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LA VILLE EN HERITAGE

...Ou l'impossible prise en charge
Au lendemain de l’indépendance il s’est passé que les colons Français avaient partout laissé des villes et des villages en bon état de fonctionnement. Construits sur la base des normes de l’urbanisme et, par ailleurs, suivant le style propre aux différentes communautés coloniales qui y ont résidées. Une fois tous les colons partis, ils avaient tout emporté dans leurs valises de leur savoir faire en la matière et jusqu’à l’ambiance culturelle qui prévalait dans ces villes. Ambiance que plus personne ne retrouvera à tout jamais. Quelle déception.
À ce jour, où qu’ils se situent, les villes et villages sont demeurés livrés à l’incompétence des hommes, en bute à un déficit chronique en matière de gestion et d’organisation d’un centre urbain. Nous assistons à une absence d’empressement et au peu d’engouement de la part d’un personnel administratif, peu enclin à prendre en charge de manière efficiente la gestion de ces agglomérations. Peut-être par suite à ces passions et autres intérêts, composés de tiraillements, que génère la politique matérialiste du «chacun pour soi». A voir les choses se dégrader de manière progressive, il semble que chacun ait effectivement décidé de s’en laver les mains, en l’absence de toute autre alternative. C’est le blocage.
Et pour cause. Comment peut-on gérer une ville composée d’habitants indisciplinés et inciviques, plus préoccupés par des idées inextinguibles de tout s’approprier plutôt que s’atteler à former une vie saine et communautaire. La plupart ne possédant même pas le minimum de culture nécessaire à une vie en société. Des habitants aux attitudes brutes et aux habitudes de vie situées aux antipodes des structures qu’ils occupent actuellement, des gens pour lesquels la ville demeure encore un concept étrange et étranger mais assez commode ; en ce sens qu’il permet tous les anonymats et, par voie de conséquence, offrant la possibilité de commettre tous les coups tordus possibles. Et c’est bien dans ce sens que l’anarchie y est volontairement cultivée et sciemment entretenue, avec pour corollaire l’art du fait accompli. Inquiétant.
Les structures originelles des villes et villages plient, se déforment, se transforment et succombent chaque jour un peu plus sous le poids et la poussée inexorable de la démographie galopante, suscitant toutes les déviations possibles en ne laissant poindre aucun espoir de voir un jour les choses rentrer de nouveau dans l’ordre. Le nombre hétéroclite, devenu tiers-mondiste, est bien le motif générant tous les graves problèmes vécus aujourd’hui dans les centres urbains. Les nuisances de toute sorte, les agressions et l’insécurité n’étant pas des moindres.
A l’origine, les colons avaient érigés les villes de manière aérée, en fonction d’une population aux proportions définies, dont le nombre augmentait lentement. Ils avaient conçus autant de villes et villages qu’il y avait de communautés établies, plutôt que de loger tout le monde dans une vaste agglomération érigée dans une seule localité. Tel est le cas, présentement, vécu précisément par la ville de Jijel, ainsi que par tous les villages environnants. En définitive, toutes ces agglomérations ne sont plus devenues que des centres de rassemblement populaire et non des villes pourvues de toutes les commodités modernes telles qu’en offrent les sociétés d’ailleurs, en terme de culture et d’aménagements sociaux de détente. En insuffisance certaine actuellement ; pas un cinéma n’est opérationnel, quant aux jardins et espaces publics ils sont d’une rareté remarquable. Ceci entre autre.
De la jolie petite ville côtière qu’était Jijel, tranquille et sereine, plutôt assez bien aménagée, dans laquelle les gens vivaient en toute aisance jusqu’en 1962 et quelques petites années plus tard, nous sommes subitement passés, en un temps relativement court, à ce qui est devenu une affreuse et incontrôlable mégalopole sans âme, engendrant tous les malaises, à l’exemple de qui existe en Amérique du sud ou dans les pays asiatiques, toutes proportions gardées.
