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Les lettres du général de Saint Arnaud

Le rôle des populations de Jijel dans la résistance à la campagne française de 1851 est le thème d’une conférence prévue samedi 14 Mai 2016 à Jijel à l’initiative de l’association «Amjad» pour l’histoire et le patrimoine de la wilaya de Jijel.
Cette manifestation, qui sera animée au lycée Bouraoui Belhadef (sud-est de Jijel) par Soufiane Abdellatif, professeur d’histoire à l’université d’Oran, s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 165e anniversaire de la bataille ayant opposé les populations de Jijel aux forces coloniales commandées par le général Saint Arnaud

Voici des extraits des lettres écrites par le Maréchal de Saint Arnaud au sujet de la campagne de kabylie: combats, massacres, incendies et pillages; un carnage dans les tribus.
On relèvera en particulier cette phrase tirée d'une de ses lettres:
"Voici une campagne comme je n'en ai point encore faite en Afrique, malgré mes quinze années de vie militante"
Je joins ici un lien vers la la fiche Wikipédia du général de Saint Arnaud, qui fournit un aperçu sur ce personnage au sujet duquel Victor Hugo a dit 'qu'il avait les états de service d'un chacal'.
Constantine, lettre du 12 et 22 février 1851"...
Cher frère, tu crois à un répit pour ma rentrée en France. J'en serai bien satisfait, si je puis faire mon expédition en Kabylie; ma position sera faite mon expédition de Kabylie; ma position sera faite au retour, et je pourrai voir, à Paris, se dessiner mon but final: le gouvernement de l'Algérie.
Le gouvernement donne la préférence à l'expédition de la grande Kabylie; je regarde l'expédition de la petite Kabylie comme plus opportune et plus facile. Qui aura raison?
"
Constantine, lettre à son frère du 21 mars 1851
"
Cher frère, le courrier de France nous apporte une nouvelle qui n'est que justice, la promotion du général Exelmans au maréchalat. Et moi, je fais l'expédition de Kabylie. Mes idées sont adoptées, on me les tronque un peu, mais je me contente de la part qu'on me laisse.
...
Je fais venir à Milah Bou-Akkas (ndlr: Bou Akkas Ben Achour) et les frères Ben-Azzedin. Il faut que je fasse causer ces chefs. Mon intention est d'entrer à Djidjelli le 13 Mai. C'est le 13 Mai 1839 que j'y entrais le premier à la tête de  ma compagnie de voltigeurs.
...
"Constantine, Lettre à son frère du 12 avril 1851
"
...
J'ai une colonne superbe, forte de douze bataillons qui forment deux brigades, sous les ordres des généraux Luzy et Bosquet. Je suis prêt, à tout évènement, à me porter sur le Djurdjura par Sétif ou sur Djidjelli; mais je crois que c'est à Djidjelli que j'irai. Dans tous ces cas, je ferai une belle et utile expédition. Peut-être en ferai-je deux?
Blangini a porté son quartier général à Aumale avec dix bataillons; le général Camou vient à Sétif avec quatre autres, pendant que Bosquet m'accompagne.
...
"
Constantine, lettre à son frère du 22 avril 1851
"
...
tu connais les gouverneur avec lequel je suis dans les meilleurs termes. Il m'accorde tout ce que j'ai demandé; ses instructions pour la campagne s'accordent avec mes projets. Ma colonne sera réunie à Milah le 8, j'entrerai dans la montagne le 10, le 12 et le13 j'aurai déjà frappé de grands coups, et le 16, je veux être à Djidjelli.
"
Constantine, lettre à son frère du 2 mai 1851
"
