Enquêtes, indemnisations, prise en charge sanitaire… La lourde facture des accidents de la circulation

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 Rating 0.00 (0 Votes)
Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

Si les dégâts humains entre blessés et décès engendrés par les accidents de la circulation sont quantifiés comme le montant les statistiques périodiques des services de sécurité et du ministère des Transports, très peu de données existent sur le coût économique de ces accidents dont le plus dramatique (11 morts et 25 blessés) remonte au 11 mars dernier et qui est survenu au nord d’In Salah (collision entre un bus de voyageurs et un semi-remorque sur la ligne Béjaïa-Tamanrasset).
Mais, il est clair que  ces  accidents entraînent des pertes économiques considérables pour ceux qui en sont victimes, leur famille, et l’économie nationale dans son ensemble. Et pour cause, en plus des traitements coûteux et des enquêtes, il y a également une perte de productivité et aussi de revenus pour les victimes et leurs familles.
Une situation aggravée par la non-souscription à l’assurance vie en Algérie puisque l’engouement des Algériens pour ce produit d’assurance reste faible. Il y a, en parallèle, les indemnisations supportées par les assureurs.
 
A combien se chiffrent toutes ces pertes ? Un  représentant de la sûreté urbaine relevant de la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a avancé, en 2014, un coût allant jusqu’à 100 milliards de dinars annuellement, sans donner de détails.
 
De son côté, le Centre national de prévention et de sécurité routière (CNPSR) qui dresse annuellement les bilans de ces accidents en analysant les causes n’aborde pas toutefois  les conséquences économiques d’un tel phénomène en raison de la difficulté d’amasser les  données.
 
Souvent, ces informations sont noyées parmi tant d’autres. Par exemple, la prise en charge des blessés, notamment ceux nécessitant un long processus de soins (opérations, rééducation, transfert à l’étranger…), les soins ne sont pas évalués, selon un expert contacté à cet effet. «Les blessés des accidents de la route sont intégrés parmi les hospitalisés. Leur prise en charge n’est pas évaluée de manière spécifique», nous dira-t-il.
 
Ce que nous précisera par ailleurs Lamri Larbi, économiste de la santé. Tout en rappelant que l’accident de la route n’est pas un risque social et n’est pas couvert en tant que tel par la sécurité, il notera que la prise en charge médicale intervient de façon indirecte.
 
 
«Les moyens dépassés par l’ampleur des sinistres»
 
Une question qui commence à être étudiée du côté des économistes de la santé. «Ce n’est que récemment que les économistes algériens de la santé commencent à s’intéresser aux coûts économiques des accidents de la circulation», notera encore M. Lamri,  pour qui les moyens financiers mis en place par l’Etat (infrastructures routières, infrastructures hospitalières, appareillages des handicapés…) sont insuffisants. Idem pour les structures hospitalières.
 
Et pour cause, les moyens existants sont dépassés par l’ampleur des accidents dont le nombre augmente beaucoup plus vite que les moyens de la prise en charge des victimes.
 
C’est le cas pour les victimes handicapées à vie. Dans ce cas, l’invalidité, les handicaps et les soins sont pris en charge par les caisses de l’assurance sociale pour les assurés sociaux et leurs ayants droit, selon M. Lamri qui ajoutera : «Pour les non assurés sociaux, ces dépenses viennent réduire leurs revenus et pour les ménages économiquement faibles et vulnérables elles affaiblissent leur épargne qui aurait pu servir à améliorer leur niveau de vie.»
 
Comme conséquences, ces dépenses peuvent même générer un endettement qui peut  maintenir ces familles dans la précarité.
Pour cela, il n’est pas exclu, selon notre interlocuteur, que certains accidents provoquent l’appauvrissement de nombreux ménages dont le seul revenu peut disparaître lorsque il y a décès du chef de famille salarié ou que son handicap à vie ne lui permettant pas de générer des revenus pour subvenir aux besoins, même élémentaires, de sa famille comme la nourriture, l’habillement ou le logis.
 
Préjudice économique difficile à quantifier
 
Au final, combien coûtent réellement ces accidents ? Combien coûte la prise en charge sanitaire des accidentés ? Comment intervient l’assurance sociale ? Combien payent les assureurs ? Quel impact financier sur les familles des victimes ? Autant de questions qui restent sans réponses...
 
