journal de tendance nationaliste ERRACHIDI
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En 1911, le premier journal de tendance nationaliste ERRACHIDI était imprimé à Jijel. Ce journal attaquait le code de l'Indigénat, les réquisitions de travailleurs, les exportations et le service militaire rendu obligatoire aux Algériens musulmans en 1913.
La guerre de 1914, arreta momentanément les premiers mouvements politiques qui reprirent au cours des années vingt pour atteindre leur intensité dans les années trente. Trois faits importants à signaler à Jijel durant cette période :
1°) La construction par des volontaires en 1934 de la première médersa en langue arabe et dont la première pierre fut posée par le Cheikh Abdelhamid Ben Badis.
2°) Les premières luttes syndicales en 1936 avec grèves sur le tas dans les usines de liège et les quais d'embarquement.
3°) La création de la première équipe de football (JSD) entièrement musulmane, en vert et blanc, face au S.C.D tricolore qui ne pardonnera jamais le départ de ses joueurs musulmans. (1936).
Il y eut également la première section de Scouts Musulmans Algériens (S.M.A) sous l'égide de la J.S.D. (1936).
La déclaration de la deuxième guerre mondiale en 1939, qui vit des milliers d'Algériens dirigés sur les champs de bataille étrangers arreta comme en 1914 les mouvements de lutte populaire jusqu'en 1941.
Dans la meme année, des arrestations furent opérées dans tout le territoire de l'actuelle Wilaya. Les Djidjelliens purent connaître dans les camps d'internement, d'autres frères venus de toutes les régions du pays. Un journal clandestin "l'action" circulait à travers les masses encadrées par le P.P.A.
Le débarquement des troupes alliées en 1942-1943, favorisa la reprise des mouvements patriotiques.
Le principe de l'autodétermination était solennellement proclamé par les alliés.
Mais le 8 Mai 1945, qui marquait la fin de la guerre fut pour l'actuelle wilaya de Jijel, le théâtre d'un génocide de Tamentout à Beni-Aziz (Ex Chevreuil ), zone proche de Kherrata, autre ville martyre avec Sétif et Guelma.
Le bagne, les travaux forcés, les déportations et l'emprisonnement devinrent le lot de ceux qui échappèrent à la mort.
« La répression sévère, impitoyable est commencée...
J'ai vu dans les yeux des chefs qui commandent les troupes…..
La décision implacable d'être sans pitié….
Nous jurons que l'Algérie est, et restera française. !
(Discours de Jules Lochard du 13 Mai 1945 - ''Réveil Djidjellien '' N°45 du 19 Mai 1945)».
Le premier novembre 1954, ces mêmes populations des Daîrates de Fardjioua, El Milia, Taher et Jijel, que les armées répressives, les administrateurs Boisson, Lochard et consorts, croyaient à jamais jugulées , reprirent sans hésiter le combat libérateur. Acceptant tous les sacrifices, elles allaient marcher les armes à la main, côte à côte avec leurs frères et sœurs des autres régions d'Algérie jusqu'à la libération totale de la patrie.
Région montagneuse et couverte de forêts, la wilaya de Jijel constituait avec le massif de Collo, un bastion imprenable que ne purent réduire ni les bombardements aériens, par vagues successives, ni les incendies de forêts, ni l'artillerie, ni les tirs de la marine.
Aujourd'hui, comme tous les Algériens, les Djidjelliens travaillent mais n'oublient pas leurs morts. Au riant village de la révolution agraire Belghimouz-Medegri, un petit monument expose un chapelet de bombes d'avion non explosées.
La stèle avec ses trois bombes rouillées, semble marquer à jamais, les forces rétrogrades et obscurantistes qui voulaient freiner la marche de l'Histoire et celle du peuple vers le progrès.
