MuCEM : Poteries berbères de Jijel

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Un lot de dix-neuf poteries modelées berbères provenant d’Algérie vient de rejoindre les collections du musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM) à Marseille. Ces céramiques, réalisées et utilisées à Jijel (anciennement Djidjelli) dans la région de Petite Kabylie, entre les années 1910 et 1960, complètent les collections déjà existantes au MuCEM de poterie modelée berbère, présente dans toute l’Afrique du Nord.

Les poteries de ce type sont fabriquées avec une terre locale, puis modelées à la main et avec une raclette, ce qui permet une très grande liberté et variété dans les formes. Chaque année, leur fabrication comme leur décoration est exclusivement le fait des femmes, qui suivent des traditions techniques et des répertoires décoratifs ancestraux.

 

19 poteries : jarres, pots, cruches, coupelles, biberon

Terre cuite peinte

Vers 1910-1960

H. max. 38 cm

H. min. 11 cm

Acquis en 2014

 

Ces pièces sont destinées à un usage domestique (conservation, préparation et service des aliments), relativement éphémère étant donné la fragilité de ces poteries qui est due en partie à leur mode de cuisson : les poteries d’abord simplement séchées à l’air libre sont entassées et couvertes de combustible (plaques de bouse séchée et végétaux). Ce dispositif explique la fréquence des traces de cuisson sur les panses.

Cette collection a été constituée au fil des années par le père de Mme Arsène-Henry, qui pratiquait la médecine à Djidjelli et dans ses environs et recevait régulièrement des poteries en guise de remerciement de la part des femmes qu’il avait accouchées... "l'ancien propriétaire était le Dr CHABRIAT".

Elle a été complétée par le mari de la donatrice, M. Xavier Arsène-Henry, architecte-conseil et urbaniste qui œuvra notamment à Marseille dans les années 1960. Celui-ci appréciait les qualités plastiques et esthétiques de la poterie berbère, qu’il découvrait notamment lorsqu’il accompagnait son beau-père dans ses visites médicales en Petite Kabylie.

Les poteries berbères du couple Arsène-Henry ont longtemps trôné dans l’appartement familial à Paris, avant d’être généreusement offertes au MuCEM, où elles  témoignent des grandes qualités de l’art céramique berbère en même temps qu’elles conservent la mémoire d’une histoire de passages et d’échanges, entre Algérie et France, au cours du XXe siècle. Pour ce geste, le MuCEM tient à remercier chaleureusement Mme Arsène-Henry et sa famille.

 
mucem.org