L'Emir Abdelkader et les grands hommes politiques polonais
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Destins Croisés
L'Algérie, c'est la Pologne de l'Afrique du Nord et la Pologne, c'est l'Algérie de l'Europe du Nord. C'est par ces termes - ô combien chaleureux et éloquents, véritable épithalame - que l'Emir Abdelkader accueillit fraternellement des frères d'armes et de combat, venus en 1860 en délégation à Damas, prendre conseil et s'informer à la meilleure source sur l'Algérie. Conduite par un poète-penseur, illustre porte-drapeau des lettres et de la résistance polonaise, Cyprian Kamil Norwid, la délégation était venue consulter l'Homme universel, le héros de cette époque mouvementée par des guerres coloniales, des insurrections, des révolutions et des idéologies, qui bouleverseront plus tard la géographie mondiale.
Emir Abdelkader

Cypran Kamil Norwid

Abdelkader, cet homme à l'érudition fabuleuse, au sens de l'honneur aïgu et sans pareil, poète-penseur et grand philosophe, altruiste, s'intéressait à tous les mouvements insurrectionnels (Pologne, Hongrie, France, Italie, Prusse, Autriche, Turquie, Bulgarie, Grèce...). Il était le précurseur convaincu de l'idée forte et juste, que la culture et la langue nationales sont des armes puissantes, qui préserveront, sauvegarderont et libèreront la Nation de l'oppression et du joug colonial.
Cette même idée était défendue par Adam Mickiewicz (1798-1855), son contemporain, père du romantisme polonais, ardent exilé politique et chef spirituel de la résistance polonaise, qui comme Abdelkader enseignait : " ne mourra jamais un peuple, qui malgré l'oppression et l'occupation cultive ses traditions, sa langue et sa culture".
Adam Michiewicz

La résistance du peuple algérien, personnifié en Abdelkader (devenu le symbole vivant de la liberté, associé à une nation en lutte pour recouvrer ses droits), à bien des égards était proche de la résistance polonaise - d'où l'intérêt croissant et réciproque, porté par les dirigeants et penseurs polonais à Abdelkader et à l'Algérie, et inversement.
L'histoire -scénariste imprévisible, cynique et indifférent -joue bien des tours aux hommes d'Etat, aux peuples et aux nations. Entremêlant les destins, distribuant des scénarios analogues, des rôles similaires, élisant un peuple, avilissant un autre, traquant et truquant le hasard, elle fait - au détour d'une tragédie - converger les communautés de Destins, ou les fait évoluer en parallèle au rythme des catastrophes, des invasions, des révolutions, des défaites et des gloires.
Pour ce qui est de l'Algérie et de la Pologne, d'Abdelkader et des hommes illustres polonais, il suffit d'ouvrir les parchemins, de feuilleter les vieux manuscrits, de parcourir les documents d'Histoire événementielle contemporaine, pour découvrir avec étonnement et fascination la similitude des destins de ces deux nations, géographiquement si éloignés l'une de l'autre et que l'Histoire rapproche au point d'en faire des soeurs siamoises.
à suivre...
Destin des hommes
1908 : Naissance d'Abdelkader.
Naissance de Slowacki, futur orientaliste et rival de Michiewiczi, auteur d'un magnifique poème épique sur l'Emir, intitulé " l'Arab ".
Slowacki

1829 : Pélerinage de l'Emir et voyage à Damas où il aurait rencontré le célèbre orientaliste polonais, Rzewuski, converti à l'Islam et ayant acquis le titre d'Emir Tadj ul-Fehr pour son érudition et ses vastes connaissances du monde musulman.
Rzewuski

1830 : Invasion française, débarquement à Sidi Fredj; insurrection de la noblesse polonaise à Varsovie.
1832 : Abdelkader est proclamé roi, mais décide de n'être qu'un émir, pour s'allier le roi du Maroc Abdullah, qui le trahira en 1844 et 1846.
Machiewicz publie à Paris son programme politique qui le fit désigner comme chef spirituel de la résistance polonaise.
Slowacki écrit son poème épique " l'Arab".
1835 : Défaite des Français à la bataille de la Makhta ; voyage de Slowackie en Terre Sainte.
1840 : Mickiewicz est nommé professeur au Collège de France ; Bugeaud est nommé gouverneur de l'Algérie ; Victoire d'Abdelkader à Tlemcen sur les armées de Bugeaud.
Bugeaud

