Monsieur le Maire: et le secrétaire général de la ville de jijel démolissez en finesse.

Dans la pratique quotidienne du pouvoir de puissance publique, il advient souvent qu’un minuscule grain de sable, peut mener le maire et ses collaborateurs directs, devant les tribunaux territorialement compétents, par l’intermédiaire d’une association, d’un groupe de gens ou d’un simple citoyen. La moralisation de la chose publique, prônée par les contribuables que nous sommes, promet des sanctions à la hauteur des scandales, décriés ça et là par la rue et la presse, qui, fusionnées en un panel de revendications, finissent par aboutir, après de longues procédures. 

Nos propos vont s’articuler autour des décisions prises par le premier magistrat de la commune de Jijel, sur proposition du secrétaire général de la dite institution, ayant pour objet la démolition de plusieurs maisons appartenant à des citoyens. Se basant sur le caractère illégal de ces agissements non conformes aux règles d’urbanisme, la mairie a été instruite par le wali, afin d’exécuter les arrêtés pris pour la circonstance.


Nonobstant l’aspect répressif de ces actions, les propriétaires des habitations touchées jusque là, ne trouvent aucun interlocuteur public, auquel il faut s’adresser, pour réclamer ne serait-ce que la copie de la décision ayant servi à démolir leurs habitations. Après maintes audiences différées par le président de l’assemblée populaire communale de Jijel, puisque c’est de lui qu’il s’agit, et qui évite d’assumer la responsabilité de ses actes, nous avions appris que les arrêtés sont nuls et de nul effet, parce que pris sur proposition du secrétaire général, qui avait fait l’objet d’une décision de fin de fonction, prise par le wali de la wilaya, bien avant l’entrée en vigueur des dits arrêtés.

Par conséquent, et dans un souci d’éclairer l’opinion publique sur ces agissements au nom de la loi, nous sommes devant un cas de jurisprudence, engageant, non seulement la responsabilité pénale du maire, mais aussi, celle de la collectivité qui agit en dehors du champ de compétence des instances judiciaires investies du pouvoir de veiller au respect des lois et règlement. Sommes-nous devant un cas d’études du principe de séparation des pouvoirs ?

En règles abécédaires de droit, le citoyen est redevable de la justice, quand il transgresse les lois de la république, et est sommé de réparer à ses frais, toute infraction commise. A ce propos, quel est le degré de responsabilité du maire et du secrétaire général, qui ont agi unilatéralement, par la réquisition de la force publique, et démolissent avec complaisance, des maisons bâties après plusieurs années d’économie et de labeurs ?
Les effets néfastes qui affectent des dizaines de familles, ne cessent d’influer sur leur quotidien, en constatant chaque matin et soir que Dieu fait, depuis plus de quatorze mois, ces infrastructures aux fondations brisées, témoignant d’un feuilleton apocalyptique, au vu et au su de milliers de citoyens, empruntant la rocade d’évitement sud de la ville de Jijel.
Le commun des observateurs, peut sans aucune difficulté, s’assurer du caractère sélectif des agissements du maire. La prise d’images sur le terrain d’intervention des services municipaux, annihile ce sentiment de confiance, fraichement réapproprié par les forces vives de la ville de Jijel, et en particulier, cette région touchée par les mesures prises par celui qu’on nomme le premier magistrat de la commune chef lieu de la wilaya. Amezoy, twafra et les autres contrées touchées par le rouleau compresseur du maire, se souviendront longtemps de ce qui leur a été réservé.
Quant à monsieur le wali et ses collaborateurs, qu’ils daignent débarrasser les abords de la rocade, afin d’assainir l’environnement, pollué par les débris et gravas, visibles de jour comme de nuit.
Signé: Adlane Bentafer.