JEUNES HYPOTHETIQUES CITOYENS

Portrait de Letempquipasse
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Sachant que pour devenir un citoyen performant, un jeune est astreint à au moins vingt cinq années d’études classiques, suivies de dix autres à titre d’expérimentation pratique, pour parfaitement s’intégrer au milieu social et commencer d’y contribuer par un apport nouveau.

 

Energies dilapidées et néfastes conséquences

 

Commençons par cette citation : Chaque culture traverse les phases évolutives de l'homme en particulier. Chacune a son enfance, sa jeunesse, sa maturité et sa vieillesse. – Oswald Spengler (Le déclin de l’Occident)

 

Introduction : Le défunt Boumediene l’avait très bien compris. De même qu’il avait compris beaucoup d’autres choses, du fait d’un esprit libre ne subissant aucune contrainte. Sur la base de quoi il avait défini ses politiques. Il avait, entre autre, compris les enjeux du moment et sur quoi ils allaient déboucher. Ce pourquoi, il avait donné beaucoup d’importance à l’instruction, en accordant à la jeunesse toute l’attention voulue, pour avoir donc appréhendé toute la  dimension que revêtait ce pôle essentiel que constitue la jeunesse. La jeunesse du moment constitue invariablement les citoyens de demain, capables d’assurer la pérennité de ce qui constitue tout un pays.

 

Parce qu’il avait également compris que l’autosuffisance en tout était une garantie de continuité pour la bonne évolution d’un peuple, seule capable d’assurer sa survie en cas de moments cruciaux, il avait entamé sa révolution industrielle, suivie de toutes sortes de révolutions à même de conduire, progressivement, le pays vers une autonomie réelle et effective. Politique que les dirigeants de ce monde, sentant leurs intérêts menacés, n’avaient pas tolérés ni pardonnés ; à laquelle ils avaient mis un terme, en le faisant assassiner, pour tout arrêter de cette évolution, encore à ses débuts.

 

S’en est suivi un programme «spécial Algérie», de même qu’il y avait eu une «Tempête du désert», également suivie, quelques décennies plus tard, par celle s’étant abattue brutalement en Libye, dont le souffle ne s’est pas encore apaisé à ce jour. Aujourd’hui, par la force des choses et aussi par l’exercice d’autres forces occultes, notre pays est à l’agonie. Pour s’être trouvé, depuis le début des années 80, dans l’œil de ce cyclone sciemment déclenché pour tout arrêter de notre processus de développement. Il avait été décidé que l’Algérie ne devait jamais devenir un pôle économique industriel, censée rayonner sur l’Afrique, dont elle est la porte naturelle méridionale d’accès, et que prolonge le couloir subsaharien.

 

Aujourd’hui, à la suite de toutes ces agressions qu’avait subi notre pays, dont il essuie encore les revers et les torts, la jeunesse algérienne est non moins à l’agonie. Rendue complètement amorphe et sans suite dans les idées. Tous les horizons leur permettant d’évoluer à leur aise avaient été soigneusement emmurés, ne leur offrant aucune issue de sortie ni autre porte d’accès à des lendemains meilleurs. Une jeunesse ignorée et brimée, devenue sans objet. De laquelle toute énergie vitale aura été brisée. Une jeunesse devenue une plaie sociale. Une jeunesse jetée sur les trottoirs, passant son temps derrière des tables, des kiosques et des caisses de légumes et de fruits pour essayer de subvenir et couvrir des besoins vitaux. Une jeunesse complètement échouée, à laquelle il n’aura rien été offert, pas même la chance de pouvoir changer sa triste condition.

 

Une jeunesse dont la condition première est de subir l’échec programmé, à travers des programmes scolaires conçus pour des débiles mentaux, élaborés par des aliénés, à l’effet de réduire à néant tout esprit rationnel en brisant, de fait, toute volonté d’aller de l’avant. Mais surtout exorciser tout esprit de velléité en le canalisant de manière à le transformer en boomerang, dont la jeunesse demeurera la cible permanente. Ce faisant, réduire à jamais toute tentative de révolte, fusse-t-elle pacifique et légitime, qui pourrait conduire cette jeunesse à sortir de l’impasse dans laquelle elle aura été parquée.  Quoi de mieux que maintenir toute cette énergie dans le carcan de la plus épaisse des ignorances.

 

Sachant que pour devenir un citoyen performant, un jeune est astreint à au moins vingt cinq années d’études classiques, suivies de dix autres à titre d’expérimentation pratique, pour parfaitement s’intégrer au milieu social et commencer d’y contribuer par un apport nouveau. Voilà tout ce dont est privée notre jeunesse à l’heure actuelle. Excepté d’heureux rescapés qui auront eus l’énergie suffisante pour échapper aux mailles du filet, non sans tout de même finir emprisonnés dans les mailles de cet autre filet tendu, appelé celui-là : «social». Quand ce n’est pas la voie de l’extrême qui est choisie, menant des jeunes à périr au fond de la mer, au cours d’une traversée des plus hasardeuses.

 

A présent, concluons avec cette autre citation :

 

La jeunesse trouve la révolte en elle-même, quand elle ne la trouve pas près d'elle. - Shakespeare (Hamlet)

 

Jijel.info

Commentaires

Portrait de Letempquipasse

 

 

Je ne puis m'empêcher de remettre en ligne, encore une fois, ces quatrains de circonstance.

 

«El Harraga»  
 
                           «El Harraga»

 
 Jeunesse éparpillée. Gaspillée. Potentialités bien futiles.
Etres sans maturité. A peine instruits. Autant démotivés.
Ces cohortes en égarement. Tous parfaitement inutiles.
Un temps passé la tête à se remplir. Jamais se cultiver. 
 
Une Jeunesse ignorée. Quantité négligeable. Abandonnée.
Leur sève nourricière, leur vive énergie, taxées à bas prix.
Relève jugée inutile en ce pays. Leur valeur si mal donnée.
De belles fleurs en ce riche jardin. Ces jeunes sitôt trahis.
 
Ce milieu, un enfer devenu. L'angoisse. Une telle pitié.
Enfermés en cette prison. Les pieds de boulets alourdis.
Horizons bouchés. Rêves devenus fumée. Sans amitiés.
Détresse. Cris poussés. En échos perdus. Puis assourdis.
 
La tête entre les mains, le cœur plein de désespoir.
A réfléchir en vain. L'esprit obnubilé par une pensée.
Une seule. Agaçante. Celle enfin d'une lueur d'espoir.
Fuir loin de cet impossible pays. Cauchemar insensé.
 
A de lointains horizons, la pensée et le regard déjà portés.
Rien de plus que la vie à perdre. Alors, armés de courage.
Qu'importe si, les flots subitement en furie, tout emporter.
A Dieu va. Seule la mer à traverser. Et même si à la nage.
 
Sur une barque de fortune réunis. Rassemblés en une nuit.
L'espoir d'une vie caressé. Le cœur gonflé, le moral relevé.
C'est la traversée. Seule la houle et la pénombre de la nuit.
D'un coup, le vent a levé. La barque, les vagues ont enlevé.
 
Sur la grève, il est des corps. Aussi, des gens interloqués.
Les personnes de s'inquiéter. Toutes ces âmes à la dérive.
Moult questions sont posées. Leurs réponses si disloquées.
C'était seulement des désespérés. En quête d'autres rives.

 

La liberté a plus de valeur que l'argent gagné à travailler pour les autres.