La légende du Babor...

Coutumes & Traditions : Les Légendes de l’autre rive du fleuve.

avec l'accord de Marcel Simonet, webmaster du site www.écoles-agriculture-algérie.org Un grand merci à mon ami Paul ISEL conteur patenté, grand spécialiste des légendes et histoires de terroir

Le djebel Babor, ce promontoire qui s’élève à 2004m d’altitude au beau milieu de la Petite Kabylie, à 9 km au nord de Sétif, est limité par les oueds El Kebir et Sahel. De par son relief particulier, un immense navire la coque renversée, sa flore exceptionnelle et son nom, invitent au mystère. De tout temps, cette montagne a excité l’imaginaire de la population environnante. Comment alors ne pas être sensible aux légendes qui occupèrent les veillées….peut-être encore aujourd’hui. Au cours d’un entretien avec Madame Joséphine RUNTZ-BOUSQUET, native Tizi N’Béchar, j’ai recueilli l’une d’entre elles. Je serai neutre, je ne dirai pas celle qui se rapproche le plus de la réalité. Laissons la parole à notre amie : - « En préambule, il faut savoir que Babor, en arabe, veut dire bateau. » Voici la légende du Babor.

Il était une fois un bateau immense, si grand que jamais personne n’en avait vu de pareil, il y a…..le millésime oublié compte peu. Ses proportions inaccoutumées provoquèrent l’étonnement des gens de mer qui s’enfuyaient à son approche. Tous craignaient cette masse qui pouvait s’abattre sur leurs frêles esquifs et les pulvériser. Alors que nombre d’armateurs convoitaient ce vaisseau, son propriétaire avait choisi, profitant de l’énorme capacité de son armement, de voguer à travers toutes les mers du globe avec à son bord une foule de voyageurs pour un périple sans fin. Dans quel but ? Nul ne le savait ! Seul le commandant à bord eut pu le dire ! Un parchemin scellé à la cire, rompu au large du port d’attache le lui avait appris ; mais l’ordre lui enjoignait expressément de laisser dans l’ignorance tout subalterne.


En navigant dans les mers antarctiques, le navire s’était couvert de glace, les mâts en étaient lourdement chargés. Croisant en Méditerranée, au large de la Cote d’Azur, son climat tempéré n’eut pas raison de cette gangue de glace.
A bord, il était surprenant de constater que les passagers portaient barbes importantes et cheveux longs, ce qui les laissait dans un anonymat complet.
Se trouvant au large des côtes kabyles, ce navire géant fut pris dans une effroyable tempête.
Alors le bâtiment se mit à tanguer fortement, les vergues s’inclinaient sous le vent. Les voiles claquaient, se fendaient dans la largeur, s’envolaient en loques.
Les vagues écumaient, s’élevaient de plus en plus, déferlaient dans un vacarme de fin du monde. Un coup de vent plus fort que les autres, arracha le grand mât et le bateau démâté bascula dans l’onde amère. Un remous le désempara, le roula, désormais vaincu à la merci des flots rageurs.
Maintenant la grande mangeuse, furibonde, à l’approche de la côte se colletait avec les eaux tumultueuses et boueuses d’un fleuve. A son embouchure un raz de marée prit le navire dans ses rouleaux et s’en joua comme d’un fétu de paille à travers les récifs sournois. Une ville s’apercevait sur la côte. A cette vue, les malheureux passagers pris par l’angoisse, se mirent à espérer. Tous élevèrent leurs supplications vers le Régisseur des mondes qui crée et apaise les tempêtes. En réponse, une vague formidable prit le bateau, le souleva dans sa trajectoire, le projeta dans les airs à une très grande hauteur et le poussa au plu s loin retombant sur le sol.
Cet évènement, qui se situait au sud des villes ctuelles de Bougie et Djidjelli, changea l’aspect de la contrée. La coque se renversa et ses débris recouvrirent une zone de terres arides, incultes, où il n’existait aucune trace de vie humaine, où nul village n’égayait l’uniformité de la plaine, limitée par des montagnes.
Quelques naufragés, favorisés par la chance, purent se dégager de la masse de fer, de bois et de glace, pendant que l’équipage et le reste des passagers
trouvaient la mort par asphyxie et par écrasement. Les survivants, étreints par la crainte d’un retournement de la carène, ce qui les eût infailliblement ensevelis, allèrent s’établir à une distance suffisante pour ne plus avoir rien à redouter d’elle. Les morts avaient dans l’épave un cercueil monumental ! Les ans, les siècles apportèrent le sable et la terre nécessaires à l’enfouissement total de la coque. Extraordinairement, la luxuriante pilosité des passagers, maintenant morts, croissait, se frayant un passage par toutes Les fentes des planches disjointes de la carcasse. La glace avait fini par fondre et abreuva les terres desséchées.
Un miracle s’était accompli : « La montagne du Babor était créée !!! »
La puissance du Détenteur de tout pouvoir fit fructifier les cheveux et les barbes, Il les transforma en arbres superbes. De ce jour naquit le « Pinus Baboriensis >> ou Pin du Babor*. Ce conifère qui a les aiguilles du pin et les branches horizontales du cèdre ne se trouvent nulle part ailleurs. La pomme de pin, c'est-àdire le cône est pointu, beaucoup plus allongé que celui du pin d’Alep (Pinus halepensis). Le pays du Babor, dès lors, eût une flore exceptionnelle et une faune rare.
N’oublions pas que Joséphine a été enseignante : alors elle enchaîne…. Le Babor, cette masse énorme à laquelle un renflement assez prononcé donne la forme d’une ellipse, s’étend d’est en ouest sur une distance de 4km, à une altitude de 2004m. Ses flancs sont couverts d’un beau peuplement de chênes zeens, de chênes verts, de cèdres, de sapins et bien sûr de pins du Babor.

