On n'y revient pas

l olivier 3Réserver une table au restaurant à Jijel est une véritable aventure. Sachant que les jwajlas ne sortent jamais ou presque jamais au restaurant car cela ne leur rapporte aucune satisfaction majeure, il en découle une situation bizarre dans la restauration du chef-lieu de la wilaya. En effet, les restaurateurs du bled, en général sans  aucune autre prétention que celle de la course au dinar, n'ont aucune notion de gastronomie, de qualité ou de produit du terroir. Ne cherchez surtout pas le bien-être dans un restaurant ici. Vous ne trouvez pas d'huile d'olive dont nous sommes si fiers, ni de bonne galette ni de petites crêpes au miel local. Par contre, vous aurez d'office droit à une bouteille de limonade à vous faire exploser le taux de glycémie et une corbeille de pain assez haute pour tout un bataillon. On vous proposera sûrement du poulet, du riz ou des brochettes avec des frites froides, molles, dégoulinantes d'une huile sans âge et un hors-d'oeuvre de la veille. On passera.sûrement vous voir pour savoir si vous êtes mriguel comme si vous étiez un vieux carburateur.

 

Mais il reste le poisson dira-t-on, mais pas à Jijel. A Jijel, il n'y a.pas de restaurant à poisson. On vous présentera bien quelques pièces en vitrine, à côté de la viande rouge et du poulet mais ce sera seulement de l'alloche, des tranches de poisson décongelé et des chevrettes à des prix fixés par des extraterrestres, le tout préparé de la même manière, c'est-à-dire vite et mal. A Jijel, il n'y a rien à déguster, il y a juste à manger. Prenez un sandwich, là au moins, vous saurez que vous ne vous faites pas du bien. Avec cela,on comprendra mieux pourquoi les jwajlas ne mangent jamais au restaurant. On y va seulement quand on est obligé. Et quand on y va, on n'y revient pas.

IGEL jijel.info