Tribus du cercle de Jijel: Répartition des tribus de Jijel:

Sur l’ensemble des collectivités qui peuplent l’intérieur, l’actuelle commune mixte de Djidjelli, on ne fournira ici que de brèves indications. A l’époque de la colonisation française, elles étaient des tribus. On en comptait une dizaine, ayant chacune une individualité nette et des limites territoriales plus ou moins bien établies. Au cours des cent ans qui ont suivi, une série de découpages administratifs en a profondément modifié la structure.

La population se répartit en huit «Douars-Communes», dont deux seulement, Beni Zoundaï et Beni Foughal, conservent le nom des unités tribales dont ils incorporent les éléments. Nul doute que les premiers, les Beni Zoundaï, ne soient à identifier avec les Beni Zeldawi ou Beni Zendawi que les auteurs du moyen âge dépeignent comme des guerriers d’humeur farouche, impatients de toute autorité, et répandus sur une aire très vaste allant des montagnes à la plaine.

 Aujourd’hui, le territoire du douar Beni Zoundaï se réduit à un petit canton montagneux.

… les Beni Foughal qui constituent aujourd’hui le groupe humain le plus important de la commune mixte. On ne sait à peu près rien de leur passé. Féraud, probablement d’après une tradition orale, affirme qu’ils portaient autrefois le nom de Beni Kerdouz, et tiennent celui de Beni Foughal d’une famille de Tolga qui vint s’installer chez eux.On incline à penser que la fortune de toute la collectivité procède de celle de l’une de ses fractions, celle des Habilès ben Aouaz, à qui l’autorité turque concéda la karasta, exploitation des bois pour les constructions maritimes.

Voici un autre passage concernant les familles qui habitaient la ville même de Jijel à l’arrivée des français : «C’est ainsi qu’ayant recouru pour reconnaître approximativement l’importance du vieux noyau citadin à l’époque où l’armée française occupa la ville, 1839, on a obtenu de la généralité des informateurs le chiffre de quarante familles (Note 1) mais on n’a pu recueillir ensuite que vingt cinq patronymes, sur lesquels d’ailleurs tous sont loin d’être d’accord (Note 2).

Parmi ces noms, on n’en relève que trois dont l’origine turque soit patente : Dernali, Kazan, Kisserli, quatre si on leur adjoint Ben Turki, ce qui inclinerait à n’attribuer que peu d’importance à l’élément kouloughi dans le vieux fond Djidjellien.

Note 1 : ce qui correspond aux trois ou quatre cents habitants des premières évaluations… on est cependant tenté d’interpréter comme mythique ce chiffre de «quarante familles»…

Note 2 : ce sont : Badri, Bencharif, Benkhellaf, Bennafâ, Bensisâïd, Benturki, Benyawer, Benyahya, Benyounès, Bousdira, Bouârada, Bouchlaghem, Boumerah, Bouraoui, Bourboune, Dernali, Fridja, Hadj Amar, Hamidou, Kazan, Kissarli, Lehtihet, Merzouk, Roula, Tenouna, Younsi.

Références : Philippe Marçais – Textes arabes de Djidjelli
Presses Universitaires de France, 1954, Paris

Monographie des Béni Amrane

Tribus du cercle de Djidjelli

Les Beni Amrane sont situés à l’est du canton de Jijel; ils sont limités à l’ouest par les Béni Kaid et les Béni Ahmed; à l’est par les Beni Khettab et les Ouled Bel Aâfou; au sud par les Beni Foughal et les Beni Yadjis, au nord par la méditerranée.

L’oued Mencha coupe sensiblement le territoire des Beni Amrane en deux, il prend sa source dans la montagne des Beni Azzib, coule dans toute la profondeur de la tribu et se jette à la mer, après avoir rejoint l’oued Bou Radjah près des Beni Hessan. Cette rivière n’est jamais à sec, même en été.

L’oued Djendjen sépare les Beni Amrane des Ouled Bel Aâfou. Il prend sa source dans les Babors, traverse d’ouest à l’est les Beni Foughal et les Beni Yadjis, fait un coude à hauteur de Zaouia, pour cheminer vers le nord entre les Beni Khettab Gheraba et les Beni Affer et arriver à la mer au niveau des Beni Amrane.

Citons également oued El Kantara qui prend sa source à Aïn Bouiça et délimite au nord-ouest en partie, la frontière avec l’agglomération de Jijel. Il existait chez les Béni Hessan, au bord de la mer des vestiges de la présence romaine, comme ces pierres énormes à Djida Sekhria, 6km à l’est de Jijel, et celles provenant d’anciens édifices à Dikkara (Tassoust actuellement). Peu de choses en restent maintenant.

Les Fractions : La partie nord-est étant la plaine, le sud montagneux; les Béni Amrane possèdent deux dénominations génériques, celle de « Assaflia », celle d’en bas ou en aval, et celle de « Djebala », celle d’en haut ou en amont, regroupant chacune de nombreuses subdivisions.

Tribu des Béni Amrane :

Béni Amrane Assaflia
• Béni Hassan
• Harraten
• Trara
• Ouled Ali
• Ouled Mars
• L’Achache
• Chemachma

Béni Amrane Djebala
• Les Larba et Ouled Maallen
• Ouled Ahmer
• L’Achache d’en haut
• Ouled Kheroun
• Beni Maâli
• Miçia

La tribu était parmi les plus riche du cercle de Djidjelli (Jijel), disposant de plaines pour l’agriculture et l’élevage, commerçant avec la ville et d’autres contrées grâce à sa proximité et son vis-à-vis avec la méditerranée. On cultivait avant l’arrivée des Français beaucoup d’orge et de blé. Disposant de peu d’oliviers comparativement à d’autres tribus du même cercle, elle possédait au contraire d’autres arbres fruitiers en abondance et produisait du miel. Au sein de la tribu, on se livrait à l’élevage et l’éducation d’une race de cheval, très petite mais adaptée et excellente pour la région. Et qui ferait un très bon sujet pour quelque vétérinaire ou zoologue pour sa redécouverte et sa réintroduction dans nos montagnes…

On vendait également au niveau des souks des autres tribus des peaux de boeufs, de chèvres et de la cire. On y achetait essentiellement des moutons, des boeufs, de la laine et des étoffes de coton. Deux journées de marché se tenaient sur le territoire de la tribu des Béni Amrane, celui du lundi à Z’biria et celui du mardi a Tleta, sur la route qui conduisait de Jijel à Constantine. Pour le culte musulman, s’élevait diverses mosquées généralement funéraires, dont une dédiée à une femme, chez les Béni Hassan: Z’biria.

D’autres éparpillées sur tout le territoire à l’exemple de Sidi Kacem, Sidi Saïd, pour ne citer que ceux-là. Les marabouts étaient en très grand nombre; l’un des plus érudit provenait de l’Achache, tribu d’où l’on tirait les Cadis de la tribu.

Source: K. Hadji