Interdiction de la vente sur la voie publique: L’échec de la municipalité de Jijel

Depuis quelques semaines, la commune de Jijel a placardé un peu partout dans la ville des affiches relayées par des appels radiophoniques, dans lesquelles il est rappelé l’interdiction de la vente sur la voie publique, c’est-à-dire dans tout le centre ville de Jijel.

Historiquement, chaque contrée de la wilaya avait son souk hebdomadaire et pour certaines leurs spécialités, où se réunissaient maquignons, vendeurs, fermiers etc… Certes le marché agricole d’antan n’existe plus, mais le marché hebdomadaire a continué à rythmer la vie des cités, une fois – rien qu’une fois – par semaine. On y trouvait des fruits et légumes, des tissus et des vêtements avec généralement un coin pour la brocante. Depuis quelques années, la situation est devenue carrément incontrôlable du fait des silences additionnés des autorités concernées et dont certaines continuent de verbaliser des commerçants dont les devantures sont bloquées par les vendeurs informels qui ne sont nullement inquiétés parce qu’ils «n’ont pas de registres de commerces !

» La situation est telle que sa description relève du domaine de l’ineffable tant la décrépitude, les saletés et l’appropriation des toutes la voies publique sont devenues les règles «inaliénables» sur lesquelles se base le commerce informel.

Ce qu’on n’arrive pas à comprendre, c’est le manque de réaction après ces rappels d’arrêtés pris par la wilaya ! Le communiqué rappelle que l’arrêté de wilaya n°1185 daté du 30 avril 2014  porte sur l’interdiction d’étalage de marchandises destinées à la vente en dehors des locaux commerciaux, sur les trottoirs et les chaussées, les places publiques et les ensembles d’habitation. Il est aussi fait mention de l’arrêté communal n°319 du 1er juillet 2008 relatif à l’interdiction d’étalage de marchandises.
A l’instar des locaux du «Président» pour les jeunes, les marchés de proximité construits dans certaines cités et communes n’ont pas fait changer d’un iota la situation déplorable. Censés être le fer de lance de la lutte contre le commerce informel, le moins que l’on puisse dire, est que l’échec de ces espaces est patent.

Il n’y a qu’à faire un tour dans ceux déjà ouverts pour découvrir la désolation qui y règne contrairement aux artères commerçantes de la ville, phagocytées par le commerce informel.C’est à se poser la question pourquoi des dizaines de millions de dinars ont été dépensées sans que les pouvoirs publics puissent les imposer comme lieu de commerce légal. Censés offrir les conditions nécessaires en matière d’hygiène et de sécurité, les marchés de fruits et légumes de proximité seront certainement moins insalubres que les marchés improvisés actuels qui pullulent dans chaque cité de nos communes. odejjijel.org

El Watan 15/01/2015 Par Fodil S.