A qui appartient la Bible ?
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Ce livre qui a pour titre " A qui appartient la Bible ? " est l'oeuvre d'un savant historien et universitaire américain d'origine slave. Il a pris la peine de procéder à une recherche poussée des premiers textes judéo-chrétiens, des débuts jusqu'à leur codification complète. une telle histoire d'un grand spécialiste chrétien projette une lumière utile sur de longues périodes historiques plus ou moins connues du grand public. Un tel livre mérite d'être traduit en plusieurs langues, notamment en langue arabe, pour servir d'outil de travail à nos spécialistes et à nos prédicateurs. Longtemps, l'idée d'une Bible unique, commune aux Juifs et aux Chrétiens, a prévalu parmi les gens, aussi bien Chrétiens que les adeptes des autres confessions.
Mais au fur et à mesure des études et des analyses qui ont été consacrées à ce corpus de textes religieux, datant de plusieurs millénaires, il s'avère qu'il n'y a pas une seule mais plusieurs Bibles. La dernière étude faite par le Pr Jaroslav Pelikan, historien du Christianisme, le confirme nettement. En effet, dans un ouvrage consacré à l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, l'auteur a réussi à disséquer avec minutie et objectivité les diverses variétés de Bibles existantes et à montrer les points de différenciation entre elles. Dès l'introduction de son livre, on lit : " Prenons une variante de la vieille plaisentrie du rabbin, du curé et du pasteur, qui se rendent ensemble au bar. Trois américaines profitent de leur pause-déjeuner, au bureau, pour faire un tour dans la librairie, de l'autre côté de la rue. L'une d'elles est de religion juive alors que les deux autres sont chrétiennes : l'une catholique, l'autre protestante. Comme c'est le moment de Pâques et de la Pâque (Pessah), fêtes étroitement liées mais célébrées pourtant à des dates différentes, chacune d'elles veut acheter une Bible différente, de sorte qu'un employé scrupuleux devrait demandé à chacune d'elles : Quelle Bible désirez-vous ? ".
En effet , tout acheteur ou lecteur anglophone, de quelque obédience religieuse qu'il soit, ne peut âtre que perplexe devant la multiplicité des traductions de la Bible en anglais...De plus, l'acheteur est en droit d'attendre " La Bible, toute la Bible et rien que la Bible". Reste que la table des matières ou le sommaire - techniquement appelé (e) "Le canon ", d'un mot grec signifiant "règle" - est fondamentalement différent (e) selon les Bibles choisies. La différence entre la Bible hébraique et les Bibles chrétiennes est la plus grande : il n' y a pas de Nouveau Testament dans la première, de sorte que la cliente juive devrait pouvoir demander : " Rien que la Bible " (c'est-à -dire la Bible hébraique ou le Tanakh) - surtout si, lors de son dernier voyage d'affaires, elle a examiné la " Gideon Bible " (Il s'agit de la Bible protestante) mise à sa disposition dans sa chambre d'hôtel et qui inclut le Nouveau Testament. Mais la Bible protestante est également très différente de la Bible des catholiques romains, parce qu'elle ne contient pas les Apocryphes, si bien que la cliente catholique pourrait légitimement demander : " C'est bien toute la Bible ?". On voit parfois que ces différences sont extrêmement techniques et qu'elles n'interessent que les spécialistes, mais dix minutes de lecture comparative dans la librairie devraient suffire à n'importe qui pour relever les différences".
Il est vrai que les savants et théologiens musulmans ont relevé, depuis fort longtemps, les contradictions et les divergences, opposant les différentes sectes chrétiennes, dans leurs polémiques avec les théologiens chrétiens, comme l'avaient fait le cadi Abd Al-Djabbâr, Al-Baqilâni, Al-warrâq, Al-Djâhiz, Ibn Hazm, El-Ghazâli, Ibn Taymiyya et autres. Mais ces critiques se sont limitées aux textes de l'Evangile, puisque les controverses religieuses opposaient surtout les musulmans aux chrétiens. Aussi, les savants musulmans n'ont-ils pas accordé une grande importance aux différences entre les Bibles, d'autant plus que la réforme de Luther qui donna lieu à une nouvelle Bible dite protestante est venue tardivement. Cela n'a pas empêché pour autant certains savants musulmans parmi les anciens de s'intéresser à ces différences et de les signaler.
