LES RIFITADINS

Portrait de Letempquipasse
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Ce phénomène social s’est réalisé par auto clonage. En une sorte d’opération menée par un mauvais alchimiste, consistant à donner à des individus l’occasion de copier, par singerie, les citadins originaux.

 

LES RIFITADINS

 

Ou : L’Homme retors, né d’un mauvais clonage

 

Maintenant que s’est radicalement accomplie la métamorphose tous azimuts des villes, en une sorte de permutation des populations. Que dans chacune d’elles, par la force des choses, on enregistre la présence d’un nouveau genre d’individus aux us et coutumes, bien que déjà connus et inventoriés, nous paraissent cependant de plus en plus étranges à l’usage ; parce qu’utilisés dans un contexte social différent, défini comme une nouvelle dimension spacio-temporelle, se déroulant en temps réel, et s’exerçant en parallèle dans un sens contradictoire, par opposition aux normes classiques vécues par une société, désormais considérée ancienne car en voie de disparition. La nature ayant horreur du vide, c’est donc naturel.

 

Ce phénomène social s’est réalisé par auto clonage. En une sorte d’opération menée par un mauvais alchimiste, consistant Ã  donner à des individus l’occasion de copier, par singerie, les citadins originaux. Tous s’y sont mal pris, car ayant agit dans la précipitation mais surtout subrepticement. Le tout de cette opération clandestine avait produit une espèce d’hybride somatique dont le négatif s’est avéré illisible. Puisqu’elle avait permis la création d’un nouveau citadin appelé : «Rifitadin». L’homme du futur antérieur, dont la mission est de rester, en permanence, tourné vers le passé auquel vient se mêler, en un cocktail explosif, l’ancien et le nouveau. Un mélange qui n’a rien à voir, cependant, avec le modèle développé depuis 1950 par les Japonais. En raison d’une différence de culture.

 

Dans un sens, c’est la théorie de Darwin qui se confirme miraculeusement et contre toute attente ; parce que pour cette fois, le fameux maillon manquant est largement identifié. Ce pourquoi, à la suite de ce grandiose évènement, unique dans les annales de l’histoire de l’homme, il devient nécessaire de remettre à zéro tous les compteurs ayant enregistrés, jusqu’à présent, l’évolution positive de la citadinité. Et qu’il devient impératif de tout recommencer à décompter sur un autre registre. Car c’est la logique elle-même qui l’impose.

 

La ville est transfigurée, forcément. Il est venu se calquer dessus le modèle urbanistique utilisé généralement en milieu aéré et plein de verdure qu’est la Dechra. Avec néanmoins un étrange paradoxe : l’air est devenu vicié et la verdure absente. Il paraît que ces deux éléments garantissant l’équilibre de la vie et le bon fonctionnement du système nerveux ne sont plus aussi indispensables à ces étranges hybrides. Même qu’ils y sont devenus résolument allergiques. Cela leur rappelle de mauvais souvenirs, d’après ce que l’on sait partiellement de ces êtres étranges, issus d’un ailleurs proche.

 

Il est et de nouvelles coutumes en pratique dans la ville. Car l’hybride, conscient de sa force et de son nombre, avait  imposé à la ville une loi comprenant trois fondements : l’égoïsme, l’hypocrisie et la sournoiserie. Érigée en dictat et édifiée sur la base de sa conception des choses : l’anarchie !

 

Dès lors, La saleté par exemple, ne dérange plus personne. Encore moins le bruit, puisqu’il est produit à profusion, de jour comme de nuit. Exemple : à l’occasion de chaque mariage et la nuit venue, le domicile de la mariée ainsi que  celui du marié situé dans un autre quartier, se transforment en une salle des fêtes. Les sonos sont utilisées à pleins tubes, et ce sont les succès sur fond de ghaïta et du jawaq, à travers lesquels sont débités sur le mode Raï, les cris déchirants de détresse du chanteur, narrant ses déboires d’un amour  impossible. Titre de la chanson : «Naâl ebbouk yal kheddaâ». Ceci sans inclure, le jour du mariage, le cortège qui s’ébranle, la main du conducteur appuyée en blocage sur le klaxon, en un triomphal tintamarre du plus infernal.

 

 A ces absurdes calamités, il y a encore cette habitude, que chacun affectionne depuis l’origine des temps, consistant à prouver à l’autre qu’il possède plus d’argent en plus d’avoir les épaules larges : «El Maârifa». Contrairement aux habitudes des gens de «l’ancienne» civilisation, ayant plus de dignité, et qui s’évertuaient seulement de prouver leur culture et leur bonnes manières, au bénéfice de la communauté.

