La côte de saphir et sa corniche..

Ce n’est pas pour rien qu’elle est à juste titre la côte du Saphir bleu. Dès l’amorce de la corniche dans le prolongement de Béjaïa, Jijel pointe de l’océan, béat, bleu à ravir, scintillant et attirant. Depuis les falaises que surplombent une longue balustrade où le visiteur a enfin le loisir de se garer à l’aise, la route se faisant plus spacieuse, après un entortillement et des virages en fer à cheval, où les automobilistes ont du mal à négocier ce chemin côtier, le spectacle. Et au plus loin où porte le regard, il va à la rencontre de la mer, tantôt plate, blanche brouillée par l’humidité, tantôt ridée, avec ce tout juste souffle caressant l’immensité de l’eau qui invite au plongeon. C’est la brise marine qui rend heureux les gens de la mer. Les Grottes merveilleuses, la Plage rouge sont les premières haltes qui se laissent découvrir dans toute la générosité de la nature qu’elles ont à offrir.

De jeunes des villages environnants, mordus de la bleue, y nagent, s’y reposent toute la journée, en refaisant le monde. Les Jijéliens ont cette relation unique avec la mer. Ils la prennent à bras-le-corps et ne s’en rassasient jamais. Même l’hiver, ils y accostent pour un brin de fraîcheur, lorsque l’écume monte au ciel et fait gronder les vagues à en faire frémir les corps qui s’y hasardent. Sur le sable rouge de la plage ainsi nommée, les oursins accompagnés d’oignon font le déjeuner idéal. Plus qu’un petit encas, frugal et alléchant. Plus loin, Cavalo ou El Aouana. Cette petite localité, très prisée l’été, voit passer des estivants qui échangent bien le sable contre ses petits galets ; de petites marches y mènent avant de pousser une petite barrière blanche en bois. Le flux et le reflux millénaire de l’eau déconcentrent un peu, une sensation de vertige, et les pas finissent par exalter cette sensation de bien-être. Les vacanciers connaissent la réputation de cette petite plage et s’y dirigent sans hésiter. Ils vérifient de visu combien ce morceau de la Méditerranée mérite les qualificatifs dont il est affublé. Surtout depuis le retour de la vie en son sein, elle qui a tant souffert de la violence terroriste. Aujourd’hui, tout cela est enfin derrière elle et derrière toute la région jijélienne. Au centre-ville, la mer est toujours là. Tant mieux, El Kettani plage, la plus longue, est énormément fréquentée moins par les riverains en cette période de l’année. Les touristes nationaux en font leur endroit fétiche. Il y en a qui ont loué à l’hôtel étatique du même nom, d’autres chez le privé, hôtels ou appartements, ou encore des villas qui, dans la plupart des cas, ont gardé le cachet colonial dans lequel elles ont été bâties. Plus loin, Sidi Abdelaziz, un autre village côtier, vous prend sans retenue. D’autant que l’estivant peut s’acheter des souvenirs faits de poterie et d’objets artisanaux travaillés dans le bois. Et puis, il y a ces pruneaux verts, jaunes, rouges, ces pommes petites mais si juteuses, et le maïs alors, quel régal pour le palais… Jijel ne démérite pas. Car, surplombant le mer, la montagne est une attraction naturelle. A contempler sans modération, dans une prochaine évasion

Par Saliha Aouès