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LA MISE A NU

Après le beau temps, la pluie et ses vérités
A travers la ville de Jijel, particulièrement en ses quartiers périphériques, les routes et les trottoirs sont partout inondés à la moindre chute de pluie relativement importante. Sans compter ces quartiers submergés. En dehors de la plaine sur laquelle s’étend la ville proprement dite, il est évident pour tous que le relief géologique environnant est assez irrégulier ; par endroits présentant des niveaux bas comme il se présente des endroits en hauteur ou escarpés. Ce relief est propre à toute région nichée au creux d’un paysage montagneux. La densité des forêts ayant prévalue avant les années 90 contribuait à maintenir des équilibres écologiques en fixant la terre à travers le maillage des racines de ces arbres, ce qui empêchaient jusque là , et dans une large mesure, toute érosion ou glissement de terrain. Même les eaux de pluies étaient canalisées à travers des ravines naturelles.
Depuis que l’homme avait décidé que les choses devaient aller autrement, en défi et en déni de la logique des lois de la nature, ses équilibres se trouvent dès lors rompus par les saccages et les agressions répétées, aussi bien contre le relief que contre les forêts. Il s’ensuit de fait toute sortes de catastrophes, auxquelles les populations paient un lourd tribu en raison des pertes qu’elles subissent immanquablement. La ville de Jijel et sa région, à l’instar de toutes les autres villes d’Algérie, n’a pas bénéficié d’une extension dans les normes, exécutée à travers des plans établis en études intelligentes, pensées en toute rigueur. Tout est bazardé en fonction d’impératifs politiques, quand ce n’est pas l’urgence du moment qui oblige les gens à agir en toute précipitation.
A la suite de tout ce charivari, il en résulte une concentration effarante de constructions défiant l’entendement. Les espaces se réduisent et se confinent, tout en produisant un important réseau de ruelles et de routes mal tracées, devenues impossibles à entretenir et encore moins à gérer par des aménagements ultérieurs. Les divers réseaux concentrés de tuyauterie et de fils téléphoniques et électriques sont mal répertoriés et, par voie de conséquence, en cas d’intervention, nécessitent des recherches et des fouilles défigurant tout le réseaux des voies d’accès. A chaque occasion, les creusements ainsi effectués ne sont pas suivis par la reconstitution du macadam ou la remise en état des trottoirs. Il se présente donc des nids de poule et des excavations, devenant dangereux pour la circulation des véhicules et celle pédestre.
Parce que les divers travaux publics, effectués ici et là , sont exécutés à la suite d’études sommaires, faites dans la précipitation ou à la suite d’impératifs d’urgence, nous avons droit, non pas à ce qui est susceptible d’être considéré une ville ordonnée, mais carrément à quelque chose de hideux frisant le cauchemar. Un cauchemar particulièrement effrayant d’autant que les violentes intempéries sont là pour révéler toutes les insuffisances, en mettant à nu tant de vérités techniques, issues d’erreurs escamotées ou camouflées. Une mise à nu qui met également en exergue toutes les incapacités et les insuffisances auxquelles, désormais, tous les prétendus spécialistes, tous corps d’état, sont habitués ; dont les défauts ne sont jamais remis en question par des examens rigoureux du travail fournis. Ceci par faute de maîtres examinateurs compétents mais surtout désintéressés.
N’importe quel néophyte en matière d’aménagements urbains admet les impératifs techniques auxquels demeure soumise la construction d’une ville. Elle se fait par paliers sur des tranches de temps étudiés. Le tout à la suite d’un plan d’ensemble préalablement établis et rigoureusement suivi. Dans le cas contraire, tant que les choses ne suivent pas un ordre établi, il en résultera toujours des victimes à secourir en toute précipitation. Tant il est vrai que l’esprit doit demeurer supérieur à la matière.
Citation : L'activité vitale de l'animal n'est pas le travail, la contemplation de l'esprit pur n'est pas le travail. Le travail c'est toujours l'esprit pénétrant difficilement dans une matière et la spiritualisant. - Jean Lacroix (Les sentiments et la vie morale)

Commentaires
En effet Rysplanet, c'est un thème assez difficile et qui présente encore des tirettes, tant il y a dire à ce sujet.
je n'avais pas voulu alourdir l'article en introduisant le chapitre de ces gens habitant en rase campagne. Et encore ceux accrochés à flanc de colline ou résidant au haut des pics montagneux.
Ceux là vivent le calvaire à l'approche de la dure saison. Le gaz butane devient un produit hypothétique. L'approvisionnement en denrées alimentaires, un véritable casse-tête.
Ce sont des gens bien courageux, qui demeurent stoïques face à ce qu'ils endurent de la part de la nature.
Ceux-là vivent l'enfer. Depuis cinquante ans, ces gens on été pratiquement laissés à leur triste sort. vivant l'époque du moyen âge.
Des gens qui, malgré tout, restent encore accrochés à leur milieu en toute abnégation. Vivant courageusement leur condition, en supportant tout de leur sort.
La liberté a plus de valeur que l'argent gagné à travailler pour les autres.
Moi aussi, j'admet que le texte est bien écrit pour un thème difficile, surtout en traduisant le vécu "radieux" dans une ville à une certaine époque que l'on regrette qu'elle soit devenue moche sur tous les angles et ce par la vision futuriste que certains (...) ont voulu lui rattacher pour son extension urbanistique. Les modèles futuristes choisis dès 1976 ont donné lieu à des cités cubiques bâties sur des superficies considérables, avec quels VRD!!! Ainsi, "G.L.Buffon" a dit: "Le superflu devient avec le temps, chose nécessaire".
dieu est grand
Excellent texte,c'est l'abandon de l'Etat de sa mission de service public. Aujourd'hui l'école, la santé, etc ...sont nues. Joignons soigneusement la lutte de l'école, à toutes les autres... et à l'exigence de démocratie(qui n'existe que si on la construit chaque jour). Avant de songer à augmenter les objectifs dans tout les secteurs socioéconomiques essayons de gérer de manière plus professionnelle les ressources qui sont très importantes.
Luttons ensemble contre le dénouement de toute la société.
"L'homme qui a réussi est celui qui a voué son cœur sincèrement à la foi, qui a rendu son cœur sain, sa langue véridique, son âme apaisée et son naturel droit".
lol tu veux dire un Etat Nudique. pas de pudeur etatique....je deconne ce sont de droles d'expression.
Bon aprem
Si tu as de nombreuses richesses, donne de ton bien ; si tu possèdes peu, donne de ton cœur.