES. LES MAISONS ARABES TOUCHEES PAR CES BOMBARDEMENTS ETAIENT AUSSI PLUS IMPORTANTES .RIEN QU'AU QUARTIER " EL DJEBEL " ON A DENOMBRE PAS MOINS DE DIX MAISONS DETRUITES . DAR BEN AOUICHA . DAR BENHACHEMI .DAR BENGHOULA...ETAIENT COMPLETEMENT RASEES . LES MAISONS  DE BOUSSALOU .DE BENSALHI. DE BOUARADA SITUEE EN HAUT DE LA RUE BETANCOURT ,EN RETRAIT DES POINTS D'IMPACT ONT ETE PARTIELLEMENT DEMOLIES ET LEURS OCCUPANTS BLESSES . C'EST DIRE QUE LES VICTIMES N'ETAIENT PAS QUE PIEDS NOIRS.

 

C'est lors de ce bombardement que Mahmoud Benyahia perdit la vie. Il venait de terminer ses études en Suisse et n'avait que 25 ans. Ce jour là, en quittant la maison pour aller chez son barbier, à sa mère qui lui demandait ce qu'il voulait manger à midi, il avait répondu: « Un steak frites » On le retrouva sur le fauteuil du coiffeur, la serviette autour du cou et les joues encore badigeonnées de mousse.

Depuis, on ne mange jamais des frites,le jeudi, chez les Benyahia.

 

Pour la légende, il voulait retourner en Suisse où une grande banque lui avait offert une position,mais son père s'y opposa fermement. « Je n'ai pas payé tes études pour que tu ailles travailler chez les autres! » Ils avaient des arguments, nos vieux.

De cette tragédie, j'ai hérité d'un prénom.

 

MOH DEL FOUBOURG CONNAÎT TOUT...IL FAUT LUI DEMANDER

Il s'est écrasé où cet avion?