La guerre que j'entreprends sera sérieuse, frère; de Milah à Djidjelli, de Djidjelli à Collo, j'aurai devant moi dix mille fusils qui défendent un pays difficile. Je n'ai que sept mille baïonettes et de jeunes soldats. Ces conditions n'altérent pas ma confiance dans le succès. Je fraperai des coups si vigoureux et si rapides, que les Kabyles auront bientôt perdu leur audace.
...
"
Au bivouac de l'Oued L...., les 9 et 10 mai 1851, lettre à Madame de Saint Arnaud
"
Chère amie, je ne désirais que deux choses: tes lettres et le beau temps. Je les ai toutes les deux. Après-demain, je battrai les kabyles, non dans le brouillard, mais au grand soleil...Nous sommes dans un délicieux bivouac.
...
Bou-Akkas et les frères Ben Azzedin sont à mon camp et pleins de confiance comme tout le monde. Les affaires s'embrouillent fort du côté de Sétif et de Bougie, et il est temps que je frappe des coups décisifs pour arriver à Djidjelli et rétablir les affaires. Les Kabyles m'attendent au col des Beni-Askar. J'ai été visiter les positions qu'ils défendent. Elles sont superbes à attaquer et à enlever, et demain, à dix heures du matin, ce sera une affaire faite.
"
Au bivouac d'El Aroussa, lettre du 12 Mai 1851 à Madame de Saint Arnaud"
"
Je suis bien fatigué, mais bien portant et je puis t'écrire quelques lignes. J'ai eu une belle affaire. Nous avons enlevé avec une grande vigueur des positions très fortes, défendues par quatre à cinq mille Kabyles. Les troupes et les officiers ont été admirables
...
Je viens d'accomplir un triste devoir: je sors de l'ambulance où j'ai été visiter, encourager mes braves blessés, officiers et soldats. J'ai sept officiers à l'ambulance et soixante-trois soldats. Les Kabyles ont perdu plus de trois cents des leurs. Ils avaiant promis de venir m'attaquer cette nuit et ils ne l'ont pas osé. Tout le monde a dormi tranquille.
Je fais séjour aujourd'hui pour reposer mes blessés et battre à mon aise les Kabyles qui sont dans les bois autour du camp, et qui essayeront de  défendre leurs maisons que je brûlerai. Les troupes sont pleines d'ardeur.
PS: mes colonnes viennent de partir, et de ma tente, en t'écrivant, je vois brûler les villages arabes. J'espère que la leçon sera bonne et leur profitera.
"
Lettre du 15 Mai 1851, du bivouac de Koumar, à son frère M Leroy de Saint Arnaud avocat à Paris
"
Cher frère, depuis que j'ai quitté Constantine, j'ai été bien occupé. Tu t'en es aperçu à mon silence. Voici une campagne comme je n'en ai point encore faite en Afrique, malgré mes quinze années de vie militante.
de Milah à Djidjelli, dont je ne suis plus séparé que par cinq lieues, j'ai trouvé les Kabyles en révolte et en armes. Partout, depuis le 11, et tous les jours j'ai eu  cinq mille fusils devant moi, derrière moi, sur mes flancs. J'ai un convoi de quinze cents têtes, et une colonne  tenant plus de deux lieues de longueur à cause des chemins étroits que je dois suivre. Je ne sais comment je n'ai point éprouvé quelqu'échec partiel. J'ai passé partout, brûlant les villages ennelis sur mon passage. les 11, 12, 13, 14 et 15, je me suis battu depuis cinq heures du matin jusqu'au soir. LE 11 j'enlevais les cols des Ouled Askar que les Kabyles avaient fortifiés et défendaient avec quatre mille fusils. Je ne suis arrivé à mon bivouac d'el Aroussa qu'à six heures du soir et mon arrière garde à neuf heures, toujours se battant. Le 12, je suis resté à Al Aroussa pour faire reposer mes troupes et répandre autour de moi la terreur. Le 13 a été une journée difficile. J'ai eu, dans les bois qu'il m'a fallu traverser, cinq mille Kabyles toute la journée sur les bras. Deux compagnies du 10e de ligne, régiment neuf, se sont laissés surprendre  par une charge de cinq à six cents Kabyles parvenus à se glisser autour d'elles: cinq officiers et quarante soldats ont payé cette faute de leur vie.
