JIJEL: Les gardiens de parking imposent leur diktat dans les plages

Une petite virée sur la côte du Saphir bleu a été suffisante pour faire le constat alarmant de la situation désastreuse qui s’y est installée.

Si certains pensent que la ville de Jijel est la meilleure destination touristique en Algérie, d’autres n’ont pas caché leur déception en venant pour passer quelques jours en bord de mer. Des milliers d’estivants et de vacanciers qui se sont déplacés en couple, en famille ou entre amis pour profiter du soleil et du sable doré que les plages jijéliennes ont toujours offert ont été choqués par les pratiques exercées par les jeunes squatteurs de plages et de parkings. Les estivants qui ont l’habitude de venir à Jijel ont affiché clairement leur désarroi quant au diktat des pseudo-gardiens de parking. Une petite virée sur la côte du Saphir bleu a été suffisante pour faire le constat alarmant de la situation désastreuse qui s’y est installée. à l’entrée de la plage de Bordj Blida (ex-Ferme d’Andreu), l’anarchie règne. Les estivants se plient aux lois imposées par les gardiens de parking qui ne semblent reculer devant rien. Selon un estivant que nous avons rencontré au parc animalier, les gardiens de parking ont poussé le bouchon trop loin, car les prix sont fixés dans le cahier des charges à 50 DA, mais ils n’hésitent pas à encaisser 100 DA, voire même 200 DA, selon leur tempérament et le matricule du véhicule. “J’ai voulu avoir une simple discussion avec le gardien de parking au sujet du prix exorbitant qui nous a été imposé, le jeune qui voulait sans doute nous intimider avec la barre de fer qu’il tenait à la main n’a pas hésité à augmenter le prix de 100 DA à 500 DA. En réclamant une seconde fois, il nous dira tout simplement : ‘’Allez vous plaindre, la gendarmerie est juste à côté’’ !”, raconte notre interlocuteur avec indignation. À la plage Ras El-Afia appelée communément Le Grand Phare, la situation est encore plus critique. Les jeunes qui agissent en maître des lieux ont carrément squatté les abords de la RN43 au point où les automobilistes sont privés de stationnement même pour 5 minutes. Nous avons pu aborder deux jeunes qui activent dans ce parking sauvage. Selon eux, la situation a toujours été comme ça dès la venue des estivants. “C’est un métier de saison comme tous les autres métiers, je pense que nous rendons service aux estivants qui n’ont pas où stationner”, a- t-on expliqué. Pour ce qui est de l’illicite, l’un d’eux dira que “tous les parkings sont squattés illégalement”. Sur la côte est de Jijel, plus exactement à la plage Bazoul, il n’y a pas de parking, mais plutôt une route parallèle à la route nationale. Le hic, c’est qu’il faut payer 100 DA pour y accéder. Un homme d’une trentaine d’années portant un gilet d’une couleur fluorescente, assis sur une chaise pliante tranquillement sous son parasol, extorque de l’argent aux automobilistes au vu et au su de tout le monde, sans que personne bouge le petit doigt. “Je travaille illicitement et tout le monde me connaît ici, vous voulez que j’aille vendre de la drogue pour gagner ma vie ?”, dira-t-il en nous soulignant qu’il venait de sortir de prison !

La police met fin à l’activité de 9 gardiens de parking
Les éléments de la police judiciaire semblent mener une lutte sans merci contre les squatteurs de parkings. À cet effet, neuf personnes ont été neutralisées pour création de parkings illégaux et extorsion d’argent aux estivants. Selon la cellule de communication de la Sûreté de la wilaya de Jijel, deux personnes âgées de 22 et 26 ans ont été surprises en flagrant délit de racketter des automobilistes dans un parking à la plage dite Zouay. Selon les services de police, ces interventions sont en cours et se poursuivront jusqu’à la fin de la saison estivale afin de garantir la sécurité des estivants et vacanciers qui convergent vers Jijel. Ce qu’il est important de souligner, c’est que ces squatteurs de parkings qui passent des journées entières à exercer illicitement leur “métier” ne versent pas un centime dans les caisses communales, bien qu’ils gagnent pas moins de 10 000 DA par jour, à en croire un jeune qui active dans la ruelle de la plage Kotama au centre-ville de Jijel. Désormais, une réaction sérieuse semble s’imposer pour mettre fin à ce fléau qui s’est répandu sur tout le littoral du Saphir bleu.
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