 

Aux nuisances sonores occasionnelles, s’exerçant l’été durant, viennent s’ajouter les pétarades permanentes de ces motos au tube d’échappement modifié. En plus d’être montées comme le ferait une cavalière sur un cheval, c'est-à-dire les deux jambes réunies d’un côté de la selle. C’est la mode depuis quelques temps. Cette manière de monter une moto bruyante, exprime bien des choses de la part de ces jeunes atrophiés mentalement : citons entre autres : l’ignorance, l’arrogance et le manque de civisme qu’entraîne l’absence totale de toute forme d’éducation. Le tout de ces avantages de la civilisation sont remplacés par un seul défaut, livré dans sa forme compacte et économique : un comportement de sauvages, parmi ceux de la pire espèce et qui n’abdiquent que devant la manifestation de la force brute.

 

Aujourd’hui, les rues sont pleines de femmes désÅ“uvrées, accoutrées de diverses manières. Il y a celles emballées de noir de la tête aux pieds et celles habillées d’une autre manière, donnant des maux de tête à ceux désireux de savoir l’origine de ces accoutrements. Ce sont là des femmes qui ne savent pas quoi faire de leur journée, encore moins désireuses d’apprendre à repasser un pantalon, recoudre un bouton de chemise ou préparer des macaronis à la sauce tomate. Quand à se soucier de savoir comment tenir un foyer en général, c’est vraiment trop leur demander ; car cela userait toutes leurs forces, en les empêchant de grossir comme des vaches se nourrissant avec de la pizza à la mayonnaise. Le plat du jour et celui de tous les jours. Il est ainsi des retards culinaires à combler.

 

Les commerçants de la nouvelle génération, partisans du moindre effort, issus de ce clonage raté, ne s’embarrassent de rien et ne s’entourent surtout pas de la moindre considération. Leur principe atavique est l’accaparement des espaces là où ils se trouvent. Et l’espace privilégié qu’ils adorent et affectionnent le plus, ce sont les trottoirs qu’ils squattent systématiquement et en toute quiétude. Avec l’aimable autorisation d’une administration, devenue aveugle à l’occasion, et dont la majorité de ses agents est issue de ce surprenant clonage. Ce pourquoi tout leur paraît normal ; il n’y a pas de quoi en faire tout un plat.

 

Ajoutons à cette rocambolesque situation, la manière de construire à ces clonés. Pas du tout parasismique mais résolument encombrante. Les maisons partent en hauteur et ne sont jamais terminées. Elles sont serrées les unes aux autres afin de ne rater aucun centimètre carré de terre non recouvert de ciment et de briques. La verdure en ces lieux est strictement exclue, car érigée en un interdit non exprimé mais parfaitement entendu. L’espace est sacré et donc ne saurai souffrir de la présence d’arbres, considérés incongrus.

 

En conclusion, et pour paraphraser notre ami Hakim Laâlam du «Soir d’Algérie», disons ceci : Buvons notre thé pour rester vigilants, car le cauchemar vient à peine de commencer.

 

Antar Lamine

 

 

 

Jijel.info

Commentaires

LA TRANSFORMATION

À un disciple qui ne cesse de se plaindre de son entourage,

le Maître dit: « Si tu recherches la tranquillité,

c'est toi-même que tu dois changer, et non pas les autres.

Il est plus facile de se protéger les pieds avec des pantoufles

que de recouvrir la terre entière d'un tapis. »

Anthony de Mello

le Maître dit: « Si tu recherches la tranquillité, 

c'est toi-mêmes qui dois changer, et non pas les autres.

 

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Il doit avoir le raisonnement à l'envers celui làUndecided

la jalousie fait perdre le sens...

 de la poésie ...

LE MAITRE.

la jalousie fait perdre le sens...

 de la poésie ...

 

Que tu dis...

 

le poète n'a jamais vécu à Jijel, donc, il doit s'agir d'une autre forme de poésie, applicable ailleurs, incompatible avec la notre, celle des réalités du moment.

 

A la prochaine...

 

Monsieur le Maître déphasé... toujours en cours d'apprentissageCool

Portrait de Letempquipasse

alors au lieu de rapporter ces constats negatifs, essayez plutot de lui redonner l'education qu'il a perdue inevltablement par la force des choses a cause du colonialisme et de l'exode rurale.on ne devient pas citadin du jour au lendemain.

 

On peut mettre beaucoup de choses sur le dos du colonialisme. il n'en demeure pas moins que ce dernier avait au moins laissé des érudits derrière lui, et ensuite après l'indépendance, Feu Boumediene avait permis à beaucoup d'universitaires de mettre le pied dans des techniques de pointe, l'architecture et l'urbanisme n'étant pas des moindres, en plus de favoriser l'instruction en générale. Je crois.

 

Les constats négatifs rapportés désignent essentiellement les frasques de ces responsables irresponsables, laissant faire tout le monde à sa guise pour peu que personne ne s'interesse de trop près à leurs activités souterraines.

