Dégradation de l’environnement à jijel: Des décharges dans les lits des oueds

Des cours d’eau de la wilaya de Jijel sont agressés sans qu’on puisse mettre le holà aux pratiques qui polluent ou empiètent sur ces oueds qui relèvent du domaine public hydraulique naturel.

Le cas le plus grave concerne l’oued Djendjen à la limite des communes de Taher et l’Emir Abdelkader, où malgré un arrêté de la commune pris par le président de l’APC en date du 15 octobre 2014, la situation sur le terrain semble avoir pris des proportions encore plus dramatiques, tant l’agression du lit de l’oued et son dangereux rétrécissement pour les localités se situant en amont comme Azaouane et T’Har Oussaf, s’étend jour après jour sans que quelques autorités ne viennent mettre un terme à ce défi caractérisé. Pis encore, la berge ouest qui jusque là ne faisait pas l’objet de remblaiement, fait l’objet comme nous l’avons récemment constaté sur les lieux de dépôt de terre qui étranglent encore plus le lit de l’oued sur cette deuxième partie du cours d’eau.

Pourtant la loi interdit toute nouvelle construction, toute plantation, toute élévation de clôture fixe et tout acte de nature à nuire à l’entretien des oueds à l’intérieur des zones de franc-bord ou des zones soumises à une servitude de franc-bord. Et dire que dans le cas de l’oued Djendjen, l’agression ne concerne pas seulement, mais carrément le lit de l’oued ! Le cas de la rive Est de l’oued Djendjen s’apparente plus à une extension d’une plate-forme au détriment du lit de l’oued qu’à autre chose.

A moins que l’auteur soit un intouchable, la situation est très grave à cet endroit. A une trentaine de kilomètres plus à l’Est, et plus précisément dans la commune d’El Ancer, la berge est de l’oued Irdjana est devenue une décharge publique sans que cela ne fasse bouger quelque âme pour mettre un terme à cet état de fait.

Et dire que des forages destinés à l’alimentation en eau potable se trouvent en aval de ces dépôts d’ordures ! La vue de cette image est bouleversante, avec ces détritus qui descendent jusqu’au lit de l’oued, le tout enveloppé par les fumées qui s’y échappent. La triste liste ne s’arrête là puisque sur la berge d’un autre oued, El Kébir, se trouve une autre décharge, en amont du chef lieu de commune de Sidi Marouf, près des limites avec la wilaya de Mila.

Des réactions énergiques sont attendues pour mettre un terme à ces agressions qui pourraient présenter des dangers sur la santé des populations qui sont alimentées par des eaux puisées en aval de ces cours d’eau comme c’est aussi le cas à Sidi Marouf.    

Fodil S.