Car ils sont nombreux les acteurs à intervenir dans la prise en charge des accidentés, allant des services de sécurité (pour les enquêtes sur le terrain) au ministère de la Santé (pour les soins), passant par les ministères des Transports, des Finances et enfin  celui du Travail et la Sécurité sociale.
 
Tout le monde s’accorde à dire d’ailleurs qu’un sinistre automobile n’est pas indemnisé à travers la seule assurance auto. Souvent l’Etat intervient  pour prendre en charge les sinistrés. Dans de nombreux cas, les victimes font appel à la justice pour arracher leurs indemnisations.
 
Cela pour dire que toute une chaîne  intervient à des degrés différents pour faire face aux drames de la circulation, dont les préjudices économiques sont importants de l’avis des experts, mais difficiles à évaluer faute d’échanges entre ces secteurs.
 
Et ce, d’autant que très peu d’études ont été menées dans ce cadre. La dernière en date remonte à 1999. Elle avait été conduite dans quatre wilayas sur un échantillon de 500 accidents, puis extrapolée sur le territoire national. Mais en  seize ans, beaucoup de choses ont changé.
 
Le parc automobile s’est considérablement renforcé.  Idem pour le réseau routier et pour le nombre d’accidents. Ce dernier a  connu une évolution exponentielle.  Entre-temps, le nombre de morts sur les routes a fortement augmenté pour atteindre près de 4000 en 2014, pour plus de 24 000 accidents.
 
Même à l’échelle mondiale, il existe peu d’estimations du coût des accidents de la route, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui précise qu’en 2000, ce coût s’élevait  à 518 milliards de dollars environ.  L’OMS rappelle par ailleurs que les accidents de la circulation coûteraient aux pays de 1% à 3% de leur Produit national brut.
 
Dans le cas de l’Algérie, «il n’existe pas d’études exhaustives du coût des accidents de la circulation. Si on situe l’Algérie dans la moyenne de 2% et en fonction de son PIB pour les années 2011, 2012 et 2013, on peut estimer ce coût pour notre pays respectivement de 290, 322 et 331 milliards de DA», précisera M. Lamri qui poursuivra : «Ces montants exorbitants intègrent tous les coûts liés aux indemnisations des dommages corporels des victimes, des pensions d’invalidité, des prises en charge médicales et des journées de travail perdues.
 
S’ils étaient évités, ces montants pourraient être investis dans des secteurs économiques et culturels pour le développement socio-économique du pays.» 
 
La part de l’assurance auto en évolution continue
 
La branche automobile se trouve en tête de liste en termes de primes d’assurance et d’indemnisations, selon le dernier bilan du Conseil national des assurances (CNA) pour l’année 2014.
 
Et ce, malgré la baisse des importations de véhicules en 2014. Ainsi, le chiffre d’affaires de cette branche a augmenté de 3%, totalisant un montant de police d’assurance de 61,4 milliards de DA pour représenter  55,5% de la production des assurances dommages (plus de 110,5 milliards de dinars).
 
Au premier trimestre 2014, cette a branche avait généré 61,7% des rendements des assurances dommages et  avait progressé de 8,2% par rapport au 1er trimestre 2013 avec un chiffre d’affaires de 19,6 milliards de DA. En 2013, la branche auto avait évolué de 16,6% en 2013 par rapport à 2012.
 
Samira Imadalou
 

Vous devez vous ---« inscrire »---pour pouvoir poster un commentaire.

Connexion

Nous avons 234 invités et aucun membre en ligne

Votre publicité ici !

Devenir annonceur sur ce site: Espace publicitaire compatible avec différents formats et à des tarifs très attractifs. حملة إعلانية تعني النجاح. لإعلاناتكم على بوابة الموقع اتصلوا بنا Ecrire à : contact@jijel.info

Prévisions Météo

Espace pub: TOUR BENZIADA " Avancement des travaux"

Retour sur une page d'histoire.

Le projet Bellara

Le projet Bellara,
Donnez votre avis

  • BILLET MATINAL. SOMBRE IMPASSE
    christine hamad christine hamad 22.03.2019 07:10
    Cher ami, " La linge sale" est tellement sale, qu'il faut les étranger viennent en aide de la lavé ...

    Lire la suite...

