Crue d’Oued Soummam (Béjaïa) : La RN12 fermée depuis deux jours

Plusieurs heures de précipitation et la ville de Béjaia est coupée des communes du sud de la wilaya et des régions limitrophes, à savoir, Alger, Bouira et Tizi Ouzou. La RN12 est inondée au niveau du tronçon appelé « tunnel vert », à El Kseur, qui doit son nom à la lignée de platanes et de frênes séculaires qui bordent ce chemin sur une distance de 5 km en sens unique.

Cette inondation est due à la remontée des eaux d’Oued Soummam après deux jours de fortes pluies. La crue, attisée par l’évacuation du trop-plein du barrage hydraulique Tichy-Haf (Seddouk) a, également, submergé des dizaines d’hectares de culture. Il est 18h. En ce début de soirée de dimanche, la voie n’est pas encore ouverte à la circulation. Un camion de la protection civile traverse lentement la crue. S’arrêtant par moment, les agents mesurent le niveau de l’eau sur la chaussée. «Elle est de 30 à 40 cm par endroit », dit l’un des pompiers avant de conseiller aux nombreux jeunes qui contemplaient le «spectacle» de rebrousser chemin.

L’air désolé, les yeux rivés vers les prairies inondées, un agriculteur fulmine : «Nous vivons cette catastrophe chaque année. Mais là où cela fait mal c’est que les autorités n’ont jamais pensé à remédier à cette crue saisonnière ». Et d’ajouter après un instant de silence : «Honnêtement, il y a de quoi décourager les fellahs qui doivent subir la furie de la nature et l’irresponsabilité de l’administration».

Arrivé sur sa moto, un autre habitant d’El Kseur estime que les solutions existent pour empêcher l’eau d’inonder les champs et de remonter jusqu’à la route. « Je ne suis pas sorti d’une école d’ingéniorat mais je sais que la construction des digues, l’élargissement de l’oued à ce niveau suffirait, je crois, à régler définitivement le problème», analyse-t-il, avec un ton ferme.

 

 

Cette situation a contraint les automobilistes à contourner ce tronçon inondé par trois accès pénibles et parfois périlleux. Le premier, par Amizour sur 20 Km où l’incivisme des conducteurs qui roulent sur les accotements et empruntent la voie opposée crée désordre et bouchons infernaux.

D’autres se rabattent sur le chemin de Toudja avant de descendre vers la RN12 au niveau d’Oued Ghir pour continuer vers Béjaia. Afin de rejoindre directement l’ex capitale des Hammadites, d’autres citoyens prennent la RN24, la route du littorale reliant Béjaia à Alger par Tizi Ouzou. Les dites routes sont dans un état lamentable eu égard à la multiplication des nez de poules, des crevasses et des affaissements, ainsi que l’étroitesse de ces voies de communication qui rendent la conduite aussi pénible que dangereuse.



 

Nordine Douici