La frénésie de la construction est telle que toutes les surfaces foncières disponibles dans le périmètre de la ville sont réduites, dans un magnifique élan constitué d’anarchie, à l’état de ciment, de briques et de béton. Même les terrains attenants à caractère agricole subissent tous les saccages. On construit à 100 mètres à peine du bord de la mer, sur les flancs des ravins, dans le lit des rivières devenues sèches. Partout, avec une belle inconscience doublée de beaucoup d’insouciance…
Admettre dans ces conditions que la prise en charge de la gestion d’une ville relève de la gageure, ne constitue pas une vaine affirmation. Ceci malgré la bonne volonté affichée par quelques responsables locaux. La ville, où qu’elle se situe désormais sur le territoire national, est devenue strictement ingérable, inhumaine de par ses proportions tentaculaires, le tout en dépendance des moyens humains, financiers et matériels que possèdent les communes. Considérés en nette insuffisance face à cette déferlante. Là où il n’est point question de développement.
Aucun responsable civil ne pourra jamais appréhender le moindre plan de redressement qui tienne la route plus de quelques mois. A cet handicape, s’ajoutent encore le joug de ces immixtions sous forme d’injonctions provenant des degrés supérieurs. En tout état de cause, quelle que soit la forme que prendra une organisation pour une meilleure gestion de la ville, le citoyen ne s’y conformera jamais, pas plus qu’il ne se résoudra à un semblant de discipline et de civisme consenti dans un cadre social qui faciliterait la vie à tout un chacun. Et c’est là qu’est le plus effarant et le plus décourageant. L’ensemble de ces comportements asociaux dénotant clairement un évident refus d’intégration civique à l’espace urbain. C’est effarant.
A.L.


Commentaires
"Nous nous sommes hissés sur les hauteurs sans échelle".
LA CONTINUITE DE LA VILLE RE9UE EN HERITAGE POUR NE PAS DIRE EN BUTIN DE GUERRE QUE LES OPPORTUNISTES DE TOUT BORD OONT DECHIQUETE;
Pour ne citer qu'une cage d'escalier dans une immeuble, voilà comment les choses se passent :
- la canalisation (colonne) d'évacuation de eaux usées se bouche. L'un des locataires (ou propriétaire) descend dans la cave et la casse. Ces eaux dégoulinent en chute libre tous les jours que Dieu fait et la cave est inondée de façon permanente. L'immeuble se dresse sur une mare à merde... avec rats, moustiques, détritus...
- un locataire trouve sa cuisine trop étroite. Il détruit le mur qui sépare sa cuisine du séchoir. Il construit une fenêtre. Un beau jour à l'étage supérieur la descente des eaux usées de lavage par justement ce séchoir rompe du fait de l'inutilisation de la salle de bain au retour de la plage par le vacancier sous-locataire et de son remplacement par le séchoir. Et plaf : tout un fut d'eau se trouve déversé dans la nouvelle cuisine du savantissime transformateur de loogement
- toujours dans le même bloc. Un locataire (ou propriétaire peu importe le détail) trouve l'endroit où se doucher trop étroit. Alors, pour agrandir les choses, pour mieux se mouvoir, il supprime la double cloison de la gaine d'aération.
- toujours dans le même bloc. Un voisin trouve que la salle de bain est trop étroite. Il supprime le lavabo. Construit dessous une suréélévation qui lui permet de faire d'une pierre deux coups : avoir une meïda pour les ablutions et en même temps un receveur de douche.
Point la peine de parler des conséquences.
Il reste beaucoup à dire.
- toujours dans le même bloc. Fuite d'eau (usées biensur) du troisième étage sur le deuxième. Le locataire victime de cela supplie son voisin de le laisser réparer sans qu'il ne débourse un centime. L'entêtement et le refus conduisent celui qui en subit les conséquences à construire une dallette dans ses WC, avec pente et astuce pour que cette eau s'écoule dans les WC. Tout cela parce qu'il veut la paix avec ses voisins.
- sans compter celui qui prend la marteau à toutes les heures de jour et de nuit et qui casse pour modifier, pour mettre la dalle de sol, mettre de la faïence dans le couloir, modifer ses WC, sa salle de bain... qui remplit des sacs de grabats et les jettent par la fenêtre à partir du 1er étage au lieu de se donner la peine de les descendre
- sans compter les coups de klaxon à une heure du matin et tôt le matin
Plus un micro qui déverse une masse de décibels à l'aube, à midi trente, au âsser, au maghreb, à la aïcha...
