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Retour sur une page d'histoire.

Le projet Bellara

 

 

 

 

Communiqué jijel.info

 

 

 

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ALLONS, RETRAITÉS DE LA PATRIE…

jnoro

…Le jour de paie est arrivé !
Enfin le 24 du mois. C'est à cette date que sont payés les retraités à Jijel. C’est un grand jour. Les retraités pavoisent intérieurement mais avec tout de même beaucoup de tristesse affichée. Depuis hier, les retraités sont en effervescence, attendant avec impatience que se lève le jour. Demain est un autre jour en effet. Celui d’enfourner enfin quelques billets pour renflouer la poche, payer ses dettes et, 15 jours plus tard, se retrouver de nouveau dans la dèche avec l’obligation soit d’emprunter, soit d’acheter à crédit chez l’épicier du coin pour la durée de la dernière quinzaine. Ce qui revient à dire : «creuser un trou pour en boucher un autre».


Tôt le matin, certains depuis 4 heures déjà, oui c’est bien ça, 4 heures du matin, juste après la première prière du «sobh» effectuée à la mosquée, paradoxalement, ceux le moins dans le besoin, ayant déjà une pension en Euros, font la queue devant la porte du bureau de poste de Ouled Aïssa, quartier périphérique sud, et ce, jusqu’au moment de l’ouverture : 8 heures. 4 heures d’attente. Il faut les faire.
Que de patience et de détermination. Le temps ne compte pas. Pour d’autres, moins nantis, la résignation l’emporte sur tout le reste, pour peu que l’ont puise encaisser parmi les premiers. Les vieux, certains âgés de 70 ans et plus, estiment que rien n’est sûr, rien n’est acquis. L’incertitude en tout l’emporte sur toute autre considération. Aussi, les plus méfiants préfèrent prendre les devants et attendre.
D’un autre côté, il faut souligner le peu de considération donné aux personnes du troisième âge ; obligés de faire la queue comme tout le monde, ce sont précisément eux les premiers à se pointer tôt le matin. Beaucoup sont handicapés par une quelconque maladie. Le fait d’en être là exprime toute l’ampleur du peu de considération accordée à tout un chacun, faisant de cette société un ramassis de sauvages indignes, loin de tout sentiment d’humanisme, chacun n’en voulant que pour lui-même quitte à marcher sur le corps des autres. C’est terrible.
A 8 heures, plus de deux cents personnes sont en attente. A l’intérieur il n’y a que seul agent payeur. Les gens patientent pour arriver, chacun son tour, devant l’agent payeur, avec l’angoisse d’entendre annoncer à tout moment qu’il n’y a plus d’argent ou que le réseau s’est mis subitement en panne. C’est le suspense de tous les instants.
Dehors, ceux qui ont une carte magnétique, qui ne sont pas relativement aussi nombreux que le reste, s’escriment avec le distributeur. Tantôt il délivre de l’argent, tantôt il s’arrête. C’est alors la panique et la mauvaise humeur. Le soleil matinal commence déjà à darder ses chauds rayons. La sueur coule et les esprits s’échauffent. Tout le monde a l’invective à la bouche. Inaâ el bou hadi doula ! Je n’irais pas voter ! Puisque c’est ce qu’ils veulent !
Et puis quelqu’un s’écrie : ça y est, il y a de nouveau de l’argent. Les esprits se rassérènent, chacun reprend la queue. « Bechwiya yal khaouwa », il y a de l’argent et tout le monde va pouvoir encaisser sa pension de misère. Rires douloureux.
L’Algérien est ainsi fait ; il rit même de sa détresse. Parce que ne pouvant autre chose devant l’absence de choix et d’alternative. Mieux vaut en rire que d’en pleurer. Et c’est ainsi que tout le monde arrive à vaincre les jours difficiles. Tout accepter, tout supporter stoïquement en espérant à tous moments des jours meilleurs.
Ce n’est pas tous les retraités qui sont malheureux. Si la majorité se plaint du montant de sa retraite, dont les trois quarts de la somme sont déjà hypothéqués au moment de sa perception, servant à rembourser les dettes du mois et au paiement d’autres obligations inhérentes aux charges familiales, il y en a d’autres qui ne songent même pas à la percevoir, laissant les mois s’accumuler les uns sur les autres, tellement ce qu’ils touchent est pharamineux.
Ceux qui ont trimés 32 ans durant, dans une quelconque boîte étatique se retrouvent avec une retraite étagée sur la base du poste occupé. Encore qu’au bout de dix années, même ceux-là en viennent à constater avec amertume que leur retraite commence à s'amenuir et à rétrécir comme une peau de chagrin, au fur et à mesure des augmentations du SNMG. Là-dessus, allez-y comprendre quelque chose. Plus le SNMG augmente, plus les pensions de retraies s’appauvrissent ! Mais c’est là une toute autre histoire…
Les autres, qui ne se font jamais de souci, sont ceux-là qui ont su prendre le train en marche, fonçant tête baissée, s’étant engagés sur le tôt à faire le jeu des uns et des autres, contrairement à ceux qui ont préférés rester sur les quais, en se tenant réfugiés derrière leur dignité et leurs principes. Ils sont alors devenus, matériellement parlant, les grands perdants.
Ce n’est pas tant le travail et les efforts qui sont payants mais les engagements politiques opérés à un moment de sa vie. Ce pourquoi, aujourd’hui, plus que jamais, nous voyons tout le monde courir avec acharnement et avec une grande conviction vers la conquête du fauteuil de député, entre autre.
Ce sera là leur seule conquête mais suffisante, sachant ses retombées bénéfiques et salutaires, desquelles ils resteront profiter pendant longtemps.
Image ci-dessous : Retraités devant la poste et manque de liquidités...
Photo de Noureddine Bousdira.

Rédaction jijel.info

Commentaires   

ekellal
# ekellal 27-02-2016 20:22
ces pauvres retraités ne savent même pas s'ils seront tous payés faute d'argent , pendant qu'en haut la machine à imprimer les billets ne cesse de fonctionner .

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