Les contours d'une vie. CHADLI BENDJEDID "MÉMOIRES"

Sid-Ahmed. Je me rappelle encore, à ce jour, du martyr Ahmed Tarkhouche - ou Sid-Ahmed, comme les officiers, les djounoud et même les civils aimaient à l'appeler. Je l'ai cornu à sa sortie de la Zeitouna, qu'il avait dû quitter pour nous rejoindre bien avant la création de la Base de l'Est. Amara Bougiez l'avait désigné comme adjoint politique dans la première compagnie dont j'avais la charge. Je l’ai nommé moi –même au renseignement, puis chef du 11 bataillon. Il était pour moi plus qu’un frère. Ses qualités humaines et morales étaient un exemple pour les djounoud. الجالس في أقصى اليسار الشهيد أحمد ترخوش إبن مشتى بوتابث بلدية برج الطهر في وسط الصورة الرئيس الشاذلي بن جديد رحمهما الله.
و فيمايلي: شهادة الرئيس الشاذلي بن جديد في الشهيد أحمد ترخوش

Il était d'une telle aménité, d'une telle prévenance, que je n'ai jamais vu personne, dans la zone dont j'avais la charge, lui vouer une quelconque aversion ou mal veillance. Il m'a beaucoup aidé, par son travail et son dévouement, à maintenir élevé l'esprit combatif du 11 bataillon, qui était devenu, en un court laps de temps, l'une des meilleures structures, réputée pour ses actions réussies contre les postes de la ligne Challe, notamment à Laàyoune et Oum-Tbol.
Il était doté d'une formation politique élevée et d'une rare éloquence, qui l'aidera à devenir un grand tribun. Il a déployé de grands efforts, en tant que commissaire politique, pour relever le moral des djounoud, expliquer les objectifs de la Révolution, mobiliser les moussebline et contrer, dans le même temps, le travail de propagande qu'effectuaient les SAS dans les milieux civils. En tant qu'adjoint chargé du renseignement, il se montra incontestable dans la collecte d'informations concernant l'ennemi et dans sa disposition à surveiller ses mouvements.
Il tomba au champ d'honneur, avec son compagnon d'arme, Chelbi Mohamed-ChéIif, en 1961 dans la bataille de Laàyoune, près d'Oum-Tbol, tue par un obus. Après sa mort, j'ai nommé Boutelfa Fadhel à la tête du 11 bataillon.
A l'indépendance, je suis allé à la recherche de sa famille à Jijel, mais je n'ai pas pu la retrouver. A mon élection comme président de la République, j'ai demandé de baptiser un lycée à Jijel, à son nom.
CHADLI BENDJEDID
MÉMOIRES
Tome I
Les contours d'une vie
1929-1979