Le feu au Camp chevalier
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Le feu au Camp chevalier
Ayouf, le Centre Commercial, ex «Super Marché».
Le lundi de ce mois de Mai. La foule est dense ce jour là , comme tous les lundis. Beaucoup de femmes et de jeunes filles. En plus de ces aventuriers, ces jeunes à la recherche d’une aventure passagère. Tout le monde est là à traîner les pieds. Mirant et admirant, qui les vitrines, qui palpant les effets vestimentaires, en demandant le prix. Achetant rarement. Il est des odeurs rances de sudation. Preuve qu’il est des corps dont l’entretien demeure fortuit. Les gens tournent, empruntant les allées étroites fourbies d’effets et d’articles en tout genre. De la marchandise étalée partout à ne pas savoir où en mettre. L’espace devenant à ce point confiné qu’il en soulève des appréhensions.
Par Antar Lamine
Beaucoup de monde qui vient plus passer le temps qu’autre chose. Certains cherchant l’aventure galante, d’autres uniquement de passage. Cela se bouscule un peu, tant il est la promiscuité. Il règne une chaleur étouffante. L’éclairage est insuffisant. Partout c’est plein, l’espace devenant encore plus restreint. Au bout d’une allée, contre tout attente, un remue ménage. Une bousculade prit naissance. On aperçut des fumerolles. Soudain un cri perçant ! Suivi d’autres poussés par des femmes. Maintenant c’est tout le monde qui crie : «Le feu, le feu !» Les femmes criaient une octave de plus. La bousculade prit de l’ampleur. Des gens couraient. Tous apeurés subitement. Nourrissant des appréhensions. L’instinct de survit entrant en action. Cela courait dans tous les sens. Cherchant les sorties. C’est la peur panique. Maintenant il est franchement de sauvages bousculades. Des femmes tombaient ! Tout le monde leur marchait dessus, les piétinant sans ménagements.
C’était devenu subitement le chaos. Dans un désordre indescriptible. Le feu gagnait en ampleur. Ravageant tout. Des odeurs âcres de plastique brûlé prenaient à la gorge. Des fumées noirâtres emplissaient l’espace. Il est bien là quelques chariots extincteurs, mais, Ô comble de l’horreur, ils ne fonctionnaient pas ! Cette inconscience et ce manque de prévenance ! Le feu faisait rage. On appela les pompiers. Cela grésillait de partout. Les gens s’engouffraient par paquets à travers les issues, chacun essayant de fuir ce qui est devenu infernale en un laps de temps assez court.
Chacun essayant de sauver sa peau. Il y eut même des empoignades sauvages et des coups de poings distribués. Dans un bruit de sirènes lancinantes, les camions rouges de la Protection Civile se pointèrent. Les pompiers déroulant aussitôt leur tuyauterie se mirent à arroser copieusement ce qui restait de la structure métallique de cette grande surface. En même temps que les pompiers, il y eut aussi les ambulances. Des corps gémissant furent transportés hâtivement sur des brancards. D’autres étendus, inertes. Le personnel de la Protection Civile s’activait fébrilement. Qui pour éteindre le feu, qui pour évacuer les blessés. Il y avait mêmes ceux souffrant de brûlures graves.
Les sirènes n’arrêtaient pas de hurler. Aux alentours, il était une immense foule de badauds curieux. Agglutinés comme des mouches les uns aux autres. Chacun essayant de se délecter de ce spectacle inattendu. L’oisiveté et ses œuvres. La circulation était à son comble. Une file interminable de véhicules était à l’arrêt. Cela klaxonnait furieusement et inconsidérément. Les policiers sur place ne savaient plus ou donner de la tête ni à quel saint se vouer. Tout le monde était dépassé par l’ampleur du sinistre. Le ciel de Ayouf était envahi d’une fumée noire se dégageant en volutes épaisses de la grande surface désormais calcinée.
Voila les conséquences de l’inconscience. Des mesures de sécurité prises à la légère. Dans une aussi grande surface, souvent pleine à craquer de gens en mal de distraction. Le manque de contrôle assidu de la part des autorités locales, le peu de crédit portés à une disposition des lieux en conformité aux normes édictées en la matière. Autant de laisser aller devenu alors la cause principale à tous ces dégâts, dont l’estimation faite au jugé, se compte par milliards de centimes. Sans compter encore le nombre de victimes déclarées ce jour là et toute les perturbations assez graves engendrées par ce sinistre au cœur de la ville.
La présente œuvre n’est que le produit de l’imagination. Rédigé dans l’évidente intention de rappeler que l’on ne badine pas avec certaines dispositions conformées aux normes et dans le déni des dispositifs anti-feux. Le tout entrant dans le cadre de la sécurité générale des lieux publics d’une certaine importance, réunissant beaucoup de monde à la fois..
Font : Book antiqua

