Beni Belaïd (jijel) : la mer, puis plus rien

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Plongée dans une longue hibernation, Beni Belaïd, chef-lieu de la commune de Khiri Oued Adjoul, à 40 km à l’est de Jijel, ouvre sa parenthèse estivale et renoue avec l’ambiance des plages.


Doucement mais sûrement, la plus rurale des communes côtières de la wilaya draine les baigneurs. Les premiers estivants sont déjà sur place. La plage de l’est, comme celle de l’ouest, est bondée de monde. Les natifs du village sont de retour au bercail ; ils reviennent de Constantine et d’Alger, notamment, où ils se sont installés lors des années du terrorisme.

 

A Beni Belaïd, c’est la grande saison du retour pour retrouver son village, sa famille et ses amis. Vidées totalement de leurs habitants, les mechtas de cette commune sont aujourd’hui dépeuplées. La plupart sont encore inaccessibles. En raison du manque de routes praticables, on ne s’aventure pas dans ces contrées montagneuses. Le village a cependant retrouvé, depuis des années déjà, sa quiétude. Si on y revient, c’est parce qu’il y a la plage.

La vie estivale est rythmée par les magasins, les cafés et les restaurants qu’on ouvre pour les besoins d’un commerce de saison. La vie nocturne est animée, bien qu’on déplore l’absence de toute activité culturelle. Reléguée à son statut de bourgade rurale, Beni Belaïd est loin de répondre aux critères d’un village balnéaire. Sans hôtel ni camping, le chef-lieu de la commune n’a que quelques infrastructures administratives et… sa plage. «Sans cette plage, le village aurait été un quelconque lieudit», se désole un habitant.

Ayant préservé sa vocation rurale en dépit de ses atouts balnéaires, le village n’a que peu changé par rapport aux années passées. La route bien entretenue, avec des trottoirs en cours d’aménagement, offre un accès direct à la mer. Le village touristique joliment illustré sur les maquettes de la zone d’expansion touristique, qui n’a jamais vu le jour, est un mythe.

Adam S