Le 9e, en dégageant les compagnies compromises, a tué plus de cent Kabyles: chance de guerre qui ne doit pas troubler un chef.
...
La pluis tombe à torrents; c'est un déluge. Cela ne me favorise pas pour la journée de demain, à cause de mes blessés. Je rentre à Djidjelli avec deux cents soixante-dix blessés et quatre vingt dix sept tués. Toutes ces pertes sont peu nombreuses pour cinq jours de combat, si l'on songe aux difficultés du pays, à la lourdeur de ma colonne, mais c'est beaucoup pour l'Afrique.
J'espère que demain je me battrai peu. Le pays est découvert; les Kabyles ne s'exposeront pas, et , si je puis passer les rivières, je serai à Djidejlli à trois heures.
Tu vois la valeur des opinions sur la prétendue promenade militaire que j'allais entreprendre. Vous irez à Djidjelli, me disait-on, en vous promenant le fusil sur l'épaule. Toute la rive gauche de l'Oued Sahel est en armes, la route de Bougie à Sétif interceptée, les Beni Seliman, que j'ai soumis il y a deux ans, sont révoltés. Bougie a été attaquée le 11.
...
Les gros intérêts sont à Bougie et Sétif, qu'il faut dégager et relier. La résistance que j'ai trouvée ici n'est que le reflet de la révolte de Djurdjura et de l'Ouad Sahal. Tout cela est grave, frère, et me voici en campagne pour longtemps.
...
"
Lettre à son frère, du bivouac de Dar El Guidjely, le 20 Mai 1851
"
...
Nous faisons une guerre sérieuse, la résistance est générale et bien organisée.
...
Hier, mon camp était entouré de Kabyles se tenant sur les hauteurs, à une lieue et demie. J'ai choisi les plus gros paquets, et avec teois colonnes sans sacs, de trois bataillons chacune, je les ai attaqués. Toutes les positions ont été enlevées à la baïonette. Ma cavalerie a fait un heureux mouvement. Elle s'est trouvée en face et à portée des Kabyles que nous rabattions dans la plaine. Beaucoup de fusils de prix ont été ramassés, ce qui prouve la valeur des pertes de l'ennemi.
...
6 heures du soir
Cher frère, encore un mot avant de fermer ma lettre. Je t'écrivais, ce matin, que je me réservais de traiter les contingents, comme les tribus: c'est une chose faite et bien faite.
Avec deux attaques d'infanterie en tête et sur la droite, j'ai amusé les Kabyles; puis massant ma cavalerie dans un pli de terrain, j'ai commencé la charge au signal d'un coup de canon. L'ennemi culbuté, acculé à un ravin, ne pouvait trouver d'issue que par la plaine, où la cavalerie le sabrait sans pitié. Plus de trois cents ennemis ont mordu la poussière, et je n'ai cette fois que deux ou trois tués et quelques blessés. ç'a été une brillante affaire. Elle a déjà porté ses fruits. Les Beni Amram, les Beni Ahmet, sont à mon camp encombré d'armes ramassées sur le champ d bataille.
"
Lettre à M de Forcade, au bivouac de ..., le 25 Mai 1851
"
Cher frère, au moment où tu m'écrivais ta lettre du 11 mai, j'entrais dans les montagnes de la Kabylie. Les journaux te raconteront les détails de mon expédition, une des plus rudes et des plus belles qui aient été entreprises en Afrique...Depuis le col franchi le 11, jusqu'à Djidjelli où je suis arrivé le 16, je me suis battu presque tous les jours, de cinq heures du matin jusqu'à sept heures du soir; j'ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés. Nous avons passé le 14, non loin du lieu où l'armée du Bey Osman avait été complètement détruite en 1804. Les Kabyles avaient annoncé qu'ils feraient