Djidjelli 1953: Mohamed Seddik Benyahia parmi les siens...

Dans cette vieille photo qui date de 1953, un précieux souvenir du défunt Mohamed Seddik Benyahia, parmi les siens à Jijel, lors d'un mariage de Da Hocine Boumaaza...

Allons y voir ces jeunes des années 50, ils étaient une vingtaine.

Vous les avez certainement connu, à vous de comparer avec les jeunes d'aujourd'hui...

 

 

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3- le ministre MOHAMED SEDDIK BENYAHIA que dieu aie son ame
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7-KIHAL MOKHTAR
8- SEKFALI BACHIR
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11-ALIOUA BACHIR
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DJIDJELLIAUTREFOIS


Mémoire
Mohamed Seddik Benyahia « le jeune renard »
Ammar Belhimer
Le parcours de Benyahia croise à plusieurs moments celui de Ferhat Abbas, lui aussi natif de Jijel (Taher). Son empreinte dans la formation du jeune Benyahia ne peut être éludée puisque, en fin de parcours, il en fit son directeur de cabinet lorsqu’il présidera le second GPRA à partir de janvier 1960, avant de l’envoyer à Melun en juin 1960 comme porte-parole du “groupe de Tunis” chargé de coordonner les positions avec les “pensionnaires d’Aulnay”. Dépourvu d’administration propre à la tête du GPRA, Abbas ne réunit autour de lui qu’un cabinet d’une demi-douzaine de collaborateurs parmi lesquels se distingue le jeune avocat de vingthuit ans qui a déjà fait le tour du monde pour assurer la représentation du FLN au Caire, aux Nations unies (en 1957), à Accra (1958), à Monrovia (1959), en Indonésie, à Londres et ailleurs. “Le 21 juin 1960, le GPRA accepte d’envoyer trois émissaires, Mohamed Benyahia, Hakimi Ben Amar, Ahmed Boumendjel (proches de Ferhat Abbas) pour rencontrer à Melun le général Robert de Gastines (officier de cavalerie), le colonel Mathon (cabinet militaire de Michel Debré) et Roger Moris (ancien contrôleur civil au Maroc) qui doivent préparer de futurs entretiens de Gaulle- Ferhat Abbas. Mais la délégation réclame des rencontres au niveau le plus officiel, un entretien avec les prisonniers d’Aix, notamment Ahmed Ben Bella, une liberté de manoeuvre vis-à-vis de la presse et les ambassades étrangères, une plate-forme officialisant les contacts”*. Les deux hommes avaient, et garderont, plus d’un trait commun : une intégrité à toute épreuve, un esprit libéral et pondéré. Il y eut Melun, puis le premier et le second Evian. Benyahia est toujours là. Albert Paul Lentin, qui a suivi de près les négociations d’Evian, le décrit ainsi : “Ce jeune renard aux traits aigus et à l’oeil futé se distingue non seulement par une astucieuse subtilité, mais par une volonté de fer. Efficace et avisé, il va de l’avant, en dépit de sa santé chancelante et il se fraie son chemin coûte que coûte, à force de prudente ténacité et de dynamisme contrôlé.” Il occupera son premier poste ministériel de l’Algérie indépendante à la tête de l’information et de la culture. A ce poste, l’Algérie lui doit, notamment, le succès éclatant du premier et dernier Festival panafricain de la culture et de la jeunesse qui vit les rues d’Alger vibrer aux rythmes de Myriam Makeba chantant "Africa" et Manu Dibango glorifiant “Moretti” en 1969. A l’enseignement supérieur, il est notamment l’artisan de la réforme et de la démocratisation du secteur, avant d’oeuvrer à fédérer les organisations estudiantines dans le cadre commun de l’UNJA, unies dans l’action commune (même si les visions et les desseins des uns et des autres demeuraient divergents). Plus tard, son nom sera étroitement associé à la rédaction de la sacro-sainte Charte nationale et de l’ordonnance mythique portant révolution agraire, deux textes fondateurs d’un “socialisme spécifique” soucieux de concilier la dimension sociale de l’Etat projetée par le Congrès de la Soummam (elle se réduira vite à une forme rentière et distributive du pouvoir) et une identité nationale construite autour de l’Islam, religion du peuple et de l’Etat. Quelques-uns de ses proches collaborateurs encore en vie rapportent sa réaction à la traduction arabe usuelle des rapports sociaux par : “l’exploitation de l’homme par son frère l’homme”. Il réfutait la fraternité qui pouvait lier l’exploité à l’exploiteur ! Aux Finances et aux Affaires étrangères, il s’illustra dans le dénouement de l’affaire des otages de l’ambassade américaine à Téhéran en 1981 avant de reprendre son bâton de pèlerin de la paix en qualité de chargé d’une mission de bons offices entre l’Irak et l’Iran. Les conditions de sa disparition demeurent encore mystérieuses, mais la récapitulation des faits a autorisé les