SOCIETE : LA FEMME EN OTAGE

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Comment est-il possible qu’une femme en arrive à subir autant de la part de l’aveuglement des hommes. Dont une bonne partie de nos concitoyens est demeurée coincée et enchaînée par ses bas instinct animal.

 

LA FEMME EN OTAGE

 

Par Antar Lamine

 

 

 

 

L’édition d’aujourd’hui du quotidien «El Watan», nous livre, sous la plume de Salima Tlemçani, une abracadabrante histoire, quasi dramatique, vécue par une malheureuse femme dont on aurait dit que le mauvais sort et tous les humains du plus mauvais genre s’étaient ligués contre elle pour lui faire subir toutes les avanies possibles et imaginables. Nonobstant ce qui est rapporté des terribles drames qu’aura vécue cette pauvre femme, et qu’elle continue de vivre encore aujourd’hui, cette histoire nous interpelle tous. D’abord en tant que personnes censées musulmanes et encore, en tant qu’êtres supposés bénéficier d’un certain degré de civilisation et un tant soit peu d’humanisme.

 

Comment est-il possible qu’une femme en arrive à subir autant de la part de l’aveuglement des hommes. Dont une bonne partie de nos concitoyens est demeurée coincée et enchaînée par ses bas instinct animal. N’éprouvant aucune pitié ni un quelconque noble sentiment de magnanimité. Tous se conduisant comme de véritables bêtes en rut, esclaves de leurs sens, dévorés par la passion de ce besoin irrépressible et  inextinguible, et, afin de l’assouvir, n’hésitent pas un seul instant à utiliser toutes les ignominies, en versant dans la plus vile des lâchetés. Le tout à travers des conduites abjectes que la morale réprouve.

 

Chercher l’origine de cette inconcevable conduite, peut nous conduire loin à travers l’histoire. Depuis l’origine des temps, l’homme n’as pas hésité à utiliser sa force et sa suprématie sur la femme pour l’aliéner, l’emprisonner, la torturer, la mettre en esclavage et ainsi l’asservir. Il n’est alors accordé à cet être aucun statut d’être humain, considéré un animal, une chose, mais surtout l’objet de tous les désirs sexuels. Chaque homme face à sa congénère s’estimant un seigneur. Il y eut alors l’avènement du Coran. Dieu avait envoyé ses commandements parmi lesquels est clairement spécifié le statut de la femme, afin de la protéger de ces hommes aux féroces appétits, ainsi que de leurs malsains penchants.

 

Mais rien n’y fit. Les hommes n’avaient fait que timidement semblant de s’y conformer, la bête qui sommeille en chacun ne s’était  que momentanément assoupie durant les sept siècles qu’avait durée la civilisation musulmane à Cordoue. Celle-ci s’étant écroulée par la force des intégrismes, des schismes et des comportements extrêmes, les hommes avaient été repris par leurs instincts ataviques. Depuis huit siècles, ceux se prétendant musulmans avaient tout oublié du contenu du saint Coran, pour ne rester enferrés que dans ce qui est devenu pour un eux, à travers d’éternelles polémiques intarissables, un constant problème: celui qu’ils estiment à tort posé par la femme. Ils l’avaient alors entouré de tous les égoïsmes, de machisme, d’hypocrisie et de toutes sortes de sournoises.

 

Sous le couvert d’une religion à laquelle, aujourd’hui, très peu y comprennent quelque chose, ne cessant de s’en prévaloir à travers des extrémismes, s’enveloppant avec de manière indigne,  il est alors prononcé le haro contre la femme. Estimée l’incarnation du diable. Un diable avec lequel il est si bon frayer pourtant, pour lequel il est  considéré assez pénible de lui reconnaître autre chose que le statut d’un réceptacle à leur plaisir. Qui de l’envelopper alors de la tête aux pieds, comme un vulgaire sac de pomme de terre, qui de la séquestrer, qui de l’utiliser contre son gré à toutes sortes de travaux humiliants, qui de la traîner dans la boue, l’entourant de toutes les éclaboussures, en la forçant à toutes les vilénies, au détriment de sa dignité d’être humain. D’autres la couvrant d’opprobre, se réfugiant ainsi derrière ce comportement hypocrite afin de donner le change, en paraissant faussement respectables. Rares sont ceux reconnaissant et admettant son statut particulier, conféré par Dieu Lui-même.

 

Ainsi vont désormais les choses. Que faut-il effectivement attendre de bon, d’une majorité baignant dans la plus crasse des ignorances, aimant se livrer à toutes les frasques, les savourant et s’en félicitant, en en tirant de l’orgueil et une fierté des plus mal placés. Dans le contexte Algérien, les choses demeurent cependant assez mitigées. Bon nombre de femmes avaient su s’imposer. Car instruites et cultivées. Mais il en va autrement pour celles demeurées dans l’ignorance des choses de ce monde, restées innocentes et fragiles, livrées pieds et poings liés, telle cette femme répondant au nom d’Aïcha, à la vindicte et à l’oppression que dictent toutes les lâchetés.

 

Jijel.info