Le cartel du sable fin et des ordures

En passant par la fameuse route de la carrière (Condotte) qui à l’époque a coupé en deux les terres agricoles très fertiles du Nil et Oued Sayoud, on se rend compte du désengagement total de l’Etat depuis environ deux décennies.

Cette route qui a servi à la réalisation du port de Djen-Djen, sert aujourd’hui de dépotoir des déchets de toute nature (y compris huiles usagées, et autres rebuts et résidus industriels) et aussi d’un dépôt à ciel ouvert de tonnes de sable de mer, au vu et au su de tout le monde. Oued Nil est définitivement pollué et même la nappe phréatique et les eaux encore utilisées pour l’irrigation le sont.

 

S’il existe une wilaya où la protection de l’environnement se tourne les pouces, c’est bien Jijel. Le cordon dunaire de Bazoul n’existe plus, et il faut vraiment l’avoir connu pour mesurer les dégâts commis par ces criminels du gain facile.

Ce ne sont pas des opérations ponctuelles pour ne pas dire folkloriques qui vont mettre un terme au cartel du sable. Le manque de volonté et perspicacité de l’Etat, fait de ce dernier un complice de tous ces trafics qui ont réduit la nature de la région à zéro. Il est encore temps d’agir pour que nos enfants puissent encore reconnaître une dune dont la composante soit naturelle. Mais en réalité je le dis car je souffre, car au fond je sais que nous sommes foutus.

BAZOULAMINE