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Le projet Bellara

 

 

 

 

Communiqué jijel.info

 

 

 

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La photo du jour: L'isolement...

lllk

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

 

 

Photo jijel.info & Alioueche Mokhatr. proposée par: Fares Souilah
Poème: Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)

Commentaires   

Nevers
# Nevers 10-07-2018 15:35
Bien vu; C'est aussi Lamartine qui a écrit:Au temps suspend ton vol:Et voilà la nostalgie de ces lieux qui me gagne.
El khettabi
# El khettabi 10-07-2015 23:19
Bonsoir mohammed saha ftourek
mille merci pour ces photos contemplatives de la région qui nous mettent du baume au coeur et nous rappellent bien des souvenirs . Mon dieu que nous sommes passé à côté de tant de belles choses à vouloir étreindre l'impossible alors qu'il se trouve parfois plus près de nous .
Au plaisir de te voir et de partager le café promis et un brin de tchach.
MedSouilah
# MedSouilah 11-07-2015 00:34
Bonsoir Seddik !
J'espère que tu va bien !
Reçois nos salutations, de mon ami Zoubir Ch. également.
Bien amicalement
christine hamad
# christine hamad 14-05-2015 15:15
as i got no idea about steel-plants, i read your serene and beautiful poems, and contemplate these amazing pictures, thanks a lot!
christine hamad
# christine hamad 14-05-2015 15:13
as i got no idea about steel-plants, i read that beautiful poem, and contemplate these nice photos, it s a joy to read srene poems like that, thanks a lot!
MedSouilah
# MedSouilah 14-05-2015 15:19
Bonsoir Christine hamad
Oui, il nous arrive de temps à autre à partager avec vous, de belles photos de la wilaya de Jijel, avec des poèmes d'antan.
Au plaisir de vous relire.
MedSouilah
# MedSouilah 14-05-2015 07:42
L'isolement

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes vœux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !


Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)

Alphonse de Lamartine (1790-1869) publie en 1820, à l’âge de 30 ans, les « méditations poétiques », recueil romantique qui le rend rapidement célèbre. « L’isolement» est l’un des 24 poèmes mélancoliques de cette œuvre.
textesatoutvent.blogspot.com/2012/04/lisolement-alphonse-de-lamartine_13.html

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