Le sous-bois présente une végétation luxuriante : bruyères, genêts, cyclamens, glaïeuls, soucis, jonquilles ….et aussi des orchidées…. Et de se souvenir lorsqu’elle fut Guide: Dès notre première excursion, nous sommes tombés sur un champ de pivoines. Un véritable enchantement ! Nous faisions des expéditions vers cette montagne qui nous émerveillait ; des mulets transportaient le matériel : guitounes, vivres, eau, ustensiles de cuisine, etc.… Nous montions à pied, un sentier en lacet, assez pénible. Mais quelle récompense là-haut ! « Ma Mer **» à nos pieds et au loin tous les villages, la plaine, un émerveillement !
Une fois nous avions fait une sortie scoute, avec sac à dos et cela pour plusieurs jours. Nous rejoignîmes à flanc de montagne le chalet « Dussais » possédant un
gîte et une source. Que de souvenirs merveilleux, de découvertes en découvertes !
Parfois nous faisions des sorties accompagnées notre professeur de Sciences naturelles, Monsieur Champagne, qui nous transmettait son savoir en nous
faisant découvrir la flore si particulière du site. Une anecdote : en juillet 1943, j’avais vingt ans, nous étions dans ce gîte, lorsqu’un matin je vois surgir un mulet monté par Chouéar, notre métayer. -« Que ce passe-t-il Chouéar? » lui demandais-je inquiète.
-« Ton père m’a chargé de venir te chercher, tu dois partir tout de suite. Demain matin, Robert *** doit embarquer à Alger et souhaite te voir avec ses

parents. » Sous le ton ferme de Chouéar je dois quitter le camp. Il me fait monter sur la bête, lui conduisant avec une grande attention, toujours prévenant.
En toutes occasions, il rappelait à qui voulait l’entendre –« Monsieur Bousquet m’a confié une mission : aller chercher sa fille au Babor, vous voyez la confiance qu’il a en moi ! »
Je n’ai jamais hésité une seconde pour le suivre tellement moi aussi j’avais confiance en lui.
Une autre fois, alors que mes sœurs faisaient leur toilette à la source, des singes leur ont jeté des cailloux. Prises de frayeur, elles se sont enfuies, mais en revenant un instant après, plus de savons, plus de linge, ils avaient tout emporté !
C’est là-haut que j’ai été émerveillée par une mer de nuages. Que c’était beau !!
Là-haut, loin de tout, dans une étrange atmosphère, parmi les odeurs particulières, c’est là que j’ai ressenti l’éternité. Depuis des siècles tout est là et après nous tout sera là. » » * Il existe aussi le Sapin de Numidie (Abies numidica) espèce endémique du Babor et du Tababor ** Il s’agit bien évidemment de la Méditerranée. ***Robert, à son retour de guerre, qu’il a fait en tant que pilote de la RAF, épousera Joséphine Bousquet. (Notes de la rédaction) Une autre version, beaucoup plus laconique nous vient d’un conteur patenté, grand spécialiste des légendes et histoires de terroir, Paul ISEL, originaire de Sétif et de Djidjelli. Il nous a déjà fait l’honneur de paraître dans les pages de notre site : -« « Une hypothèse concernant le nom Babor ou Babour: le chef Vandale
Gélimer (je crois) aurait été vaincu sur le Mont Papoua, prononcé par les Arabes "Baboua", qui aurait donné par la suite "Babou-ha" puis "Babour".
Et Babor » ».

Paul Isel.

Coutumes & Traditions : Les Légendes de l’autre rive du fleuve
Posté par Mohamed le 17/3/2009 22:40:00
Les Légendes de l’autre rive du fleuve

Vous devez vous ---« inscrire »---pour pouvoir poster un commentaire.

Connexion

Votre publicité ici !

