le tourisme à jijel: Une affaire de non professionnels

Réputée pour ses atouts touristiques indéniables, Jijel, sa célèbre corniche et tout son littoral, cessent pourtant de vivre dés le départ du dernier vacancier de l’été.

En dehors de la saison estivale qui se résume à une courte période entrecoupée, depuis quelques années, par le mois sacré du Ramadhan, la ville de Jijel et ses localités côtières reprennent le rythme d’une vie qui n’a rien à voir avec cette vocation supposée être touristique.

 

L’activité hôtelière, qui plonge dans une longue hibernation, et le produit touristique jijelien, un label qui n’existe d’ailleurs pas, se mettent à attendre un autre cycle de l’année pour renouer avec une activité purement saisonnière.

Pour des initiés à ce circuit, la question est de savoir quel est le rôle des agences du tourisme et de voyage dans la vente et la promotion du produit touristique local.

Il est admis, selon les mêmes interlocuteurs, que le tourisme consiste à monter des produits touristiques à base de potentialités locales, culturelles, climatiques, balnéaires, religieuses ou d’événements. «Ce produit est à monter pour le faire connaitre, ce qui n’est pas le cas dans la majorité des agences de voyage en Algérie», affirment-ils.

Dans la wilaya de Jijel, il y a quatre agences de voyages qui ne profitent même pas de la saison estivale, en dépit de cet atout qui fait de Jijel l’une des principales destinations touristiques des familles algériennes en période d’été. Autant dire que le rôle des agences de voyages est de tourisme dans le développement de l’activité touristique demeure marginal dans cette wilaya.

«Il n’y a pas de complexe touristique pour verser dans l’activité touristique locale», se justifie le patron d’une agence de voyage. «La promotion du tourisme incombe également à l’Etat qui a à sa charge la préparation du terrain aux activités touristiques, la réalisation des infrastructures de routes, de santé et  l’encouragement de l’investissement, l’amélioration du cadre de vie et de la situation sécuritaire», soutient, pour sa part, un initié au secteur touristique.

Si l’on considère que la sécurité s’est nettement améliorée, la préparation du terrain pour le lancement d’expéditions touristiques à Erraguene, Oued Z’hor ou ailleurs dans les régions montagneuses de la wilaya est encore loin d’être une réalité. Il reste encore à ouvrir des routes et aménager des pistes d’accès aux zones qui ont plus d’atouts pour attirer des visiteurs.

La construction de complexes touristiques demeure encore un vœu pieux, pendant que les infrastructures hôtelières font cruellement défaut et Jijel, où l’on déplore l’inexistence même d’un établissement hôtelier classé digne de ce nom.

Et dire que dans une wilaya censée être touristique, les agences de voyage n’ont pour priorités que le tourisme religieux. Et c’est bien évidemment la Omra qui s’inscrit quasi-exclusivement dans le registre de leurs activités. «A longueur d’année, leur seul souci est de louer le standing des complexes et des hôtels des lieux saints de l’Islam en Arabie Saoudite, au détriment du produit touristique local ou national», résume-t-on.  

40 MDA pour les plages

 

En prévision de la saison estivale, 40 millions de dinars ont été prélevés sur le budget des plans communaux de développement (PCD) pour être dégagés au profit des huit communes côtières de la wilaya de Jijel.

Cette enveloppe sera destinée à l’entretien des plages dans le cadre des préparatifs lancés pour la réalisation, l’aménagement et la réhabilitation des équipements au niveau des plages, selon les services de la wilaya. Les opérations prévues concernent la réhabilitation des blocs sanitaires, des postes de secours et la mise en place des systèmes d’alimentation en eau potable et de l’éclairage public. Les plages et les parkings feront également l’objet d’une action de nettoyage et d’aménagement pour les mettre à jour pour le grand rendez-vous estival.

La direction du tourisme et de l’artisanat a, par ailleurs, proposé l’ouverture de trois nouvelles plages, dont deux à Ziama-Mansouriah, et le troisième, à Kissir, dans la commune d’El Aouana. Si elles seront ouvertes, ces plages viendront s’ajouter aux 22 autres officiellement retenues pour la saison des baignades. 

 

Adam S.