Le marché algérien des produits d’arts plastiques est en plein marasme (artistes peintres)

Pour l’artiste peintre Abdelhalim Kebich(Jijel), cette situation est due à l’"absence, dans la société algérienne, d’une culture d’acquisition de toiles par les salles d'art, parallèlement au manque de professionnalisme dans l’organisation de ce type de manifestations".
 
"Les organisateurs de salons d’art plastique, dans les pays développés, sont des spécialistes qui font la promotion de leurs expositions un mois avant en lançant des invitations à des spécialistes du domaine et à des critiques d’arts, contrairement à ce qui se passe en Algérie, où l’annonce de l’ouverture du salon se fait deux jours avant", a déploré l' artiste.
BLIDA - Des artistes peintres ayant pris part au salon national des arts plastiques, mardi à Blida, sont unanimes à reconnaitre que le marché national d’art plastique est en plein marasme.
 
"Il n’existe pas de marché des oeuvres d’arts plastiques en Algérie" ont déploré, à l’APS, de nombreux participants en marge de la clôture du salon, affirmant que les "artistes peintres algériens, jeunes ou anciens, trouvent des difficultés à commercialiser leurs oeuvres".
 
Pour l’artiste peintre Abdelhalim Kebich(Jijel), cette situation est due à l’"absence, dans la société algérienne, d’une culture d’acquisition de toiles par les salles d'art, parallèlement au manque de professionnalisme dans l’organisation de ce type de manifestations".
 
"Les organisateurs de salons d’art plastique, dans les pays développés, sont des spécialistes qui font la promotion de leurs expositions un mois avant en lançant des invitations à des spécialistes du domaine et à des critiques d’arts, contrairement à ce qui se passe en Algérie, où l’annonce de l’ouverture du salon se fait deux jours avant", a déploré l' artiste.
 
Un autre artiste de Sidi Bel Abess, Noureddine Makdessi, dont l’expérience dans les arts plastiques dépasse les 30 ans, a estimé quant à lui, que ce "marasme peut s’expliquer par les prix exorbitants des toiles par rapport au pouvoir d’achat du  public".
 
"Une toile peut dépasser les 160.000 da", a-t-il observé, ajoutant que les "critiques et autres gens du domaine, qui sont seuls aptes à évaluer une toile, sont absents en Algérie".
 
Zahia kaci, une artiste d’Alger, considère quant à elle "que celui qui connait la valeur de l’art ne s’arrête pas au prix", soutenant que "c’est la matière première utilisée, et la valeur du sujet traité, qui déterminent le prix d’un tableau d’art".
 
Soulignant que le prix de ses toiles varient entre 40,80 et 120.000 Da l’unité, elle a ajouté que "dans l’état actuel des choses, l’art est pratiqué comme un loisir et non pas comme un moyen pour gagner sa vie".
 
Des visiteurs de ce salon ont déploré, quant à eux, le fait de ne pas pouvoir acquérir des toiles vu "leurs prix élevés".
 
Dans un autre registre, le plasticien, Bakhtri Abderahmane (Cherchell) s’est montré "optimiste" quant à l’avenir des arts plastiques en Algérie, soulignant l’existence de nombreux talents prometteurs dans le domaine, en plus du soutien assuré par l’Etat au développement de cet art.
 
L’art plastique a réalisé de grands pas depuis l’indépendance, sur le double plan quantité et qualité, a t-il relevé, citant au passage, de grands noms, à l’instar des artistes Baya et Aicha Haddad.
 
Il a signalé que le premier salon d’arts plastiques organisé en Algérie, le fut en 1920, par l’artiste Mammeri Azoulou.
 
Une trentaine d’artistes peintres représentants différentes écoles (impressionisme, réalisme, symbolisme), de 20 wilayas ont pris part à Blida, à ce salon national des arts plastiques.
aps