     
  • BILLET MATINAL. SOMBRE IMPASSE
    saladin saladin 21.03.2019 12:10
    Aller convaincre des pays étrangers, d’une feuille de route que la majorité du PEUPLE algérien refuse ...

    Lire la suite...

     
  • Décès et condoléances...
    MedSouilah MedSouilah 20.03.2019 19:20
    توفي السيد المجاهد بوشملة محمد 88 سنة أب حمادي ، عزالدين، ناصر،نعيم،نذير،عبد الرحيم و سيدفن بعد صلاة ...

    Lire la suite...

     
  • Décès et condoléances...
    MedSouilah MedSouilah 20.03.2019 18:23
    ببالغ الحزن و الأسى و بقلوب راضية بقضاء الله وقدره تلقينا صبيحة هذا االبوم نبأ وفاة المجاهدة المرحومة ...

    Lire la suite...

     
  • BILLET MATINAL. Le long parcours de l'infini.
    Foughali Foughali 19.03.2019 15:23
    Salut Mohamed Je voudrais rappeler que ouyahia disait qu'il faut une politique de répression avec ...

    Lire la suite...

     
  • Une nouvelle lettre du président de la République aux Algériens.
    Foughali Foughali 19.03.2019 15:16
    Salut J'ai lu les lettres de mon moulin... Mais, j'avoue n'avoir aucune envie de lire les lettres ...

    Lire la suite...

     
  • Une nouvelle lettre du président de la République aux Algériens.
    jitex jitex 19.03.2019 09:17
    Des lettres , des lettres et des lettres ...ils sont capables de nous lire une lettre envoyée par ...

    Lire la suite...

     
  • Une nouvelle lettre du président de la République aux Algériens.
    saladin saladin 19.03.2019 09:15
    A mon humble avis, le PEUPLE qui est sorti, dans la rue, le 22/02/2019, le 01/03/2019, le 08/03/2019 ...

    Lire la suite...

     
  • Les membres du gouvernement dissous maintiennent leurs activités
    jitex jitex 18.03.2019 13:31
    A mon avis ces ministres ou responsables touristes doivent accepter la volonté du peuple et arrêter de ...

    Lire la suite...

     
  • BILLET MATINAL. Sortir de l'impasse
    saladin saladin 18.03.2019 11:08
    La cause de cette impasse est le pouvoir en place. La GRANDE majorité du PEUPLE algérien est claire dans ...

    Lire la suite...

     
  • BILLET MATINAL. Le vendredi de l'espoir.
    saladin saladin 16.03.2019 11:30
    Magnifique est l’Algérie de ce vendredi 15 Mars 2019, cette journée qui est entrée dans l’histoire, par ...

    Lire la suite...

     
  • Une image de Jijel
    MedSouilah MedSouilah 15.03.2019 18:45
    https://nsa40.casimages.com/img/2019/03/15/190315064230601696.jpg

    Lire la suite...

     
  • Une image de Jijel
    MedSouilah MedSouilah 15.03.2019 18:45
    A Alger: De braves citoyens avaient offert aux manifestants, du couscous, des dates, de l'eau...

    Lire la suite...

     
  • BILLET MATINAL: Une jeunesse dorée, la révolution du sourire.
    Foughali Foughali 15.03.2019 13:00
    Salut saladin Non mon ami, ils n'ont rien compris depuis 60 ans ! La preuve, ils nomment des grabataires ...

    Lire la suite...

     
  • BILLET MATINAL: Une jeunesse dorée, la révolution du sourire.
    MedSouilah MedSouilah 15.03.2019 11:59
    DIRECT D'ALGER: Ce matin 10h16. : Les citoyens commencent à se rassembler devant la Grande Poste. Un ...

    Lire la suite...

     
  • BILLET MATINAL: Une jeunesse dorée, la révolution du sourire.
    saladin saladin 15.03.2019 09:52
    Quelle belle image, porteuse d’espoir ! Espérons qu’il reste un peu de sagesse aux décideurs, pour ...

    Lire la suite...

     
  • BILLET MATINAL... Une jeunesse exemplaire.
    christine hamad christine hamad 14.03.2019 07:25
    Je vous à transféré les aspirations des citoyens algériens,avec qui je vivre depuis 30ans maintenant ...

    Lire la suite...