Devenir annonceur sur ce site: Espace publicitaire compatible avec différents formats et à des tarifs très attractifs. حملة إعلانية تعني النجاح. لإعلاناتكم على بوابة الموقع اتصلوا بنا Ecrire à : contact@jijel.info

Prévisions Météo

Jijel: Les grands projets en images...

Espace pub: TOUR BENZIADA " Avancement des travaux"

Retour sur une page d'histoire.

Le projet Bellara

Le projet Bellara,
Donnez votre avis

  • PÉNÉTRANTE AUTOROUTIÈRE DE JIJEL: Un premier tronçon livré avant fin 2017
    jitex jitex 30.04.2017 16:20
    Y a t il un pilote dans l'avion de cette région oubliée de tous

    Lire la suite...

     
  • Constructions illicites à Jijel: Des situations intolérables
    Foughali Foughali 28.04.2017 22:02
    Salut yasmine Pour vous consoler ( peut être ?).... Sachez que c'est la même chose partout en Algérie ...

    Lire la suite...

     
  • Revenons à Bordj Blida...
    Foughali Foughali 28.04.2017 21:51
    Saluuuuut Je crois que le passé n'était pas mieux que le présent...,souvenez vous.... Par contre, le ...

    Lire la suite...

     
  • Revenons à Bordj Blida...
    jijel.jijel jijel.jijel 28.04.2017 14:08
    La ferme ANDREU et la plage dans les années 5O! https://img4.hostingpics.net/pics/291713andreu.jpg

    Lire la suite...

     
  • Revenons à Bordj Blida...
    MedSouilah MedSouilah 28.04.2017 07:21
    http://nsa37.casimages.com/img/2017/04/28/17042807441439954.png

    Lire la suite...

     
  • Constructions illicites à Jijel: Des situations intolérables
    yasmine yasmine 27.04.2017 18:47
    Monsieur Le wali , on laisse des batisses pousser sur l'intineraire de voies publiques et projets ...

    Lire la suite...

     
  • JIJEL: Une saison estivale compromise ? vidéo.
    MedSouilah MedSouilah 27.04.2017 17:16
    http://nsa37.casimages.com/img/2017/04/27/170427053822857543.png

    Lire la suite...

     
  • Photo unique de la Salamandre, au nord du phare, et le Banc des Kabyles,
    jijel.jijel jijel.jijel 27.04.2017 15:05
    Le problème n'est pas de croire ou de ne pas croire. Il s'agit tout simplement de demander aux plus ...

    Lire la suite...

     
  • JIJEL: Une saison estivale compromise ? vidéo.
    MedSouilah MedSouilah 27.04.2017 14:27
    Très bonne idéé Yasmine. Je viens de rajouter une vidéo qui apparaitra dans un moment... Impressionnante.

    Lire la suite...

     
  • JIJEL: Une saison estivale compromise ? vidéo.
    yasmine yasmine 27.04.2017 14:25
    J'en appele à Monsieur le wali pour prendre une décision energique et efficace , quitte à fermer ...

    Lire la suite...

     
  • JIJEL: Une saison estivale compromise ? vidéo.
    MedSouilah MedSouilah 27.04.2017 14:05
    Ce que pensent les lecteurs sur notre page facebook.

    Lire la suite...

     
  • Photo unique de la Salamandre, au nord du phare, et le Banc des Kabyles,
    Foughali Foughali 27.04.2017 01:58
    Salut Mohamed Merci pour cette précision. N'étant pas de jijel cité, je ne connais pas bien les noms ...

    Lire la suite...

     
  • Jijel: Un sublime jardin au cœur de la ville
    MedSouilah MedSouilah 26.04.2017 20:36
    Il est vrais que c'est un sublime jardin... Grand Merci à notre ami Amor Z, qui a bien voulu partager ...

    Lire la suite...

     
  • Jijel: Un sublime jardin au cœur de la ville
    MedSouilah MedSouilah 26.04.2017 19:16
    Une tondeuse pour entretenir le gazon, et, avoir une belle pelouse, est plus que nécessaire.

    Lire la suite...

     
  • Décès et condoléances...
    alichet alichet 26.04.2017 16:36
    Je viens juste d'apprendre le décès de mon ancien élève Yahi Noureddine de'Taher (Année scolaire ...

    Lire la suite...

     
  • Photo unique de la Salamandre, au nord du phare, et le Banc des Kabyles,
    MedSouilah MedSouilah 26.04.2017 16:20
    J'ai entendu cette appelation et je l'ai toujours appelé: Bordj Fnar, il y a de cela plus de 50 ...

    Lire la suite...

     
  • Jijel: Un sublime jardin au cœur de la ville
    yasmine yasmine 26.04.2017 15:16
    et l'entretien ? les services de l'APC disposent t-ils d'une tondeuse pour entretenir le gazon ?

    Lire la suite...