1844 : Renvoi de Mickiewicz du Collège de France (soupçonné de solidarité avec l'Algérie et pour son mysticisme) ; institution de sinistres bureaux arabes ; première défaite d'Abdelkader, trahi par le roi du Maroc.
1847 : Reddition d'Abdelkader ; Mickiewicz recrute ses légions en Italie pour aller combattre en Pologne.
1848 : Printemps des Peuples, révolution en France, insurrection en Pologne ; Abdelkader proteste contre sa détention et est transféré de Pau à Amboise.
1852 : Abdelkader est libéré et part pour Constantinople ; le général Bem (général des armées polonaise, hongroise et turque, converti à l'Islam par Abdelkader), participe au soulèvement du peuple hongrois contre l'occupant autrichien.
1855 : Mickiewcz, chef incontesté de la Résistance polonaise, grand mystique, rencontre Abdelkader et meurt à Constantinople; Abdelkader part à Damas.
à suivre...
1860 : Abdelkader, grand mystique, philosophe altruiste, homme de foi et de tolérance, protège les Chrétiens maronites et les sauve du massacre à Damas.
Norwid à la tête d'une délégation polonaise se rend en consultation à Damas chez Abdelkader, Napoléon III ayant offert à la communauté polonaise les territoires de Béjaîa , Djijel et Collo. Suite à cet entretien, la délégation polonaise , après son retour à Paris, refusa net l'offre (généreuse) de l'empereur Napoléon III, déclarant que le peuple algérien subit au même titre, que le peuple polonais, l'injustice, la rapine, l'oppression, la dépossession, les tueries et l'occupation. L'Algérie, bien avant la France, était un Etat et une Nation civilisée, une puissance maritime et un partenaire commercial honorable. La France ne peut se faire prévaloir d'aucune mission civilisatrice, ni au nom de la chrétienté ni au nom du progrès. Les Algériens ayant une religion bien tolérante et une industrie et commerce florissants.
1862-67 : Les Algériens et les Polonais combattent côte à côte pour la libération du Mexique.
1869 : Abdelkader rencontre tous les grands de ce monde (ses contemporains) Ã l'occasion de l'inauguration du Canal de Suez.
1883 : mort de l'Emir Abdelkader ; mort du grand poète polonais Cyprian Kamil Norwid, précurseur de la poèsie moderne bien avant Baudelaire et Rimbaud, auteur du célèbre poème mystique sur Abdelkader.
1987 : un siècle après la mort d'Abdelkader, c'est un Polonais, le professeur Konieczny, qui réalise le monument du grand Emir et héros de la nation algérienne.

A suivre...
Quel destin, que celui des peuples algériens et polonais, des grands hommes algériens et polonais, des nations algériennes et polonaises!... Nos soldats ont ensemble combattu sur tous les fronts pour leur liberté et la liberté des autres : sur la mer noire contre le blocus de la Révolution d'Octobre, à Verdun en 1914/18, à Tobrouk, en Normandie, à Monte-Cassino en 1939/45, dans les arènes internationales toujours ensembles, dans l'émigration, dans les puits des mines, sur les ports, durant notre guerre de libération, côte à côte, perpétuant la tradition et l'amitié qui unissaient Abdelkader à Michiewcz, Norwid, Slowacki et d'autres hommes illustres.
Les Algériens et les Polonais mènent toujours et sans relâche le même combat, que ce soit pour la paix, pour le développement, pour les réformes, pour l'égalité, la justice et l'amitié entre les peuples et les nations.
L'Algérie et la Pologne sont bien des soeurs siamoises.
Par : Azzag Louar Al Sedrati.
j adoe le préambule
Cette même idée était défendue par Adam Mickiewicz (1798-1855), son contemporain, père du romantisme polonais, ardent exilé politique et chef spirituel de la résistance polonaise, qui comme Abdelkader enseignait : " ne mourra jamais un peuple, qui malgré l'oppression et l'occupation cultive ses traditions, sa langue et sa culture".
on peut dire que ce n'est plus le cas en algerie . l occupation mediatique satellitaire a eu raison des enseignements d'abd el kader et maintenant on defend plus la langue française que nos traditions , notre langue et notre culture
Tu as bien raison mon cher NM, Hélas, parler français est devenu en Algérie une mode. Tout le monde s'y met.
Non, sincerement, je me souviens qu'à alger, toute la jeunesse parlait français pour diverses raisons....Mais surtout pour briller car c'était la seule langue qui pouvait faire le lien entre les différentes couches socio professionnelles....
A mon époque la langue arabe était réservée aux mauvais élèves....Tout le monde se souvient des jeunes étudiants bloqués après la terminal...pas d'études supérieures en dehors de l'étranger....J'en ai eu dans ma famille qui ont du faire deux ou trois années de rattrapage pour rentrer à l'université....
C'était aussi la langue des tchitchi....Alors vous pouvez comprendre que les choses n'ont pas réellement changé....surtout avec le chômage des jeunes et le rêve que suscite l'europe et le france en particulier.
Je ne pense pas que cela soit une erreur de parler français...Par contre, ne pas maîtriser l'arabe aujourd'hui, c'est une grave lacune, je parle des jeunes....
Les autres raisons sont historiques, mais aussi géographiques et culturelles...
Qui n'a pas un parents vivant en france ?
Mais, je ne vous demande pas de me croire....
c'est vraiment etrange .d un coté on a le president français le plus anti arabe le plus antimusulman que la france a jamais connu , de l'autre on a un état dont le chef est l un des derniers représentants de la lutte anticolonialiste , parfait arabisant et le resultat c'est l emergence d'une caste d'apparachiks nostalgiques de l algerie française avec des mùedlci ,des ambassadeurs francophones envoyés dans des pays arabes ,etc etc.
Caracas, capitale de Venezuela, comptera, à partir du 23 janvier, une place baptiser du nom de l'Emir Abdelkader après l'érection d'une statue en son honneur....

