source : lequotidienalgerie.org
Nous sommes ravis ! Comme après un signal, comme les trois coups du théâtre, assénés par le brigadier, pour annoncer la pièce, toute la presse algérienne qui compte ouvre de véritables dossiers sur la corruption au sommet.
Feu à volonté !
C’est le hallali, le clairon qui sonne la charge, le déballage intégral.
L’affaire BRC, qui a été au cœur d’un affrontement crucial entre les principaux barons du régime, et qui a fini par une négociation au sommet, qui est tellement énorme qu’elle pourrait valoir des procès en haute trahison pour ses auteurs, qui a précipité le départ du général Mohamed Lamari, et qui a fini en eau de boudin après que les clans aient fumé le calumet de la paix, en centaines de millions de dollars, est déterrée en grande pompe.
Chakib Khalil, le ministre le plus important du pays, parce que ‘il pilote, non seulement la production des hydrocarbures, mais parce qu’il est l’un des maîtres du jeu des transactions financières de haut vol, et qui permettent à une petite minorité parmi les dirigeants les plus subtils du pays d’engranger des milliards de dollars, et qui est lui même la connexion américaine de Bouteflika, est sur la sellette.
Serait-il le talon d’Achille du Président Bouteflika ?
Pourquoi cette attaque en règle contre lui, et contre tous les relais qui mènent directement à lui ?
Pourquoi maintenant ?
Est-ce que les négociations habituelles entre les clans du régime, pour aboutir à un consensus, après s’être tiré dans les pattes, ont échoué au point où la guerre est devenue totale ?
Nous savons tous que Chakib Khalil est au cœur de la corruption de grande envergure. Nous croyons même savoir qu’il serait un assassin financier attaché à des cercles américains plus qu’occultes. Lire à ce sujet l’excellent ouvrage de John Perkins.
Nous le soupçonnons d’être l’un des maîtres d’œuvre de l’installation d’une base américaine au sud d’Illizi, dont le peuple algérien ne sait strictement rien, et qui a été démantelée en catastrophe après le scandale BRC.
Nous pouvons même dire que Chakib Khalil est le cœur battant de la grande corruption en Algérie.
Nous savons qu’il dispose de preuves irréfragables contre la plupart des chefs de partis politiques, de chefs de l’armée, de responsables de l’UGTA, de parents des plus hauts dignitaires du régime. Il les tient puisque c’est lui-même qui les a corrompus.
Mais malgré cela, nous pensions que les loups ne s’attaquaient pas les uns aux autres, tant que les moutons sont disponibles.
Alors que s’est-il donc passé pour que les chefs du DRS décident ainsi de passer de simples coups de sommation, qui ne faisaient pas plus de dégâts que d’envoyer des seconds couteaux au mitard, à des tirs à balles réelles qui visent au plus haut ? Pour éliminer, pour réaménager la baraque de fond en comble ? Que nous concocte-t-on de si énorme dans l’antre de l’ogre ?
Est-ce pour Bouteflika le moment de faire sa valise ?
Il semble bien, en effet, à lire la presse algérienne, que les conciliabules au sommet aient été rompus.
Ceux qui agitent l’épouvantail savent que le clan du président Bouteflika est hautement inflammable. Tellement compromis qu’il suffirait d’une pichenette pour le faire basculer. D’une petite étincelle pour le faire exploser.
Pourquoi alors avoir sorti l’artillerie lourde ?
L’attaque, qui semble obéir à une stratégie de montée en cadence, vise visiblement une cible de choix. Hier les subalternes de Chakib Khalil, aujourd’hui Chakib himself. Et demain ?
Allons-nous assister, dans très peu de temps, à une mise en cause de niveau très supérieur à celui de Chakib Khalil ?
Saïd Bouteflika, par exemple, et entre autres, serait-il la prochaine cible ? Les paris sont ouverts.
Le dialogue va-t-il être rétabli pour arrêter les frais ?
Et si ce scénario se révèle vrai, qui sont les artisans de cette action d’envergure ?
Parce qu’en l’occurrence, ceux qui ont tricoté cette stratégie sont autrement plus subtils qu’un Smaïl Lamari. C’est du grand art. Du fignolé, du ciselé.
Ah ! Si tout cela n’avait pour seul objectif que de rendre la dignité à un peuple qui a en été privé depuis le premier jour de l’indépendance ? Faut pas rêver !
En attendant d’en avoir le cœur net, attendons de voir venir.
DB




J'adore cette photo de notre super ministre avec Esseyida haramouh.