C'est ainsi qu'Ibn Hazm, dans son Fisal a signalé que la loi qu'à fait traduire Ptolémée II par les " Septante" est différente sur bien des points, de celle écrite par Esdras. De son côté, Al-Djuwaini a cité les versets faisant état de l'âge des patriarches, pour montrer que les Juifs et les Chrétiens n'utilisent pas la même Bible. C'est ainsi, écrit-il "que dans la Torah qui se trouve entre les mains des Juifs, Adam sur lui le salut, lorsqu'il eut 130 ans, engendra Seth; et dans celle qui se trouve entre les mains des chrétiens, lorsqu'Adam eut 230 ans, il engendra Seth".
Pour Al-Djahiz, l'altération de la Torah est en grande partie le fait de ses traducteurs. Quant à Al-Qarâfi, il situe cette altércation lors de la rédaction de la Septante.
Par contre, certains savants musulmans modernes se sont intéréssés à ces différences. L'un de ces savants est le cheikh Rahmatoullah Al-Hindi, un théologien indien du dix-huitième siècle qui a consacré toute sa vie à réfuter les attaques des chrétiens contre l'Islam et son Prophète. Dans son célèbre livre Idhâr Al-Haqq (Manifestation de la vérité) , il écrit : " La canonicité des livres admis par les conciles fut reconnue par tous les Chrétiens jusqu'en 1200, époque à laquelle commença à apparître la secte des Protestants qui éleva des doutes à l'égard des Livres de Baruch, de Tobie, de Judith, de la Sagesse, de l'Ecclésiaste et des Macchabèes; elle refusa également de reconnaître dans son entier le livre d'Esther (livre de la bible hébraique) dont elle n'accepta que les neuf premiers chapitres et trois versets du dixième, à l'exclusion des six autres. Elle se fonde en cela sur plusieurs raisons :
1. Les livres dont il s'agit ont été écrits en hébreu ou en chaldéen et on les retrouve plus dans aucune de ces langues.
2. Les Hébreux ne les reconnaissent pas comme inspirés.
3. Le caractère inspiré de ces livres n'est pas reconnu par l'unanimité des Chrétiens.
4. Jérome (Docteur de l'Eglise, a traduit la Bible en latin. Cette traduction sera connue sous le nom de vulgate) a dit que ces livres ne sont pas suffisants pour déterminer et prouver des points de dogme.
5. Callus dit que ces livres n'étaient pas lus partout. Cet argument reprend celui du N° 3, c'est-à -dire au défaut d'unanimité parmi les Chrétiens à l'égard de la canonicité de ces livres.
6. Eusèbe dit ( Liv IV.23) que ces livres ont été altérés, surtout celui des Macchabées"
L'auteur fait remarquer la remise en cause par les protestants de l'autorité des premiers Chrétiens qui ont admis l'authenticité de livres dont on n'a plus les originaux, qui sont rejetés par les Hébreux eux-mêmes, et dont les textes, celui surtout du 2è livre des Macchabées, ont été altérés. Cependant, les catholiques, fidèles aux traditions de leurs premiers théologiens, conservent encore ces livres dans leur canon.
D'autres chercheurs musulmans, à l'image du Sud Africain Ahmed Deedat, se sont intéressés à cette diversité des Bibles à laquelle ils ont consacré beaucoup de travaux. Un autre de ces chercheurs, un ancien chrétien devenu musulman et soûfi, Didier Ali Hamoneau, s'est intéressé, lui aussi, à cette diversité de Bibles. Dans son étude consacrée à ce sujet, il est arrivé à ce résultat : " Le mot Bible est d'origine grecque et signifie simplement les livres " (Ta Biblia). C'est la même racine qui a donné bibliothèque.
La Bible catholique comprend 73 ouvrages écrits par une soixantaine d'auteurs différents, transmettant soit des révélations, soit écrivant sous inspiration, soit relatant des récits dont ils furent témoins de leur propre volonté, sans qu'il y ait révélation implicite. Les Chrétiens distinguent deux parties : L'Ancien Testament (avant Jésus-Christ) et le Nouveau Testament (qui commence par la Torah). Le mot Testament utilisé par les Chrétiens est d'origine Latine, c'est la traduction latine d'un mot grec (diathéki) qui signifiait à la fois testament et alliance.
