JIJEL – LA VILLE EST A NOUS !

Portrait de Letempquipasse
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Le premier ennemi à abattre, dans ce cas, c’est l’arbre. Ha ! Ce maudit arbre qui prend tellement de place et qui, surtout, nous rappelle nos origines campagnardes. Nous ne voulons pas de verdure ! C’est trop pénible à supporter. Nous ne voulons pas plus des carrés de terre vides.

 

Pousses-toi que je m’y mette

 

Inutile de revenir sur l’histoire de la ville de Jijel. Elle se trouve narrée partout sur la toile. Rappelons juste que c’est après le séisme de 1856 que cette ville a vu le jour par la volonté des colons. Construite pour les besoins du nombre relatif qu’ils étaient à l’époque. La ville a sans cesse été aménagée des utilités publiques jusqu’à en faire une belle petite ville côtière. Le goût, l’art et la volonté de bien faire sont innés et ne s’apprennent que difficilement. Aujourd’hui, de la ville de Jijel et des autres localités urbaines qui l’entourent : Taher par exemple, il ne reste pratiquement rien du tissu urbain originel ni du plan d’origine. C’est partout devenu des masses de constructions serrées les unes contre les autres, avec la végétation en moins.

 

Le premier ennemi à abattre dans ce cas, c’est l’arbre. Ha ! Ce maudit arbre qui prend tellement de place et qui, surtout, nous rappelle nos origines campagnardes. Nous ne voulons pas de verdure ! C’est trop pénible à supporter. Nous ne voulons pas plus voir des carrés de terre vides, cela nous rappelle le temps où l’on s’éreintait à la cultiver. Vive le ciment, le macadam et le béton. C’est cela la civilisation. Le tintamarre de la ville est tellement préférable au silence de la campagne, seulement accompagné du chant des oiseaux et du bruissement du vent dans les feuillages, le tout orchestré par ce cristallin murmure de la rivière. Que c’était ennuyeux ! Mais fini tout cela. Bon débarras !

 

La ville est à nous ! Nous y construirons partout là où il y a un carré de terre disponible. Ce sera une forêt de bâtisses de quatre étages et même cinq par ruse. Chacun de nous aura ses magasins au rez-de-chaussée. Nous les louerons au prix fort, déclaré dix fois moins chez le notaire. Les impôts ce sera l’affaire du locataire. Nous autres encaisserons et irons nous asseoir au café la sainte journée durant. Les rentiers, c’est nous. L’argent ainsi gagné, aussi facilement, sera investi dans le ciment et la brique, histoire d’achever les étages de la bâtisse. Elle ne sera pas peinte et elle ne comportera pas de chauffage non plus. Chaque maison abritera une nombreuse marmaille.

 

Nos enfants n’auront pas besoin de travailler, il n’est même pas indispensable qu’ils aillent à l’école, encore moins recevoir de l’éducation. En toute hypocrisie, nous demanderons à l’Etat de nous pourvoir de ce qui nous manquera, c’est-à-dire cimenter les trottoirs et macadamiser les routes du quartier, en y plantant encore l’éclairage et mettre à notre disposition des poubelles en plastique pour nos ordures de toute sorte. En échange, nous nous plaindrons et jouerons la comédie afin de payer le moins d’impôts possible. C’est que nous sommes tellement rusés et tout plein de vilenie. Pour couronner le tout et parfaire le décor tel qu’il figure dans nos esprits, nous étalerons partout nos marchandises sur les trottoirs, en évoquant notre misère théorique et le manque de travail. Le souk c’est notre affaire

 

Nous prendrons soin de ne jamais révéler nos possessions. Vivre l’anarchie est un tel plaisir. Le désordre est un état d’esprit et aussi une mentalité. Nous n’arrêterons jamais de harceler l’administration en demandant toute sorte de papiers, bien qu’on n’en ait aucun besoin. Dans chaque quartier nous construirons une mosquée, histoire de donner le change en justifiant nos allées et venues pour prier. On fait ce qu’on peut pour paraître crédibles. Ce qui est formidable dans la religion, c’est le ramadhan qui nous donne l’occasion de nous empiffrer et, à l’Aïd, l’achat du mouton. Que l’on mange jusqu’aux sabots. De Dieu et du Coran nous ne connaissons que ce que nous permet notre ignorance. Ce pourquoi nous essayons de faire de notre mieux, sans pour autant nous amender de nos mauvaises habitudes en renvoyant le diable à ses enfers.

 

Désormais, et pour très longtemps, la ville ce sera ça et pas autre chose ! Parce qu’ainsi nous le voulons ! Vouloir c’est pouvoir. Nous pouvons tout du fait de nos moyens financiers ; y compris en Euro. Les consciences cela s'achètent et même les âmes en dernier recours. C’est ainsi que l’on conquiert une ville. En profitant du laxisme et de la faiblesse des agents des autorités publiques pour nous incruster et tout posséder à notre convenance. La loi ce sera pour les autres : ces niais qui n’y comprendront jamais rien, desquels on se paie la tête en faisant semblant de les considérer. Et ce n’est qu’un exemple de notre art de la perversité.

 

Fin de la nouvelle et courte histoire des villes.

 

Jijel.info

Commentaires


C’est écÅ“urant et triste Â« Donnez-moi un arbre et je sauverai le monde Â», nous dit le botaniste Francis Hallé. Un homme est programmé pour mourir. Pas un arbre ? Après la chute des feuilles, la vie repart au printemps et l’arbre retrouve son génome juvénile. S’il n’était pas agressé par les humains, l’arbre vivrait des siècles.

"L'homme qui a réussi est celui qui a voué son cœur sincèrement à la foi, qui a rendu son cœur sain, sa langue véridique, son âme apaisée et son naturel droit".

Malhonnêtes et futiles, nous le sommes. C'est triste mais, malheureusement, c'est vrai :( .

 

"Il ne suffit pas de parler, il faut parler juste" W.S

Voila notre paradoxe: le savoir vivre, l'environnement, la salté de nos quartiers et nos maisons ne nous interressent pas!!!! il faut discuter de grands sujets: le système , le pouvoir;;;;;. j'ai fréquenté tout les peuples du mondce, franchement notre manière de penser est unique !!!