LES PRÉPARATIFS LANCÉS À JIJEL : Célébration de l’anniversaire de la victoire du 1er novembre…1664

C’est comme un vœu qui devient une réalité. La résistance au débarquement d’un corps expéditionnaire français en 1664, puis son rembarquement pour échapper à la farouche défense des populations du cercle de Gigeri (Jijel) devait être célébrée  comme une grande épopée, soutenait il n’y pas bien longtemps, le chercheur historien Mohamed Aggoune dans un entretien réalisé par le journaliste Kader Bentounès, paru dans le quotidien El Moudjahid du 26/01/2015.

L’épilogue de cet épisode historique s’est terminé par ailleurs à une date lourde de part sa charge historique et symbolique : le 1er  novembre 1664. C’est dans cette logique qu’une commission vient d’être installée par le wali de Jijel, Ali Bedrici, pour s’atteler à préparer les cérémonies de commémoration de la résistance au débarquement du corps expéditionnaire français voulu par Louis XIV et dirigé par  son cousin, le Duc de Beaufort secondé pour la mission terrestre par  le lieutenant-général Charles-Félix de Galléan, Comte de Gadagne, dénomination dont la déformation du temps de la colonisation a donné le nom Gadaigne.

L’avenue de même nom est devenue celle du 1er Novembre 1954. L’année 2015 peut être ainsi l’année de la célébration - avec un léger retard – du 350ème anniversaire de cette bataille de Jijel couronnée de succès, trois mois après le débarquement du corps expéditionnaire le 22 juillet 1664. L’expédition prit son départ le 21 juin 1664 du port de Toulon en France. Un total de 83 navires dont 8 galères, 7 galères maltaises, 14 vaisseaux de guerre et des navires de servitude transportant entre 5000 et 5700 soldats – selon les sources - se dirigent vers Gigeri.

Dès le premier débarquement intervenu le 22 juillet 1664, les informations édulcorées en possession des officiers français seront vite démenties par la forte résistance des populations locales. Les rapports officiels firent état de 500 morts, côté français, soit «100 de plus» que du côté algérien.

Continuellement harcelés, les campements des français qui avait pris Gigeri le 23 juillet, faisaient face à un «ennemi agile, courageux et imprévisible, pratiquant l’embuscade et l’attaque éclair», reconnaissaient les témoignages des français. Face à un ennemi que «l’on croyait faible et divisé», qui s’est «montré farouche» renforcé peu de temps après par des unités turques, le comte de Gadagne finit par se «ranger dans le camp des officiers qui prônent le rembarquement».

Le 1er novembre 1664, ce qu’il reste de la flotte lève l’ancre après avoir abattu tous les chevaux et sabotés les canons restés à terre. L’expédition du Duc de Beaufort comptait un officier du nom de Chevalier Paul (Jean-Paul de Saumeur), à qui est paradoxalement attribuée la dénomination d’une partie de la ville : camp Chevalier. Et dire que c’est de ce djebel Ayouf que fut dirigée la canonnade contre le corps expéditionnaire qui a occupé la ville de Gigeri en 1664.

Une entorse à l’histoire qui mérite une bonne correction surtout après la déformation du nom camp attribué par les français à Chevalier Paul en «Haï El Foursane». Dans ses réponses au journaliste d’El Moudjahid, Mohamed Aggoune affirmait que «C’est une grande épopée de l’histoire de l’Algérie, il faudrait que les autorités locales de Jijel célèbrent cette grande date». La machine est en marche.

Sources :
- Bulletins municipaux de Chateauneuf de Gadagne
- Louis XIV en Algérie, Gigeri, 1664. par Bernard
  Bachelot, édition du Rocher, 2003.
- El Moudjahid du 26/01/2015.

Fodil S.