Source : M.Messaoud Boudjenoun (Les études Islamiques)
L'amalgame ne date pas du Christianisme, mais du Judaisme lui-même, avec sans doute une première étape au VII siècle avant J.C, les livres postérieurs étant venus s'ajouter aux premiers retenus. Il faut remarquer cependant la place toute priviligiée accordée de tout temps aux cinq premiers livres formant la Torah ou Pentateuque. Les annonces des prophètes (promesse d'un châtiment en fonction des fautes) s'étant accomplies, on n'eut pas de mal à ajouter leurs textes aux livres précédemment admis. Il en fut de même des promesses d'espérence prodiguées par les mêmes prédicateurs.
Au IIée siècle avant J.C, le Canon des prophètes est constitué. Les autres livres comme les Psaumes, en fonction de leur rôle lithurgique, furent intégrés avec les autres écrits comme les lamentations et les écrits de Sagesse,de Salomon ou de Job.
" Le Christianisme, initialement judéo-christianisme, si bien étudié - on le verra plus tard - par les auteurs modernes comme le cardinal Daniélou, avant de subir sa transformation sous l'influence de Paul, a très normalement reçu cet héritage de l'Ancien Testament auquel les auteurs des Evangiles se sont si étroitement rattachés. Mais si l'on a fait la purge des Evangiles en éliminant les Apocryphes, on n'a pas cru devoir effectuer le même tri pour l'Ancien Testament et l'on a pour ainsi dire tout accepté, tout ou à peu de chose près.
" Qui osa contester quoi que ce soit concernant cet amalgame disparate jusqu'à la fin du Moyen Age, en Occident tout au moins ? Personne ou presque. De la fin du Moyen Age au début des Temps Modernes, quelques critiques se firent jour: on l'a vu plus haut, mais les Eglises ont toujours réussi à imposer leur autorité.
Une authentique critique textuelle est certes née de nos jours mais, si ses spécialistes ecclésiastiques ont consacré beaucoup de talent à examiner une multitude de points de détail, ils ont jugé préférable de ne pas aller trop de l'avant dans ce qu'ils appellent avec euphémisme "des difficultés".
à suivre ...
2. Les Bibles et leurs spécificités
Avec ce nouveau livre de Jaroslav Pelikan, la critique a fini par aller de l'avant pour analyser avec le scalpel de la science les textes judéo-chrétiens et montrer les contradictions, les oppositions et les discordances qui les caractérisent. En effet, notre auteur, après une longue et minutieuse étude, est arrivé à la conclusion qu'il n'y a pas une seule Bible avec tout ce que ce nom connote comme symbolique et contenu, mais plusieurs Bibles, chacune ayant ses propres spécificités.
De prime abord, il montre la première des discordances entre la Bible hébraique et la Bible chrétienne, qui se situe au plan de la dénomination. C'est ainsi qu'il écrit : " En raison de la place capitale du texte sacré dans le Judaisme comme dans le Christianisme, la dénomination des parties et des livres de la Bible est bien plus qu'une question de noms. Les Chrétiens ont coutume de parler de "l'Ancien Testament" et du "Nouveau Testament": l'opposition entre les mots "ancien" et "nouveau" - sans l'avouer explicitement - véhicule des connotations peu flatteuses de "remplacé" ou de "dépassé" pour le premier. J'ai gardé dans cet ouvrage l'appellation de "Nouveau Testament", puisque c'est ainsi que les Chrétiens le nomment. En revanche, au lieu d' "Ancien Testament " ou des tentatives récentes de néologismes " politiquement corrects" (Premier Testament) ou (Ecritures hébraiques), j'ai utilisé pour l'Ecriture hébraique le terme employé dans le Judaisme qui parle de Tanakh, acronyme formé avec les premières lettres des titres de ses trois parties : Thora (les Cinq Livres de Moise, ou Pentateuque), Nébiim (les Prophètes) et Ketoubîm (Les Ecrits). Je ne parle d' "Ancien Testament " que pour faire référence à sa place dans la Bible chrétienne" (p19).
