Jijel , l'énigmatique
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" Sobriété et discrétion, semblent être la devise d'une ville, qui sereinement et sûrement s'en va son bonhomme de chemin..."
De prime abord, la ville, blottie au pied de la montagne, apparaît comme réservée, secrète, ne se livrant au voyageur de passage, que petit à petit. Cette impression, induite par la situation géographique de la ville, située dans une plaine côtière bien plate, empêchant la vision globale de loin, accentuait cette singulière sensation de pénétrer dans un labyrinthe.
Les longues et larges avenues bordées d'arbres, offrant au regard de merveilleuses perspectives sur fond de bleu marin, feraient le bonheur d'un étudiant des Beaux-arts, mais ancrent plus profondément encore, dans le coeur de l'étranger, le sentiment de solitude, d'errance dans un espace indéfini, d'où toute intimité est exclue : Jijel, pareille à une jeune fille prude, garde ses distances.
La montagne qui surplombe la ville, longue chaîne de rocs pubescents, en limitant l'horizon à la mer seule, rend celle-ci omniprésente, continuelle invite au voyage, fascination de l'au-delà , porte ouverte à toutes sortes de rêves.
On s'étonnera que la ville ne se distingue pas par quelque genre folklorique particulier, ni qu'aucun chanteur ou groupe musical n'y soit installé !
Cette pruderie, cette réserve dans les moeurs, (héritage de kotama ?, mot qui deriverait de keton, secret), cache mal une rude pugnacité que l'on retrouve à travers l'histoire de cette région, thêatre de guerres et de luttes incessantes.
D'un comptoir phénicien "Idjil", qui passa entre/les/mains des carthaginois, les romains furent "Idjelgili" dépendant de la Mauritanie césarienne. La ville devint par la suite le siège d'un évêché dépendant de la Mauritanie sétifienne.
Jijel connut l'occupation vandale, et byzantine.
A l'époque arabe, elle fut quasi indépendante, et la tribu des kotama allait fonder la dynastie fatimide du Maghreb qui régnera en Egypte et contribuera à la création du Caire et de l'université El Azhar.
A partir du XII siècle, la ville subira les assauts des Chrétiens ; Georges d'Antioche l'occupera en 1143. Mais lorsque Abdelmouméne renversera les Hammadites, il chassera par la même occasion tous les Chrétiens des côtes maghrébines. Après la chute des Almohades, la ville sera sous l'influence hafside et une pomme de discorde entre Béjaia et Tunis. Ce qui lui permettait, une fois encore, de garder sa liberté d'action : elle faisait donc, tranquillement le commerce du lin, du chaume, des figues et des noix avec Tunis, l'Egypte ainsi qu'avec l'Italie et l'Espagne. Au XVI siècle, les Génois, inquiets de la présence espagnole à Béjaia firent occuper la ville de Jijel. Mais Aroudj Barberousse appelé à la rescousse par les habitants, chassa les Génois et installa une sorte de tête de pont pour le siège de Béjaia en 1512 et d'Alger en 1516.
Kheireddine s'en servira comme quartier général avant la prise du Pégnon d'Alger.
Au XVI et XVII siècles, la course exposera Jijel à diverses représailles chrétiennes : en 1611, la flotte espagnole commandée par le marquis de Santa Cruz incendia la ville. En 1664, le duc de Beauport à la tête d'une immense flotte débarquera 8.000 hommes à Jijel sous le commandement du comte de Badagne. Mais sous les coups de boutoirs des habitants venus des montagnes et des renforts envoyés par Alger, les troupes françaises durent piteusement réembarquer laissant 2000 morts sur le terrain. Une garnison turque demeure sur place pour donner son appui à El Hadj Abdelkader El Mokrani qui fut nommé marabout de Jijel en 1755. Mais en 1803, le chef des derbaoua, El Hadj Mohamed Ben El Ahrèch El Boudali se proclama sultan et désigna un agha à Jijel. Le Rais Hamidou tenta, en vain de prendre la ville en 1805.
En 1839, les forces françaises occuperont la ville et y seront assiégés par les habitants de la région jusqu'en 1851.
El les Jijiliens, comme en 1143, en 1152 ou en 1512 et en 1664 demeureront, comme l'Algérie entière, dans l'attente du moment propice, à l'écoute de l'appel de la patrie; le 1er novembre 1954.
Source : BB.
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je dirai que ce sont les gens d'autres villes d'algerie qui diraient que les jijeliens sont eux méme enigmatiques vu leur caractére et leurs manies, eux seuls peuvent se comprendre.