Nos villes... sans âme parce que sans état.
"...avoir une meïda pour les ablutions et en même temps un receveur de douche."
"Plus un micro qui déverse une masse de décibels à l'aube, à midi trente, au âsser, au maghreb, à la aïcha..."
C'est tout ce que vous avez trouver à dire, le sujet aborde le probleme de l'aménégement urbain et toi tu parle de la merde de votre immeuble causée selon toi par des gens musulmans pratiquants.
Temoignage pour l'histoire sans etre vraiment pratiquant: dans certaines cités et immeubles, sans la volonté de certains de ces pratiquants, n'en deplaise à certains, les gens vivront dans la merde.
Mon 1er Commentaire le 27/08/2010 - 17:16
Dommage! Je m'attendais à un grand débat, tant le sujet est très intéressant, qui touche directement la vie du citoyen et le fonctionnement du pays. L'absence d'un amenagement urbain scientifique est la source de tout nos maux.
On préfère courir derrière les faux problèmes, comme le voile, l'intégrisme, jeûner ou pas...etc.
Des commentaires tendancieux qui n'ont pas leur place derrière cet article ont été supprimés.
Si le vôtre était en adéquation avec cet article et qu'il a été effacé, ce serait donc par erreur ou par effet d'entraînement parce que rlié à un autre commentaire jugé inopportun.
Nous nous excusons pour ce dommage collatéral. L'éthique du site doit être préservée vous en conviendrez.
Modération Jijel.info
Non, y a pas de quoi s'excuser, Dieu merci et merci à vous aussi; aucun de mes commentaires (des dizaines) n'a été supprimé. Je voulais juste dire que dommage que les internautes ne s'intéressent pas à des sujet intéressants comme celui la (l'article de letempsquipasse).
monsieur A.L. pourquoi aller si vite en besogne ? et ne soyez pas si pessimiste . le peuple algerien est a 95% d'origine rurale , par consequent la culture urbaine et citadine qui lui fait defaut ne peut etre assimilée qu'apres des dizaines d'années voir un siecle sinon plus . en attendant il vivra comme les autres peuples du tiers monde .
C'est vrai que le comportement des citoyens participe à la dégradation du cadre de vie dans les villes et villages mais l'aménagement de ces espace est d'abord une affaire technique appuyé par des décisions politiques;
L'amenagement des villes est donc une responsabilité de l'état avec ses institution et à leur tete le ministere de l'habitat et de l'urbanisme qui malheureusement est reduit à la construction et la distribution des logements sans plus.
Le plus étrange, c'est que les textes de loi et les règles techniques qui régissent l'aménagement urbain existent:
-Code de l'urbanisme;
-EPDAU (Étude du Plan Directeur d'aménagement Urbain) pour chaque ville;
-POS (Plan d'occupation du sol) pour chaque quartier;
-Des cahiers des Charges pour chaque, lotissement, quartier ou cité;
-Les dossiers d'exécution (plans et autres) pour l'aménagement de chaque, lotissement et construction.
Nous avons une armada se textes mais les fonctionnaires de l'état n'appliquent pas.
Tout simplement, parce que le prix du m2 du foncier et du bâti appartenant à l'état est dérisoire, alors tout le monde est occupé soit a distribuer la tarte Algerie soit a courir derrière sa part du gâteau. On a pas le temps ni la volonté d'appliquer les textes, y a trop de pression.
Je ne crois pas qu'il existe un pays dans le monde qui a "offert" autant de terrains, de logements, kiosques et j'en passe, comme l'a fait les responsables et fonctionnaires de l'algérie.
Le malheur, ça continue.
Effectivement ,nous étions plus civilisés en 70 qu'en 80 ,en 80 qu'en 90 ,en 90 qu'en 2000 et la tendance est à l'aggravation dans un esprit d'insouciance quasi générale .Par le passé pas très lointain comme vous le dites si-bien dans cet article on ne peut plus significatif , on habitait des villes ,lesquelles malheureusement se métamorphosent en MEGA-DACHRATES.