Après ce rappel de la première différence entre les Bibles huive et chrétienne, au niveau de la dénomination, l'auteur passe aux différences entre la Bible hébraique (le Tanakh) et la Bible chrétienne. Il précise d'abord que la Bible hébraique ne reconnaît que trois parties : Torah (la loi, c'est-à -dire les cinq livres attribués à Moise et que les chrétiens appellent le Pentateuque), Nebiim (les Prophètes) et Ketoubim (les Ecrits ou Hagiographes). Les Apocryphes, bien qu'ils soient un pur produit du judaisme, ne font pas partie du canon hébraique de la Bible, mais ils sont inclus dans le canon chrétien de l'Ancien Testament, pour l'Eglise catholique romaine comme pour l'Eglise orthodoxe. Le Pentateuque et le Livre de Josué peuvent être considérés comme le récit de la constitution d'Israel en nation et de sa conquête de la " la terre promise". Les Prophètes constituent l'histoire d'Israel en terre promise, en décrivant l'établissement et le développement de la monarchie et présentent les messages successifs des prophètes au peuple. Le Ecrits contiennent des médiations sur la place du Mal et de la Mort dans l'ordre des choses (Livre de Job et l'Ecclésiaste), des ouvrages de poésie (les Psaumes surtout) et quelques livres historiques supplémentaires " (p47).
Telle est la conception qu'ont les Juifs de la Bible. Ils ont transmis la première partie de la Bible au monde et ne reconnaissent aucune valeur au Nouveau Testament (les Evangiles et autres textes postérieurs), lequel relate la vie, les actes et les paroles attribués à Jésus et à ses disciples. Les Juifs ne reconnaissent que leur Bible et rejettent tout ce qui a trait au Nouveau Testament. Il n' y a rien de plus normal, puisqu'ils ne croient pas en la prophétie ni au rôle de Messie attribué à Jésus par les Chrétiens. Mais que les Chrétiens eux-mêmes se revendiquent de Bibles différentes, voilà qui devient anormal. Il faut préciser, en effet, que chacune des trois grandes églises chrétiennes actuelles, (catholique, orthodoxe et protestante), possède sa Prpore Bible qui diffère des autres Bibles.
Il y a la Bilble grecque ou Septante (soixante et onze livres à l'origine), la plus ancienne chez les Chrétiens et qui est devenue par la suite la Bible de l'Eglise Orthodoxe. Le canon des Ecritures orthodoxes n'a été fixé définitivement qu'au Synode de Jérusalem en 1672. Par rapport à la Bible hébraique, ce canon inclut d'autres livres écrits tardivement (en araméen ou en grec) et que les Juifs rejettent comme apocryphes.
Il y a ensuite la Bible latine (soixante-treize livres), traduite initialement à partir de la Septante grecque, mais qui a connu des évolutions ultérieures, par le recours à des traductions, à partir des textes hébraiques. Sa composition latine "canonique" n'est devenue définitive qu'au Concile de Trente en 1546, c'est-à -dire seulement au XVIéme siècle. On l'appelle la vulgate adoptée par les catholiques.
Il y a enfin la Bible protestante (trente neuf livres), qui reprend le canon de la Bible hébraique (pour ce qui concerne l'Ancien Testament), mais dans un ordre différent, sans retenir la classification hébraique en trois sections; sont donc exlus les sept livres suivants (apocryphes pour les Juifs, mais qui figurent dans les Bibles catholiques et ortodoxe) :Tobie, Judith, Sagesse, Ecclésiaste (ou Siracide), Baruch, le Premier et le deuxième livre des Macchabèes ainsi que des fragments des livres d'Esther et de Daniel. Le canon protestant a été définitivement adopté depuis les éditions du dix-neuvième siècle. Auparavant, les Protestants, suivant l'exemple de Luther, mettaient ces sept apocryphes précités en appendice à leurs éditions bibliques. Aujourd'hui, ils les excluent entièrement.
à suivre...
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1. La Bible hébraique (le Tanakh)
La bible hébraique est appelée Tanakh par les Juifs. Tanakh signifie " Torah- Nebiim- Ketoubim".C'est ube abréviation. La Bible hébraique est constituée de 3 sections :
1. Torah qui signifie la Loi
2. Nebiim qui signifie les Prophètes
3. Ketoubim qui signifie les Ecrits
1. La Torah (Loi) est appelée Pentateuque par les Chrétiens, car elle contient cinq livres, attribués Ã
Moise par la tradition. Ces cinq livres sont : La Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le
Deutéronome .