subir le même désastre à ma colonne. J'ai passé le fer à la main. J'ai fait reposer ma colonne à Djidjelli le 17 et le 18, et je suis reparti le 19, pour soumettre les tribus au sud de la ville. J'ai été m'établir au milieu des Beni Amram, la plus grande tribu du cercle. Mon bivouac était entouré de tous les contingents du pays. Le 19, j'aipoursuivi les Kabyles pendant deux lieus, en leur tuant cent vingt hommes, mais la journée du lendemain devait leur coûter bien plus cher. en effet, le lendemain 20, j'ai pu livrer une vraie petite bataille. Les Kabyles, au nombre d'environ deux mille, avaient fait la faute de s'entasser sur une longue crête boisée, défendue à guche par un ravin profond et à droite par une plaine accidentée, qui permettait de tourner la positionet d'arriver par derrière jusqu'au ravin de gauche. D'un coup d'oeil j'ai vu la faute et de suite j'en ai profité. J'ai ordonné au général Bosquet d'amuser avant l'ennemi par une fusillade, et d'attendre mon signal pour charger. Puis j'ai envoyé dans le ravin le bataillon de tirailleurs indigènes. Toute la cavalerie, soutenue par le bataillon de chasseurs à pied, était massée à l'entrée de la plaine, derrière un pli de terrain. Au signal d'un coup de canon, toutes les troupes se sont élancées au pas de charge. La cavalerie a été couper la retraite aux Kabyles à plus de deux kilomètres, et les a rejetés dans un ravin et sur les baïonettes des zouaves. Alors ce n'a plus été qu'une déroute et un massacre. Quatre cent trente et un Kabyles comptés sont restés sur le terrain. On  a rapporté au camp cent cinquante fusils, quatre-vingt dix yatagans, des centaines de burnous. Depuis ce jour, la grosse guerre est finie près de Djidjelli. Les Beni Amran, les Beni Ahmed et toutes les tribus du sud de Djidjelli se sont soumises. Dans les combats du 19 et du 20, je n'ai eu que trois hommes tués et trente-cinq blessés.
J'attaque maintenant et je soumets les Beni Foughal et les tribus à l'Ouest de Ddjidjelli, puis je repartirai pour l'est en marchant sur Collo.
...
"
Lettre à Madame de Saint Arnaud, du bivouac de ...., le 25 Mai 1851
"
...
Gérard (note1: il s'agit du Chasseur de Lions) , Androclès, comme l'appelle Fleury, te remettra fusil, yatagan et cartouchière, qui ont le mérite d'avoir été arrachés à des ennemis qui les défendaient
...
"
Lettre à son frère, écrite au bivouac, sur l'Oued Bou Kchaïd, le 6 juin 1851
"
...
comme je te l'écrivais rapidement le 2 juin, je  n'ai plus eu de coups de fusil depuis le 27 Mai. Les Beni Foughal ont effrayé et entrainé dans leur soumission les tribus plus faibles en redescendant vers Djidjelli. Ce qui restait encore d'insoumis dans la partie ouest la plus considérable s'est résolu à la soumission. L'autre partie, qui devait venir à Djidjelli, a suivi la méthose arabe; voyant le danger passé avec ma colonne, ils ne parlent plus de se soumettre. J'y retourne, ce sera l'affaire de huit jours.
"
Lettre à Madame de Saint Arnaud, écrite au bivouac, sur l'Oued  Menchar, le 18 juin 1851
"
...
Bou-Akkas est venu me voir à Djidjelli. C'est un homme habile, plein de tact et de finesse, que je crois sincère et qui m'a bien servi. Il va à la mecque faire son pélerinage.
"
Les lettres dont j'ai reproduit des extraits ici se trouvent de la page 315 à 337.
Vous trouverez de plus en fin du livre, de la page 507 à 523, un appendice reprenant les principaux passages extraits des rapports du général Randon au sujet de l'expédition de Kabylie - cet appendice fournit une rédumé rapide de la campagne.

