« LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE WALI DE LA WILAYA DE JIJEL »

« Je vous demande d’être objectif, de corroborer l’information, toutes les directions vous sont ouvertes ! Et surtout de ne pas toucher à l’amour propre et la dignité des personnes… »
Tels sont vos propos, tenus le 03 mai 2015, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté d’expression, en présence de tous les correspondants de presse de la Wilaya de Guelma, invités pour la circonstance.
En ma qualité de citoyen de la ville de Jijel, ayant exercé comme vous dans la fonction publique, actuellement retraité, subsistant avec une pension d’aide, pour ne pas la nommer, je ne peux rester insensible aux grandes actions que vous menez depuis votre investiture à la tête de la Wilaya de Jijel.
Partant, vous en conviendrez monsieur le Wali, que l’histoire de la gestion de nos collectivités locales en général, et celle menée à Jijel en particulier, nous donnent un devoir de vigilance vis-à-vis de nos élus locaux, et vous le savez sans doute mieux que moi, que depuis plusieurs décennies, le jeu politicien qui a cours dans nos communes, ne nous avait donnés que des responsables irresponsables, des gens à la compétence non avérée, qui se sont occupés de tout sauf de la ville, des gens qui, manifestement, n’avaient aucune ambition pour leur cité.


Il est admis que vos tâches sont immenses, car à Jijel, comme dans toutes les villes d’Algérie, tout est prioritaire : L’assainissement, l’éclairage, les infrastructures, les routes, la santé, le travail, tout ce qui touche le quotidien… etc. Tous les domaines de la vie publique, relèvent directement de vos compétences hiérarchiques. Pour ce faire, vous êtes le juge et l’avocat de notre Wilaya auprès de toutes les instances publiques, mais surtout, il faut impliquer les citoyens dans la gestion de proximité, en leur tenant un langage de vérité, comme vous l’aviez si bien indiqué ci-haut. Ce serait même tout indiqué que vous organisiez une sorte d’états généraux des municipalités, en donnant la parole à toutes les couches de la population, toutes les catégories socioprofessionnelles.
Il faut surtout refuser, voire bannir à jamais, ces mauvaises pratiques, héritées des anciennes mandatures, consistant à faire croire que la politique à Jijel, se résume à distribuer des marchés à quelques uns ou à leur accorder des privilèges indus. Aussi, les opérations coup de poing, menées inopinément à l’encontre de paisibles citoyens, ne font que raviver les sentiments de haine, de rejet et de mal être, en assistant à la démolition sélective de quelques bâtisses, et de manière inappropriée, tant du point de vue juridique, que socio-administratif. Ne vous leurrez pas monsieur le Wali, en chargeant les chefs des exécutifs communaux, à brandir l’épée à double tranchant, au visage d’une frange de leurs administrés, qui avaient à un certain moment, accompli leur devoir de citoyen : celui de voter…
A dire vrai, la commune de Jijel, objet de la présente, ne mérite pas l’état d’abandon et d’oubli dans lequel l’ont plongée tous ceux qui se sont succédé, à la tête de l’instance élue depuis bien des années. Jijel est une ville aux énormes potentialités, et devait par conséquent être une référence à l’échelle régionale, grâce à sa position géographique.
Nous assistons médusés, à une gestion quotidienne anachronique des politiques publiques, de la commune chef-lieu de la Wilaya, aggravée par le chevauchement de compétences, imposé par les pratiques de votre représentant, en l’occurrence, le chef de la Daïra, qui se substitue, et dans les recoins les plus détaillés, aux prérogatives d’une administration communale pléthorique, au lieu d’assurer les missions qui lui sont assignées au sein du comité technique dont il est le responsable.
Ne pensez surtout pas que j’ai un préjugé défavorable concernant ce responsable, car ce ne serait pas objectif de ma part, et que je n’ai pas de raison particulière pour le discréditer, mais, je n’ai aucune raison de lui accorder une confiance absolue, parce qu’à Jijel, on nous a habitués au spectre du clientélisme, du paternalisme, du favoritisme et j’en passe… Parce qu’aussi, la citoyenneté, c’est la vigilance, la prévoyance, la lucidité, l’alerte, le doute…
Il ne vous échappe point, monsieur le Wali, que dans leur quotidien, les citoyens savent être reconnaissants si l’on se montre loyal envers eux, et même si l’exercice n’est pas facile, parce que la tâche n’est pas aisée, dévouez-vous et la postérité vous rendra justice.
Cela étant, vous avez du pain sur la planche pour réhabiliter une commune, qui a été bloquée, pour avoir souffert d’une gestion douteuse. Une lecture rétrospective des avoirs et acquis des différents responsables, élus et administrateurs qui ont dilapidé le patrimoine local, nous renseigne sur le terrain, des desseins inavoués d’une caste gourmande et sans répit.
« Dans ma retraite que je partage avec ma petite famille, je ne cesse d’être ce rebelle pacifiste, contre tout ce qui porte atteinte à l’avancée du développement de ma ville : Jijel. »
Bon courage monsieur le Wali

NORO