Grosses légumes.

Portrait de MedSouilah
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Que les prix des fruits et des légumes sur les marchés de gros soient inférieurs à ceux pratiqués dans le détail, cela relève quasiment d'une lapalissade. Il est normal que le détaillant puisse avoir sa marge bénéficiaire.

 

 

Que les prix des fruits et des légumes sur les marchés de gros soient inférieurs à ceux pratiqués dans le détail, cela relève quasiment d'une lapalissade. Raisonnable, s’entend. Sauf qu’en Algérie, ce n’est pas le client qui est roi, mais les commerçants de détail qui gagnent plus que les grossistes et encore plus que les producteurs eux-mêmes qui sont en fait les véritables pourvoyeurs du marché en produits.

 

Il est normal que le détaillant puisse avoir sa marge bénéficiaire. Cette asymétrie des marges bénéficiaires entre les intervenants résume à elle seule tout le paradoxe du marché algérien. Dans la chaîne qui commence à partir de l’agriculteur jusqu’à la ménagère, il y a des maillons qui font défaut. En particulier le contrôle. Il est vrai que les services dépendant du ministère du Commerce existent. Ils sont même pléthoriques. Mais pas du tout efficaces. Faut-il pour autant les tenir pour responsables de la surchauffe des prix à la consommation ? Certainement pas. 

C’est le système de distribution dans sa globalité qui est obsolète et qui doit être revu dans son fonctionnement, son organisation.

Absence de facturations, avec pour corollaire l’évasion fiscale, multiplication des intermédiaires et autres spéculateurs, sans parler des normes d’hygiène qui sont royalement bafouées, sont autant de pieds de nez adressés quotidiennement aux services de contrôle. Et ce ne sont pas les opérations coup-de-poing et autres descentes ponctuelles, tout juste des chiquenaudes, qui sont de nature à faire chavirer un système qui a eu le temps de se structurer pendant des années, de prospérer en dehors de toute légalité.

Et quand bien même la volonté politique de combattre les dysfonctionnements du marché de la distribution existe, comme le rappelait la semaine dernière le ministre du Commerce lors de son passage au Forum de Liberté, force est d’admettre que les gros bras et autres grosses légumes de l’informel, avec leur relai au niveau des cercles décisionnels, ne laisseront pas faire. Aujourd’hui, ils sont assez puissants pour imposer à l’État leurs propres règles.  

Par : Omar Ouali


 

 

 

Jijel.info

Commentaires

La liberté a plus de valeur que l'argent gagné à travailler pour les autres.

 

LAPALISSADE, subst. fém.

LAPALISSADE, substantif

 
LAPALISSADE, subst. fém
 

Affirmation ou réflexion niaise par laquelle on exprime une évidence ou une banalité. Synon. truisme, vérité de La Palisse

La liberté a plus de valeur que l'argent gagné à travailler pour les autres.

 

"... force est d’admettre que les gros bras et autres grosses légumes de l’informel, avec leur relai au niveau des cercles décisionnels, ne laisseront pas faire. Aujourd’hui, ils sont assez puissants pour imposer à l’État leurs propres règles." 

 

La hakem ouala li yahkem... Demain ces "gros bras" deviendront eux-même eddoula. Si ce n'est déjà le cas... SurprisedFrown

La liberté a plus de valeur que l'argent gagné à travailler pour les autres.