Références

Lettres du Maréchal de Saint Arnaud, tome second

Michel Levy Frères, Paris, 1855

Un original de ce livre est disponible à la bibliothèque cantonale de l'Université de Lausanne. Une version numérisée de ce livre est téléchargeable ici.

(le tome premier de ces lettres est téléchargeable ici.)

http://www.benifoughal.com

Commentaires   

casino
# casino 12-05-2016 15:29
oui d'accord mais à choisir entre les colons d'avant et ceux actuels qui choisir .
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igilgilli
# igilgilli 25-02-2015 11:04
.
Saint arnaud à Beni-amran et Beni-Ahmed (mai 1851)

L'éloignement de nos troupes avait rendu l'audace et la résolution aux contingents kabyles accourus au secours des tribus attaquées; ils s'étaient abandonnés si aveuglément aux illusions de l'espérance, qu'ils s'étaient avancés en masses nombreuses jusqu'à quelques lieues de Djidjelly, se flattant de tirer vengeance des défaites de leurs compatriotes, si nous tentions de les attaquer dans la forte position où ils étaient venus se retrancher.

Le général en chef jugea utile de leur donner une leçon aussi rapide que sévère. Notre division reçut l'ordre de se préparer à entrer en campagne le 19 au point du jour; à onze heures elle avait atteint le plateau de Dar-El-Guidjali au milieu du riche territoire des Beni-Amram ; un fort parti ennemi occupait sur la gauche une ligne de hauteurs, éloignée d'environ deux kilomètres, au centre de laquelle se trouvait, près d'un camp fortifié à la hâte, le passage qu'il fallait franchir.

Le général donne l'ordre au corps expéditionnaire d'établir son camp sur ce plateau, et commandant à six bataillons de déposer leurs sacs, il en forme trois colonnes: une reste sous ses ordres ; les deux autres sont confiées à la direction des généraux Luzy et Bosquet; une partie de la cavalerie doit appuyer le mouvement.

A midi, les trois colonnes se mettent en marche et descendent le versant de Dar-El-Guidjali d'un pas rapide; arrivées au pied des positions ennemies, les trois colonnes s'élancent sur les rampes, les gravissent avec une ardeur devant laquelle toutes les difficultés disparaissent, et abordent l'ennemi avec une telle impétuosité qu'il ne peut soutenir le choc ; renversé de toutes ses positions, il se rallie; il tente d'effectuer sa retraite en ordre en la couvrant d'une vive fusillade, et, lorsque nos soldats la pressent trop vivement, en opérant sur eux des retours offensifs; mais le colonel Bouscarin, qui est parvenu à tourner ses positions avec la cavalerie, apparaît devant lui et le charge énergiquement en tète, tandis que nos soldats, stimulés par ce concours imprévu, fondent sur ces masses confuses avec un redoublement d'ardeur.

Les Kabyles, ainsi pris entre la pointe de nos baïonnettes et le tranchant de nos sabres, se jettent avec épouvante dans toutes les directions où ils espèrent échapper à la mort. Cent vingt cadavres restèrent sur le champ de bataille ; ce succès ne nous coûta que deux hommes et trente-un blessés.

Ces positions avaient été défendues par plus de deux mille fusils, appartenant aux tribus des Beni-Amran, des Beni-Ahmed [...]. Cette défaite ne découragea point cet ennemi acharné; loin de se disperser, il se rallia, le soir même, sur une nouvelle ligne de défense occupée par les nombreux guerriers de la tribu des Beni-Foughal et de leurs alliés, dont les positions conquises ne formaient, pour ainsi dire, que les avant-postes.


Sources: "Histoire de l'Armée et de tous les régiments »
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igilgilli
# igilgilli 25-02-2015 11:10
Le général en chef, résolu à ne pas laisser s'effacer l'impression profonde sous laquelle ce premier échec a dû placer l'ennemi, va, dès le point du jour, avec un détachement de chasseurs, reconnaître la disposition des lieux où se trouvent concentrées les forces kabyles.

La ligne, dont elles occupent tous les points saillants, est formée d'une chaîne de crêtes, presque toutes couronnées par de hautes futaies. Elle présente un développement d'environ deux mille mètres, et offre tous les avantages d'une excellente position stratégique. Un énorme ravin couvre la gauche, une plaine assez vaste s'étend sur la droite, mais la raideur des pentes qu'elle présente peut sembler une protection suffisante. Le général pressent cependant que la se trouve la partie vulnérable de celte forte position, et porte presque exclusivement de ce côté son exploration; il reconnaît bientôt, en effet, que la configuration des lieux sur l'arrière de cette ligne constitue un grave danger pour l'ennemi; les hauteurs où ses forces sont portées s'abaissent en arrière vers un petit vallon qui s'ouvre sur la plaine et dont le col va rejoindre et commande le ravin de gauche.

La cavalerie jetée dans la plaine peut pénétrer dans ce vallon et gagner aisément le col. L'ennemi se trouve donc menacé, en cas de revers, d'avoir sa retraite brusquement coupée.

Le général Saint-Arnaud regagne le camp, son plan d'attaque est arrêté. L'ordre est donné à huit bataillons, sans sacs, de prendre les armes; quatre obusiers et toute la cavalerie doivent concourir à l'attaque. Ces forces quittent le camp à onze heures ; à midi elles se trouvent en présence de l'ennemi. Le général Bosquet, chargé d'exécuter le mouvement de front avec deux bataillons d'élite, jette les zouaves en tirailleurs dans un terrain boisé d'où ils occupent l'attention de l'ennemi par une fusillade sans autre importance réelle.

