Chahna (Jijel): Les habitants de Aïn Tiri souffrent au quotidien

La population du douar d’Aïn Tiri, distant de 16 kilomètres de la commune de Chahna, souffrent le martyre à longueur d’année suite à l’isolement depuis plus d’une décennie. La route, l’éclairage public, le transport scolaire et la salle de soins font partie des préoccupations majeures des habitants de cette bourgade caractérisée par un relief peu avantageux. Pour ces habitants, qui vivent la pauvreté et une misère galopante, la situation est devenue intenable, notamment lorsqu’on sait que même les services de l’APC sont incapables de trouver une solution définitive aux problèmes. Selon les habitants, la galère commence dès l’arrivée de la saison hivernale, lorsque les fortes précipitations et les chutes de neige affectent leur quotidien en bloquant l’accès à l’unique tronçon reliant leur village au chef-lieu de la commune, s’ajoute à cela le manque de bouteilles de gaz butane. “Beaucoup d’entre nous n’ont pas les moyens pour s’acheter du gaz butane, notamment en hiver où le prix de la bonbonne atteint 300 DA ; pour cela on utilise le feu de bois, c’est mauvais pour la santé, mais ça nous revient moins cher”, dira un père de famille.

L’autre épineux problème est l’absence d’infrastructure sanitaire. Le village dispose d’une salle de soins réalisée durant la décennie noire, mais elle n’a jamais ouvert ses portes aux malades, a indiqué notre interlocuteur. Concernant les établissements scolaires, la localité d’Aïn Tiri possède deux écoles primaires dans un état de dégradation avancée, au point où les élèves sont privés de chauffage durant toute la saison hivernale. Les parents d’élèves ont indiqué que certains enfants scolarisés, notamment les filles, quittent l’école à l’âge de 16 ans, soit après leur entrée au CEM. “Nos enfants n’arrivent pas à supporter cette situation critique ; d’abord ils sont mal pris en charge à l’école primaire, puis dès leur admission au CEM ou au lycée ils sont obligés de parcourir plus de 16 kilomètres pour rejoindre leurs établissements situés au chef-lieu de la commune ; c’est un risque pour eux car ils sortent de la maison à 4h du matin pour rentrer très tard la nuit ; la situation est encore plus difficile et plus dangereuse pour les filles ; c’est pour cela que parents les privent des études”, s’indigne un parent d’élève. Les habitants, qui continuent de résister aux aléas de la nature après avoir subi pendant des années le diktat du terrorisme, souhaitent une amélioration de leur cadre de vie qui ne cesse de se dégrader.odejjijel.org

Liberté 04/02/2015 Par Mouloud SAOU