Constructions illicites à Jijel: Aucun programme de démolition

Pas de programme de démolition» est la formule la plus directe qu’a choisie le wali, Bachir Far, pour répondre aux interrogations de certains journalistes sur les constructions illicites, lors de la rencontre qu’il a tenue récemment avec les représentants de la presse à Jijel.

Ce dossier très sensible s’est invité dans le débat qui a réuni les deux parties, suite à une question soulevée sur le sort de ces carcasses en béton qui ont été démolies un peu partout dans les différentes communes de la wilaya, lors de la campagne menée contre ces constructions par l’ex-wali, Larbi Merzoug. «Si la loi est appliquée, c’est aux auteurs de ces constructions de s’acquitter des frais de leur démolition», a cependant fait remarquer l’actuel chef de l’exécutif.

Critiquant l’empiétement du béton dans le périmètre des zones touristiques, ce dernier a cependant privilégié le respect et l’application de la loi pour régler ce problème. Il faut rappeler qu’en deux ans de présence à la tête de la wilaya de Jijel, l’ex-wali a fait de la lutte contre les constructions illicites un des dossiers sur lesquels il s’est penché le plus.

Son passage à la tête de cette wilaya a été marqué par la démolition de plusieurs bâtisses, soulevant des réactions partagées au sein de l’opinion publique locale. Si certains ont applaudi ces mesures face à l’arrogance de l’avancée du béton, d’autres ont critiqué les «deux poids, deux mesures» utilisés dans le traitement de ce dossier. Les constructions démolies, certaines avec quelques poutres ou des piliers cassés, pour reprendre les termes d’un journaliste qui a soulevé cette question au wali, sont restées telles qu’elles depuis deux années. «On dirait qu’elles ont subi des bombardements», ironise-t-on souvent à la vue de ces édifices mis à terre et éparpillés çà et là dans un décor des plus chaotiques. Il faut noter qu’en dépit de ces mesures radicales, les constructions sans autorisation ont tendance à reprendre avec un certain rythme, mettant au défi les autorités dans leur lutte contre ce phénomène qui a porté un sérieux préjudice au tissu urbain.  

Amor Z.