2. Les Nebiim (les Prophètes) contiennent huit livres : Josué, Juges, Samuel, Rois, Isaie, Jérémie,
Ezéchiel et les douze prophètes.
3. Les Ketoubim (Ecrits) contiennent onze livres : Louanges (ou Psaumes pour les chrétiens), Job,
Proverbes, Ruth, Cantique des Cantiques, Qôhélet, Daniel, Esdras-Néhémie et Actes des Jours
( ou Chroniques pour les Chrétiens ).
Cette liste (ou canon) des Ecrits sacrés hébraiques est très ancienne. Jésus, dans les versions de l'Evangile, s'y référait souvent en la désignant sous l'expression : La Loi des Prophètes. Quelque fois c'est la liste entière qui est appelée la Loi (Torah), sous-entendu avec les autres sections (Nebiim, Ketoubim). Pour la tradition juive, tous ces textessont sacrés, mais par ordre décroissant. La Torah proprement dite contient des révélations de Dieu à Moise, elle est fondatrice de la religion et de l'Etat d'Israel. Les Prophètes viennent seulement en appui de la Torah et les Ecrits en complément. Mais l'ensemble reste lié. Les autres livres juifs, comme le Talmud, font l'objet d'une étude séparée et leur importance est nettement distinguée de celle du livre saint.
Les Chrétiens ont conservé L'Ancien Testament (Tanakh) juif, mais en bouleversant l'ordre canonique qui avait un sens établi en fonction du degré de sacrilité, dans les trois sections du Livre. De plus, les chrétiens ont ajouté des livres que les Hébreux avaient déclarés apocryphes (d'authenticité douteuse), à savoir : Le Livre de la Sagesse, Siracide (ou l'Ecclésiaste), Judith, Tobie, Macchabées, Baruch. Les ortodoxes ajoutèrent encore un Livre apocryphe : Bel et le Dragon. Les Hébreux savaient bien qu'ils avaient écrit ces derniers livres de leurs propres mains, mais malgré cela les Chrétiens n'hésitèrent pas à les rebaptiser "Parole de Dieu". Les Chrétiens se heurtèrent donc très tôt à la tradition hébraique qui possédait sa propre sagesse et qui avait transmis l'ensemble de ces livres dans un classement qui n'était pas le fruit du hasard.
Les Protestants revinrent aux seuls livres canoniques hébraiques, excluant les Apocryphes précités, sans reprendre la classification en trois sections. Ces livres différents, de par leur nature, sont appelés "Parole de Dieu". Les trois grandes églises actuelles du Christianisme (Catholique, Ortodoxe et Protestante) n'ont donc pas la même Bible, le canon de leurs écritures étant différent. Dans l'Eglise catholique, ce canon (liste officieele) fut, durant des siècles, discuté et définitivement fixé le 8 avril 1546 et en 1672 chez les Orthodoxes, après d'âpres discussions. Chez les Protestants, il est généralement le même que celui de la Bible originelle (Tanakh) en ce qui concerne l'Ancien Testament, mais dans un ordre différent". Le Pr Jaroslav Pelikan confirme : " Les Apocryphes, bien qu'ils soient un pur produit du Judaisme, ne font pas partie du canon hébraique de la Bible, mais ils sont inclus dans le canon chrétien de l'Ancien Testament pour l'Eglise catholique romaine comme pour l'Eglise ortodoxe ". (p.47)
Les chercheurs musulmans ne sont pas seuls à relever cette diversité des Bibles et les contradictions qui existent entre elles. De nombreux chercheurs et auteurs occidentaux ont étudié d'une manière impartiale les textes religieux juifs et chrétiens et ont mis en exergue les différences existant entre les conceptions bibliques des deux religions et des courants actuels du Christianisme plus spécialement.
Parmi ces chercheurs , citons le Dr Maurice Bucaille qui écrit dans son livre Laible, le Coran et la science : " Comment cet assemblage , extrêmement disparate par le contenu, de livres écrits pendant une période de sept siècles au moins, provenant de sources extrêmement variées qui ont été ensuite amalgamés à l'intérieur d'un même ouvrage, a-t-il pu au fil des siècles parvenir à constituer un tout indissociable et devenir - avec quelques variantes selon les communautés - le livre de la Révélation judéo-chrétienne, " Le canon", mot grec auquel le sens d'intangibilité est attaché ?".
à suivre...