Pendant ce temps, la cavalerie se masse dans un pli de terrain et le bataillon de tirailleurs indigènes s'approche de la gauche dont il doit gravir les pentes abruptes. Le général Saint-Arnaud, resté avec un bataillon de réserve, donne l'ordre d'attaquer; c'est un coup d'obusier qui transmet ce commandement aux troupes impatientes.


A ce signal toutes ces forces s'ébranlent à la fois. Le général Bosquet, l'épée à la main, prend la tête du 8e de ligne, et s'élance vers la crête, que les zouaves assaillent à droite avec une irrésistible ardeur; les tirailleurs indigènes s'attachant aux rocs, se prenant aux broussailles, gravissent les escarpements de gauche avec une ardeur et une rapidité effrayantes ; la cavalerie, que le 2e bataillons de chasseurs à pied suil au pas gymnastique, se précipite vers l'entrée du vallon, y plonge et, sabrant tout ce qui veut s'opposer à son passage, gagne le col, où les chasseurs à pied arrivent aussitôt qu'elle. Les Kabyles, enveloppés par ce mouvement rapide, se trouvent inopinément attaqués de trois côtés à la fois par des forces qui, se resserrant sur eux , ne leur laissent d'autre retraite que le ravin profond où elles veulent évidemment les jeter.

Le combat prend alors le caractère de la plus furieuse violence. Dans l'alternative de se faire tuer ou de tenter la périlleuse voie de salut que leur offre cette espèce de précipice, les Kabyles ne peuvent d'abord se résoudre à fuir, ils luttent avec l'acharnement du désespoir, disputant chaque pied de terrain qu'ils n'abandonnent que rougi de leur sang et couvert de leurs morts; ce n'est qu'au moment d'être culbutés dans le ravin, qu'ils se décident à s'y dérober à la ceinture de fer que nos baïonnettes et nos sabres ferment sur eux. Ils glissent, se précipitent au fond de cette gorge étroite où leurs masses, s'agitant en désordre et roulant dans la confusion de la terreur, sont obligées de défiler sous le feu de nos bataillons. Le sol reste couvert de trois cent quatre-vingts de leurs cadavres.





Source: "Histoire de l'Armée et de tous les régiments »
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MedSouilah
# MedSouilah 25-02-2015 06:41
Etant très jeune, habitant les Bénifoughales, je me suis toujours demandé pourquoi, les habitants de cette région appelaient la ville d'El-Eulma, "SATARNO", qui veut dire St Arnaud !
C'est par la suite, que j'ai appris, le fameux décret de création d'un village nommé saintarnaud en 1862, Nom de ce criminel, qui n'est jamais venu dans cette région d'El Eulma)
...........................................................................
ART 1 :il est créé dans le département de CONSTANTINE ,au lieu dit « Taftikia », sur la route de Constantine à SETIF ,a 28 km de la dernière de ces deux villes ,un centre de population de 40 feux qui prendra le nom de SAiNT-ARNAUD. http://www.el-eulma.com/satarno/histoire_d'ElEulma.htm

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أقموم أدالريشة
# أقموم أدالريشة 25-02-2015 01:41
"... j'ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés."

