IMPORTATION DE VEHICULES: La fermeté affichée du gouvernement

Trois semaines après la publication, le 15 avril dernier, du nouveau cahier des charges sur les normes automobiles, les importations de véhicules restent bloquées. Selon TSA, plusieurs milliers de véhicules sont toujours bloqués dans les ports de Mostaganem et de Djendjen. Et aucune autorisation de déblocage n’a encore été délivrée. Pour le seul port de Djendjen (W de Jijel) près de 10.000 véhicules sont en attente dans des navires en rade. Hier, la direction du port a décidé de ne plus autoriser le débarquement des véhicules dont la domiciliation n’a pas été dûment établie par la banque. Tous les concessionnaires sont touchés quelle que soit la date à laquelle la commande a été passée.

« La situation est catastrophique pour nous. Un bateau en rade nous coûte 30.000 dollars par jour en frais », se plaint un importateur de marques asiatiques. Ajoutant : « Nous allons mettre au chômage une partie de notre personnel », affirme un autre importateur qui n’exclut pas une cessation d’activité si le cahier des charges n’est pas modifié pour accorder un délai aux importateurs afin de s’adapter. Les importateurs de marques asiatiques, les plus touchés par les nouvelles mesures, tentent de s’organiser. Ils viennent de créer une association qui attend un agrément. Ils comptent également mener des actions en justice contre le gouvernement. Une réunion s’est tenue dimanche dernier au siège de l’Abef (Association des banques et établissements financiers). Aucune nouvelle décision n’a été annoncée. L’Abef a demandé des informations sur les domiciliations opérées par des concessionnaires entre le 23 mars et le 9 avril , selon une source bancaire. Le gouvernement soupçonne des concessionnaires, notamment, Toyota, Renault et Peugeot, d’avoir « procédé à des domiciliations bancaires d’importation durant la période du 23 mars au 9 avril de volumes de véhicules sans rapport avec la moyenne enregistrée pour la même période de 2014, évaluée à 613 millions d’euros , soit 666 millions de dollars. Face à la fermeté affichée par le gouvernement, Renault et Peugeot ont, selon TSA, annulé ces commandes auprès de leurs maison-mères. Il est évident que ces concessionnaires ne voulaient pas prendre le risque de se retrouver avec des milliers de véhicules bloqués dans les ports. odejjijel.org

L’Est Républicain 05/05/2015 Par D.S./Agence