Le vol de la jujube Part three

Le vol de la jujube 3

Les histoires, comme les vieilles routes de nos montagnes, peuvent avoir des virages qui risquent de vous surprendre. Celle-ci ne fait pas exception.

Alors permettons- nous un autre petit détour et revenons au miel de Sedra. Si ce miel est si cher, ce soi-disant Sidr Maliky , c'est plus dû à son mode de production, à son origine, aux légendes qui l'entourent qu'à des vertus mystico-médicinales extraordinaires. Celui que l'on trouve chez nous n'a rien à voir avec l'original du Yémen que l'on ne trouve que dans l'Hadramout, une vallée escarpée de 150 kilomètres, encore épargnée de toute pollution. Mais la légende vend bien et même si ni la couleur, ni le goût ni la consistance, ni le mode de production ne se ressemblent, le prix seul réussit à établir une piètre similarité. C'est très cher, alors c'est bon. Comme déjà dit, la légende vend bien. Espérons que grâce au prix de son miel, toute la vallée est préservée de toute pollution et que ses abeilles sont peut-être les plus heureuses de la planète.

Le vol de la jujube 3

Le gamin avait raison sur raison de s'attacher à ce fruit dont la valeur n'a pas de limites. Depuis son origine lointaine ce ziziphus dont le nom scientifique retenu est originaire de zizouf, son nom numide. Il est vrai que selon la région, c'est Azeggar en Algérie pour devenir Sedra en Tunisie et Anneb au Moyen Orient.

Fini du détour. Revenons à notre histoire.

Le gamin attendait en silence, son secret bien gardé. Chaque vacances scolaires, il s'arrangeait pour aller voir ses arbres magiques. Il n'en laissait rien paraître. C'était plutôt facile car sa forêt était en contrebas de la petite colline qui donnait la meilleure vue sur la mer. Il suffisait donc de décider d'aller voir la mer pour y arriver. Et il allait souvent voir la mer. Après le petit déjeuner, il déclarait à toutes à tous qu'il partait voir la mer et, n'attendant personne, il détalait. Parfois, il était retenu pour une petite corvée mais alors, sa grande cousine le libérait en prenant les choses en main. Alors, il ne s'arretait de courrir qu'après le tunnel d'eucalyptus qui partait de la maison. Il ralentissait net dès le premier virage à droite, une fois sous l'ombre des frênes. Selon les saisons, la végétation changeait beaucoup. Il admirait surtout les iris qui bordait le côté gauche du chemin. Leurs fleurs bleu pâle, si fines et fragiles le fascinait. Les fleurs une fois disparues, les feuilles dressées, bien rangées, étaient dignes d'un regard prolongé tant elles contrastaient avec l'ocre de l'été ou le gris de l'automne. Les iris dépassés, les deux vieux figuiers s'imposaient au regard, puis venait le bleu de la mer plein les yeux. C'était une vision ennivrante qu'elle que soit la saison. Parfois, il arrivait à voir les vagues malgré la distance. Le vent l'aidait à les prévoir avant de les voir. Il ne restait pas longtemps là, il préférait aller retrouver ses protégés. Il se faufilait entre les arbres grands et petits, se frayant un chemin en faisant même attention aux jeunes poussent qui pointaient leurs feuilles tendres aux rayons du soleil. Les feuilles, même dans la sécheresse de l'été, étaient toutes propres et luisantes. Joliment dessinées, elles couvraient l'arbre en pleine saison. C'était de belles feuilles. Les épines de ses amis également étaient belles. Dans la Sourate 56, il est dit " Ils seront parmi des jujubiers sans épines " et dans le livre de Job 40:22, il est dit " Les jujubiers l'ombreront de leur ombre" et toute la passion juvenile envers cet arbre honorable se trouvait encore une fois justifiée sans que le gamin n'en sache rien. Ni la prix de son miel, ni sa présence dans les livres sacrés n'avaient effleuré l'esprit du gamin. Il adorait le fruit, et il ne savait rien de son histoire. Cela changera bien plus tard.

L'histoire continue....

Igel 

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