Source : APS.
http://en.wikipedia.org/wiki/Elkader%2C_Iowa
la ville d'elkader aux usa .iowa .
en hommage a l emir abd el kader
histoire honteuse !!!
tradition antique et commune chez touts les peuple
si on veut vraiment glorifier un homme, montrer aux generationS futur que c'etait un grand homme, faut lui faire une statut sur un etalon
je vois que notre emir a eu droit a ca
Le palais de l'Emir Abdelkader à Damas


.....


Non, car si je fais le point sur ce que j'ai vu en algérie, il n y a pas grand chose mettant en valeur le combat de cet homme.....
A part une petite statue et quelques docs/peintures dans le musée à Alger ......
Je crois avoir vu plus de monuments et autres vestiges des romains.....
Mais, je peux aussi me tromper ????
Foughali
P.S. : Pas sûr, mais il me semble qu'il y a des affaires ayant appartenues à l'Emir....C'est dans un des nombreux chateaux de la Loire.....
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Destins des Nations
La Pologne millénaire de par sa situation géographique, sa culture et sa civilisation au rayonnement universel
- les lettres : Mickiewicz, Slowacki, Norwid, Sienkeiwicz et Reymont , prix Nobel ;
-les Sciences : Kopernik, Maria Sklodowaska-Curie, prix Nobel, Wroblewski, Olszewski ;
-la Musique : Chopin, Paderewski, Szymanowski, Penderecki ;
-la Peinture : Matejko, Wyspianski, Gierymski ;
- des Révolutionnaires : Warynski, Rosa Luxemburg, Dzierzynski ;
- des Universitaires : Koscieuszko et l'RmirTadj ul-Fehr, Waclaw Rzewuski ;
- des Cinéastes : Wajda, Ponaski, Ford, Munk, Lennica, Zanussi,
était convoitée et soumise des siècles durant à des invasions multiples : teutoniques, tatars, russes, suédoises, prussiennes, austro-hongroises, allemandes.
Trois fois partagée entre les occupants, en 1772, 1793 et définitivement occupée par les trois puissants aigles noirs (l'empire Austro-Hongrois de Ferdinand Joseph, l'Empire Russe de Catherine II, l'empire de Prusse de Bismarck et Frederic Wilhelm II), de 1795 elle était sous le joug de ses trois puissances jusqu'à la libération par la Révolution d'Octobre en 1919. Elle connut les mêmes déchirements, la même politique de terres brûlées et les mêmes injustices, que l'Algérie millénaire et héroïque, qui de par sa situation géographique (au centre du Maghreb), son histoire (Etat de Massinissa -seul Etat, qui avait tenu tête à Alexandre le Grand de Macédonie), sa culture et le rayonnement de sa civilisation :
- Lettres : Fronton, Appulée, Tertulien, Arnobe, Lectance, Cyprien, Optat, Augustin, Fulgence ;
- des Grammairiens comme Priscien et Coripius :
- Histoire : Ibn Khaldoun, Lacheraf; Philosophie : Ibn Hâni, Ibn Rachiq, Abou Zakariya ;
- Dramaturgie : Kateb Yacine, Tahar Ouettar, Jean Amrouche, Mouloud Feraoun,
- Musque : Iguerbouchène, Arezki, Mouloudji ;
- Peinture : Dinet, Baya, Issiakhem, Racim, Khadda, Martinez ;
- Sciences : Bentounsi, Benabdellah, Mathématiciens : ;
- Cinéma : Belloufa, Rachdi, Isker, Lakhdar Hamina, Siaki
était convoitée et trahie par les Romains, les Byzantins, les Vandales, les Arabes, les Turcs, les Espagnols et les Français. L'occupation la plus cruelle et la plus sombre de toute l'histoire de l'Algérie, la colonisation la plus sauvage et la plus inhumaine était la française. Cette communauté des destins de deux nations ne pouvait que rapprocher les hommes de ces deux grands peuples, apparemment si différents et pourtant si proches l'un de l'autre.
à suivre...