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Retour sur une page d'histoire.

Le projet Bellara

 

 

 

 

Communiqué jijel.info

 

 

 

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ENFANCE EN ALGERIE COLONIALE…

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En cet après-midi de Juillet 1958, après avoir bouclé mes sandales blanches de mica, j’enfonçai en bougonnant mon chapeau de paille sur la tête et me voilà fin prêt…
Ma mère, Allah Yarhamha, me tendit un paquet de sucre enveloppé discrètement dans une page de la Dépêche de Constantine, arrangea son haïk blanc puis me fit signe de passer devant…. En route chez ma tante.. ! 
En fait, ce matin-là après avoir balayé devant notre maison, j’avais déjà effectué le parcours à l’aide de mon fidèle «cirkou» (jante de vélo) pour prévenir Khalti de la visite de ma mère. Cela faisait déjà deux jours que mon oncle avait été arrêté par les Parachutistes dans une rafle et ma tante et ses enfants, en étaient sans aucune nouvelle.


On savait seulement qu’il avait été arrêté et enfermé au Camp Chevalier avec quantité d’autres malheureux… 
La veille au soir, j’avais vu arriver en trombe mon frère Mourad, pratiquement au couvre-feu et s’agenouiller vite dans un coin de la cour pour brûler des papiers. Il raconta discrètement à mon père fort inquiet, qu’il venait de faire une incursion dans le bureau du Parti Communiste au quartier de l’Etoile pour y dérober la liste des militants indigènes, avant une perquisition imminente de la police…
Mais si je remarquai une gravité dans les regards, j’avais pour ma part, une autre préoccupation : La capture d’un gros «wajwaj»… Une cigale qui avait pris refuge sur une des grosses branches du platane qui jouxtait notre maison et dont la fraîcheur faisait tant le bonheur de nos voisins épiciers, les après-midi d’été. Surtout Da Mohamed le Coiffeur…
Allongé sur un vieux transat, il fixait parfois le bord du trottoir tout en écoutant le petit Transistor puis, d’un coup, il expulsait une boulette de tabac à chiquer avec une précision impressionnante : Pile-poil au pied de l’arbre...!
Nous les gamins du quartier, depuis longtemps déjà on ne pariait plus sur son adresse, car question balistique, il était vraiment fort…
Une fois, pendant qu’il pleuvait sous un soleil éclatant juste après une procession de Lalla Mèntère, il nous expliqua d’un air sérieux que c’était «dib kaye ta7ar lè wladou » (le loup qui fêtait la circoncision de ses petits) et ce, avec une telle assurance, que beaucoup d’enfants y crurent longtemps après…
Donc cet après-midi-là, pour le wajwaj, c’était encore raté… Mais bon, j’avais quand même eu le matin, une petite satisfaction. J’avais gagné un Doro (5 cts), prix d’un berridou (créponnet) pour quelques courses domestiques: Achat de pétrole pour le réchaud et notre lampe d’éclairage puis l’accompagnement d’une voisine chez un Médecin.
Parfois, j’en avais franchement marre car je loupais souvent d’importants matchs de petits jeux saisonniers comme les billes, le partage, le lancement de crush… Mais pouvait-on à mon époque, seulement lever les yeux quand les parents nous parlaient..? 
En tout cas, dans quelques jours ça allait être la kermesse française au Plein Air et je devais sauvegarder mes souliers propres si je voulais avoir une chance d’accéder à la fête…
En plus, disait-on, notre instituteur sera l’un des préposés au filtrage à la porte d’entrée. J’avais donc tout intérêt à connaître mes leçons par cœur ces jours-ci, si je voulais multiplier mes chances…
Notre célèbre Rue de Picardie, toute propre à l’image de ses commerçants, frémissait déjà d’émotions à l’approche de la fête, surtout au crépuscule…
Les boutiques de vêtements élégants et de souliers de luxe ne désemplissaient pas. Les Café-Bars débitaient tard le soir dans un brouhaha convivial, les marchands de jouets et de confettis étaient débordés…
Mais cette semaine-là encore de 1958, qui serait une bénédiction pour les uns, ne sera hélas pour d’autres que juste un court répit, inscrit dans le cours du temps qui passe…

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