لم أر في حياتي منافقين مثل هؤلاء الوحوش الفرنسييون. باسم الحرية و الإخاء و المساواة يحرقون مئات القرى، يدمرون البساتين، ويقطعون أشجار الزيتون المباركة. و يتبجحون بذلك كأنهم حققوا غنجازات عظيمة. ولم يعلموا أن التاريخ سيلعنهم.
"وَإِذَا تَوَلَّى سَعَى فِي الأَرْضِ لِيُفْسِدَ فِيِهَا وَيُهْلِكَ الْحَرْثَ وَالنَّسْلَ وَاللّهُ لاَ يُحِبُّ الفَسَادَ (205) وَإِذَا قِيلَ لَهُ اتَّقِ اللّهَ أَخَذَتْهُ الْعِزَّةُ بِالإِثْمِ فَحَسْبُهُ جَهَنَّمُ وَلَبِئْسَ الْمِهَادُ (206) سورة البقرة.
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igilgilli
# igilgilli 24-02-2015 22:42
Saint Arnaud le roi des enfumades,
Les premières périodes de la colonisation des babors étaient parmi les plus meurtrières, St Arnaud se vantait dans se correspondances du nombre des villages brulés dans la vallée de oued el Kebir.
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MedSouilah
# MedSouilah 24-02-2015 22:26
Nous devons à l'obligeance de M. MERLE, d'Alger, deux lettres inédites du Capitaine de Saint-Arnaud. Elles sont adressées à son ami, le Chef d'Escadron Louis Morris, qui était alors à Alger, au 1er Régiment de Chasseurs.
Elles sont datées de Djidjelli (on écrivait alors Jigelli), les 19 Mai et 17 Juin 1839, c'est-à-dire au lendemain de la prise de la ville. Elles traduisent, dans un style de conversation à allure militaire, sans fard et sans recherche, l'état d'âme de nos officiers, constamment aux prises avec le danger, et n'échappant à la mêlée, tout frémissants encore de la bataille, que pour confier aux amis chers leurs émotions, leur mépris du danger, leurs espérances aussi, avec tout l'élan généreux d'un cœur affectueux et passionné.

www.djidjelli.info/deux-lettres-inedites-du-capitaine-de-saint-arnaud-djidjelli-1839/



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MedSouilah
# MedSouilah 24-02-2015 22:24
Voici un document décrivant les campagnes menées par le général de Saint-Arnaud en 1851 en kabylie orientale. Ce texte est un classique du genre, qui présente tous les combats comme des 'affaires rondement menées', qui omet scrupuleusement de détailler le rapport des forces en présence et ne dénombre pas les soldats français blessés ou tués dans les combats - l'auteur se borne à dire que les Kabyles ont exercé "la plus énergique résistance".
Toutefois, ce qui est intéressant ici est le niveau de détail du récit, un grand nombre de tribus de la région sont citées, ce qui permet aussi de bien visualiser la progression des troupes françaises jour après jour.



www.benifoughal.com/histoire/conqu%C3%AAte-et-colonisation/r%C3%A9sum%C3%A9-des-guerres-d-afrique-1851-campagnes-de-st-arnaud/
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    Foughali Foughali 10.12.2016 14:35
    Salut christine Allah yarham ta voisine Ceci dit, le cancer est un fléau des temps modernes.... Juste ...

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  • Des Produits Jijelliens au Canada...
    Foughali Foughali 10.12.2016 14:25
    petit détail.... Je ne pense pas que c'est de la mandarine.... Je crois que plus personne n'achète ...

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  • Communiqué: Erreur de connexion...
    MedSouilah MedSouilah 10.12.2016 13:51
    J'avais exposé ce problème aux experts joomla, en début de l'année, certes, ils avaient proposé ...

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  • Des Produits Jijelliens au Canada...
    Foughali Foughali 10.12.2016 11:51
    salut Dzira certes, c'est trop cher pour un algérien avec un salaire de petit fonctionnaire ou ...

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  • Des Produits Jijelliens au Canada...
    dzira dzira 10.12.2016 05:09
    1,79 $ la livre (454g) et non le kilo.donc,si on convertis le dollar au dinar,454 g de clementine ...

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  • Jijel: Manifestations du 11 décembre 1960
    MedSouilah MedSouilah 09.12.2016 20:49
    Une autre... http://nsa38.casimages.com/img/2016/12/09/161209090627760731.jpg

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  • Jijel: Manifestations du 11 décembre 1960
    MedSouilah MedSouilah 09.12.2016 20:44
    Ne s'agit t-il pas de l'école BOUMAAZA Mohamed?

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  • Jijel: Manifestations du 11 décembre 1960
    MedSouilah MedSouilah 09.12.2016 19:03
    Dans le célèbre film d'Agnès Varda, Cléo de 5 à 7, réalisé en 1962, un flash de la radio démarre ...

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  • Damas libère encore un bastion des terroristes à Alep-Est (Vidéo).
    jijel.jijel jijel.jijel 09.12.2016 18:15
    Oh, Christine...!!! http://petitemimine.p.e.pic.centerblog.net/m/0a0902f3.jpg

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