JIJEL. Des projets en éternels balbutiements

■  d 370194des projets en eternels balbutiements 9e087Alors que le dossier d’investissement a été abordé par le président de la République dans l’un de ses derniers discours pour tenter de le débloquer à l’échelle nationale, dans la wilaya de Jijel de nombreux projets sont en attente de concrétisation.

D’autres font l’objet d’un blocage qui dure et perdure pour des raisons propres à une administration otage de la lourdeur de ses propres réflexes. C’est surtout le cas dans le secteur touristique, où l’on fait le même constat depuis trois décennies.

À telle enseigne que, récemment, le directeur du tourisme et de l’artisanat a fait part sur les ondes de la radio locale avec regret l’inexistence du moindre établissement hôtelier classé dans une wilaya à vocation touristique.

 

Quant aux zones d’expansion touristiques (ZET), elles sont un autre dossier qui ne se débloque pas depuis trois décennies, même si on insiste sur le fait que l’aménagement de cinq sites est sur le point d’être lancé.

Le comble est ce constat fait par des élus de l’APW dans l’un de leurs précédents rapports sur l’investissement, évoquant que c’est l’industrie qui devance le tourisme en termes d’investissement.

Dans le domaine industriel, la situation est encore loin d’être débloquée, d’autant que de nombreux projets attendent à leur tour d’être lancés dans la zone industrielle de Bellara, elle-même confrontée à des difficultés d’aménagement.

Ces difficultés ont fini par retarder le lancement de ces projets. Récemment, le wali a toutefois fait part, dans une intervention à la radio locale, du possible lancement de certains de ces projets d’ici au début de l’année prochaine.

C’est dire les difficultés qui accompagnent l’investissement dans cette wilaya, également confrontée à des contraintes d’aménagement et de viabilisation des zones d’activité, compromettant le lancement des projets retenus.

En attendant la concrétisation de l’ensemble des projets recensés et le déblocage d’autres dossiers, les statistiques avancées par la direction de l’industrie, dans un rapport remontant au mois de juin dernier, font état d’un total de 66 dossiers non étudiés.

Quinze traînent depuis l’année 2019, 31 ont été déposés en 2020 et 20 en 2021. La part du lion de ces dossiers revient à la daïra de Taher avec 35%, suivie de Jijel avec 33% et d’El-Milia avec 12%.

Le reste des dossiers sont répartis selon la proportion de 1 à 8% sur les 8 daïras restantes. Pour les investissements attribués, le même rapport, arrêté à la date du 20 juin 2021, relève l’approbation de 191 dossiers d’investissement et l’établissement de 125 contrats, ainsi que l’attribution de 138 permis de construire et le lancement de 116 projets.

Avec un montant d’investissement de plus de 396 milliards de dinars, l’ensemble de ces projets est prévu pour générer 19 987 postes d’emploi. Des chiffres ambitieux qui restent à traduire sur le terrain de la réalité pour donner un coup de starter à l’investissement économique dans cette wilaya.

Paradoxalement à ses potentialités sur les plans touristique et agricole, celle-ci semble compter sur l’investissement industriel aux dépens d’autres secteurs, eu égard aux chiffres avancés.

Et pour cause, 47% des dossiers recensés représentent l’industrie, alors que le tourisme n’en compte qu’une proportion de 17,77%. Les projets industriels sont l’apanage de la zone de Bellara et des zones d’activité, qui restent toutefois à mettre en œuvre dans les meilleures conditions pour évoquer un véritable investissement dans le secteur industriel.

Dans le secteur touristique, tout est lié à la mise en œuvre des ZET, dont certaines ne sont plus à l’ordre du jour de par les agressions dont elles ont fait l’objet par les constructions illicites.

Tout au long d’une bande côtière de 120 km, à la place des villages touristiques prévus, c’est le béton qui ne cesse d’avancer, au mépris des règles de l’urbanisme et des projets d’investissement retenus.

A. Z. liberté