 

Pour le reste, un algérien bien pris en main est un bon maçon, un excellent travailleur. Ce sont eux qui avaient construit le tiers des villes Française, entre autre.

 

je suis d'accord avec vous s'agissant d'affirmer qu'un citadin ne se forme pas du jour au lendemain. Il s'en faut de plusieurs générations.

 

Peut-être qu'aujourd'hui, après 48 ans d'indépendance, nous pouvons espérer avoir des citadins dignes de ce nom?

 

Le problème est que je demeure encore très sceptique à ce sujet, au vu de ce que produit l'école en ce moment; qui n'incite pas du tout à envisager les choses sous leurs meilleurs auspices.

 

S'agissant d'éducation, bon sang! Nos aïeux en avaient bien une! Sommes-nous musulmans ou est-ce encore un voeu pieux?

 

Les gens vivaient en toute tranquilité dans leur Dechra, leur gourbis etc, ils cultivaient la terre, ils élevaient du bétail, ils commerçaient en toute honnêteté, en un mot il avaientt une règle de vie et des conventions. Pourquoi tout devrait changer maintenant que les gens vivent dans une ville?

 

A cause de l'anonymat qu'elle procure? Et à la faveur de celui ci, les gens estiment devoir se relâcher et exprimer d'un coup et sauvagement tous ces instincts que l'éducation des anciens empêchait de s'exprimer?

 

Qu'est-ce à dire, quoi penser?

 

En définitive, Ibn Khaldoun avait très bien expliqué ce problème, voila plus de 700 ans. Il demeure toujours posé aujourd'hui dans les mêmes termes.Undecided

 

Changera, changera pas?Innocent

 

Telle est la cruciale question.Sealed

 

La liberté a plus de valeur que l'argent gagné à travailler pour les autres.

les rifitadins un phenomène social qui n'est pas si etrange car ca devient la normalité et c'est la suite logique des evenements ((quand les ruraux envahissent les bureaux ca donne des rifitadins))

nous sommes tous des rifitadins.le peuple algerien est d'essence rurale . il n'a pas de traditon urbaine et ne sait pas construire.il est compose essentiellement d'anciens nomades et de ruraux qui ont tout le temps vecu dans des gourbis et autres huttes,et ce n'est qu a l'independance qu il a commence a vivre dans les villes.alors au lieu de rapporter ces constats negatifs, essayez plutot de lui redonner l'education qu'il a perdue inevltablement par la force des choses a cause du colonialisme et de l'exode rurale.on ne devient pas citadin du jour au lendemain.

Quelque que soient les idées que l'ona à exprimer ,le mépris envers autrui n'est jamais une bonne chose,la rancoeur n'est pas une bonne conseillere et dixit Talleyrand",l'excès est toujours insignifiant",cher Noureddine!

 

"l'excès est toujours insignifiant"

Va savoir dans quel sens.

Et pour reprendre le titre du film d'andré Cayatte : Nous sommes tous des assassins.

 

Maintenant en effet, la question est de savoir qui méprise l'autre.

 

D'aucuns expriment leurs ressentiments, d'autres les pratiquent ouvertement, au mépris de toute règle de civisme.  Dénoncer cet état de chose et d'esprit n'est pas du mépris, c'est une prise de conscience. 

 

Quoi que l'ont fasse, quels que soient les sentiments tordus que l'on éprouves et les frasques auxquelle une société peut se livrer, il reste tout de même un pas à ne pas franchir: celui des conventions et aussi celui de la bienséance.

 

Ce n'est tout de même pas la loi de : "Je fais ce que je veux, tais-toi ou casses-toi." qu'il y ait des relents de Camora dans ce genre d'attitude ne m'étonnerait guère. c'es Méditerranéen.

Et puis quand on est taré, c'est dans le sang. Une question de gènes sans doute.

Par ailleurs, quand on marche sur la queue d'un chat, il se retourne toujours pour griffer.

 

Question  : Suis-je  un chat ?InnocentUndecided

 

Portrait de foughali

Excellente contribution!

Comme je suis le premier à mettre un commentaire, je vais faire court!

1 - Le phénomène existe dans pas mal de Pays ayant accédés à l'indépendance....ce qui a favorisé la naissance de nouvelles formes de pouvoirs, et en particuliers chez les campagnards qui ont rejoint les centres urbains.

2 - Je crois que ton analyse est basée sur une observation de l'évolution de la situation au bled.

3 - Je suis étonné de voir que tu cites Darwin, comme si tu croyais dans sa théorie, alors qu'il y a quelques semaines on a eu un échange sur ce sujet, et nous n'étions pas d'accord. Tu as voulu me convaincre que la théorie de Darwin Ã©tait des plus  fantaisiste.....

 

Que dois je comprendre ou conclure ???

 

Bonne soirée et surtout ....Keep it up!

How could you do that thing to me ?