Jijel: Du gaz, mais pas d’eau !

C’est le paradoxe des programmes de développement dans la wilaya de Jijel, qui, pendant qu’elle voit arriver le gaz dans les localités rurales les plus éloignées, peine à assurer de l’eau, parfois même un minimum pour les populations des grandes agglomérations urbaines.

Depuis quelques années, l’inauguration des projets de gaz est devenue un rituel lors des sorties du wali dans les différentes communes. Au grand bonheur des citoyens, éprouvés par les pénuries du gaz butane en hiver, le gaz de ville est parvenu jusque dans leurs foyers pour les chauffer dans les zones rurales.

La dernière inauguration d’un projet de ce type remonte à la sortie du wali dans la commune de Taher, à l’occasion du double anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures et de la création de l’UGTA, où il a procédé à la mise en marche de deux réseaux, portant à 62% le taux de couverture en gaz de ville de la wilaya de Jijel.

Ce taux est attendu pour atteindre les 85% en 2018 à la faveur du raccordement d’un ensemble de 110 localités à travers la wilaya pour 122 000 habitants. Avec un coût largement inférieur à celui des programmes d’alimentation en eau potable, qui nécessitent d’importants moyens, le gaz s’est nettement démocratisé dans la wilaya de Jijel comparativement à l’eau. Si le citoyen n’a qu’à se réjouir de ces progrès, il attend des lendemains meilleurs pour s’approvisionner en eau en quantité suffisante. En dépit de l’importance des infrastructures hydriques, dont dispose la wilaya de Jijel, les besoins en matière d’alimentation en eau potable sont encore loin d’être couverts.

Dans les communes rurales, qui ne cessent, par ailleurs, de revendiquer l’inscription de programmes d’AEP, la situation est telle qu’elle devient carrément calamiteuse en été avec le tarissement des sources d’eau. Pendant ce temps, dans le sillage de la mise en service des barrages construits, les autorités ne se privent pas de faire des annonces pour des opérations qui, à part l’effet récolté par les annonceurs, peinent à voir le jour dans les délais promis, pour améliorer la distribution d’eau.

Autant dire que si l’alimentation en eau s’est nettement améliorée à Jijel et El Aouana, grâce à l’apport du barrage de Kissir, à El Milia, on continue de vivre sur un misérable rationnement du précieux liquide qui ne couvre même pas les besoins les plus insignifiants de la population. Les projets d’alimentation en eau potable de cette ville, au même titre que ceux des cinq autres communes de la région, à partir du barrage de Boussiaba, achevé, il y a plusieurs années, sont encore à leurs stades de projections.

Entre le gaz qui a atteint les villages les plus reculés de la wilaya, et l’eau, qui n’arrive pas à être pompée des barrages en direction des populations, il y a tout le paradoxe du développement à Jijel.

Amor Z.