chercheurs à privilégier l’une des quatre pistes recensées au départ. L’énoncé des faits favorise la piste irakienne dans la responsabilité de l’attaque. Peu de temps avant l’incident, le 17 avril 1982, Saddam Hussein avait reçu le chef de la diplomatie algérienne mais aucun communiqué ne rend compte de la teneur de leurs entretiens. On sait, par contre, que le leader irakien avait déchiré, en direct à la télévision, le texte des accords de paix conclus avec le Shah d’Iran à Alger en 1975. Outre qu’ils devaient souder le front des pays producteurs et exportateurs de pétrole, ces accords avaient mis fin au conflit opposant Bagdad et Téhéran à propos de Chott El Arab, à l’endroit où le Tigre et l’Euphrate se jettent dans le Golfe Persique. Tactiquement, Saddam en tira grand profit ; il peut museler la rébellion kurde soutenue par l’Iran au Nord et provoquer la fuite de Barzani contre si peu : astreindre Khomeiny, alors réfugié chez lui, à se taire. Le panarabisme du Baath irakien et ses prétentions au leadership arabe ne pouvaient également souffrir aucune contestation, ni de concurrence. Or, la médiation algérienne avait toutes les chances de réussir : elle était assise sur un bon dossier et conduite d’une main de maître. De plus, Saddam ne pouvait sincèrement et durablement se départir de sa conviction qu’un Arabe ne peut pas arbitrer un conflit entre un Arabe et un non Arabe parce que “l’ennemi d’un pays Arabe est l’ennemi de tous les Arabes”. L’attitude des responsables irakiens de l’époque ne concourt toujours pas à les disculper. Loin de là. Ils se contentèrent de rejeter les accusations iraniennes dans un communiqué des plus sommaires. Même Bachir Boumaza dont on ne peut douter de l’amitié sincère qu’il portait au régime de Saddam et de l’aversion qu’il ressent pour les mollahs, avoue “trouble” et “soupçon”. Un détail l’intrigue au point d’en faire part ouvertement à Tarek Aziz, le puissant chef de la diplomatie irakienne : son absence aux funérailles de Benyahia ! “Je comprends à vos questions que mes propos ne vous ont pas totalement convaincu”, lui avait alors déclaré Tareq Aziz. Boumaza conclut son compte rendu de l’entretien avec le responsable irakien** par des propos quelque peu amers : “Même si Bagdad arrivait à convaincre de sa bonne foi le gouvernement algérien, il lui resterait à dissiper le malaise ressenti dans le public, même en Irak, à la suite du double drame, la disparition de toute une équipe de médiateurs et, avec eux, celle des espoirs de paix que leur voyage avait soulevés.” Taleb Ibrahimi, successeur de Benyahia aux Affaires étrangères, et qui avait pris le relais de l’enquête sur les conditions de l’accident, est aujourd’hui encore frappé par la froideur des réactions de Saddam au faisceau de preuves réunies par les enquêteurs algériens. Le leader irakien ne lui opposa que mépris et silence. Or, qui ne dit rien consent. La piste iranienne est suggérée par Tareq Aziz lui-même. C’est ce qui fait d’ailleurs sa faiblesse. Elle repose sur l’affirmation que le missile soviétique dont on a retrouvé des morceaux avec l’épave de l’avion détruit était également fourni aux Iraniens par les Libyens, les Syriens et les Coréens. L’accusation ne semble pas tenir. Quel intérêt ont ces trois Etats à assassiner un médiateur que Khomeiny, habituellement réfractaire, avait pourtant consenti à recevoir et à entretenir longuement ? Ceux qui évoquent la piste syrienne indiquent que Damas avait intérêt à nourrir la guerre et à voir son encombrant voisin s’y empêtrer, mais aucun fait matériel ne vient asseoir leurs assertions. Il reste la piste israélienne. Elle repose sur trois indices : primo, l’assistance logistique et technique d’Israël à l’Iran, plus particulièrement dans les secteurs sophistiqués de l’aviation et des missiles; secundo, l’assassinat en 1948 d’un autre médiateur, le comte Bernadotte et, tertio, l’opposition foncière de Tel-Aviv à toute paix qui permettrait à l’Irak de reconstruire son potentiel économique et militaire et assoirait le pouvoir clérical de Téhéran. En attendant que l’Histoire livre ses secrets, il revient à notre pays à rendre à Benyahia toute la place qu’il mérite dans la construction de l’Etat et non des pouvoirs étroits qui l’ont par moment pris en otage. “On a englouti l’Histoire pour effacer le nom des acteurs (…). Chez nous, l’hommage n’est rendu qu’aux morts... Et pourtant, il est des morts qui dérangent et dont on craint l’ombre”, écrivait feu M’hammed Yazid, le 4 mai 1993, dans une évocation du souvenir de Mohamed Seddik Benyahia. Il ne pouvait pas si bien dire.
 
 
 
 

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