Développements tous azimuts Entreprise portuaire de Djen-Djen

L’Entreprise portuaire de Djen-Djen poursuit son ambition de renforcer sa position d’acteur majeur dans la chaîne de transport maritime et portuaire en s’engageant, selon son premier responsable, « dans une logique d’amélioration continue conformément aux exigences des référentiels applicables à son activité en tenant compte de la satisfaction et des attentes de nos clients et surtout en respectant les obligations ainsi que les engagements contractuels ». C’est dans ce sens qu’Abderrazak Sellami, président-directeur général de l’Entreprise portuaire de Djen-Djen, a tenu à rappeler l’obtention par son entreprise de la certification ISO 9001 version 2008. Décernée par le bureau international Intertek, la certification ISO 9001-2008 vient ainsi couronner la démarche qualité mise en place par l’Entreprise portuaire de Djen-Djen, couvrant toutes ses activités.

Il s’agit notamment, faudrait-il le souligner, des prestations de services portuaires (pilotage, remorquage, lamanage, services liés aux navires), de manutention et acconage, de gestion du domaine public portuaire et enfin de la police, exploitation et sécurité portuaire. L’ISO 9001-2008 est un outil de management et d’amélioration continue qui implique un pilotage permanent des objectifs. « Son obtention représente l’aboutissement d’une démarche engagée depuis plusieurs mois qui a mobilisé toutes les forces de l’entreprise. C’est un véritable projet d’entreprise qui a dynamisé les équipes et fédéré tous les salariés autour d’un objectif commun : satisfaire nos clients », s’est réjoui le P-DG de l’EP de Djen-Djen qui, à la tête de cette même entreprise, ne compte pas en rester là. « Nous tenons impérativement à garder ce label et très prochainement nous allons lancer aussi la certification ISO 14000 », a assuré notre interlocuteur. Comprendre : l’obtention de ce certificat témoigne de l’engagement à la fois de la direction et du management mais aussi de tous les collaborateurs d’augmenter constamment l’efficacité du système de management de la qualité dans le but d’accomplir les missions attribuées. « L’EP de Djen-Djen poursuit le même objectif : celui d’être demain, toujours meilleur qu’aujourd’hui », a encore soutenu Abderrazak Sellami.

Un port, des performances
Restons dans les performances du port de Djen-Djen. Il convient de souligner à ce propos que la capacité nominale du port de 4,5 millions de tonnes a été dépassée à la fin décembre 2014 avec un volume total de 4,7 millions de tonnes pour l’année 2014, avec également une hausse de 22 % par rapport au trafic de l’année 2013. « Si nous avons pu atteindre cette performance, c’est grâce à la mise en place d’un management performant avec notamment la certification de notre entreprise selon la norme ISO 9001 version 2008 », a soutenu le P-DG de l’EP de Djen-Djen. De plus, l’effort de formation engagé par l’entreprise et les investissements réalisés en termes d’infrastructures et d’équipements ont donné des résultats appréciables dans les rendements portuaires et des services de qualité offerts aux clients et cela dans un climat serein et apaisé grâce à la coordination avec le partenaire social. Le port de Djen-Djen s’affirme au fil des ans comme un pôle logistique et un acteur de développement de premier plan dans la région. Toujours en chiffres, le port de Djen-Djen, aux dires de Abderrazak Sellami, a réalisé une progression de 43% du trafic de marchandises atteignant 3.442.126 tonnes à fin septembre dernier contre 2.409.538 tonnes durant la même période de l’année 2011. Aussi, selon les statistiques fournies par l’EP de Djen-Djen, quelque 150.577 véhicules ont débarqué au port de Djen Djen jusqu’en fin septembre dernier.

Jijel, une ville deux fois millénaire
On ne peut aborder le port de Djen-Djen et faire l’impasse sur l’historique, bref soit-il, de Jijel. Pour les historiens, l’histoire de Jijel remonte à quelque 2000 ans, lit-on dans la Monographie de la Wilaya de Jijel, réalisée par Salah Bousseloua et postée sur le site officiel de la wilaya. Jijel tirerait ainsi, son nom du berbère «Ighil-Ghil», de colline en colline ou en se référant à l’antiquité romaine, on a « Igilgili » de « Jiljil », cercle de pierres sur lequel, la cité s’est construite pour échapper aux invasions venant du Nord. En effet, par ses immenses plages de sable fin, la richesse de son site, la douceur de son climat, Jijel a attiré au cours des siècles, tous les peuples expansionnistes de la Méditerranée. Bloquée entre la chaîne des Babors et la mer, démunie presque totalement de voies de communication à l’exception de quelques voies romaines traversant des zones peu sûres reliant Constantine, Bejaïa, et Collo, après plusieurs jours de marche, Jijel subira toutes les attaques, venant surtout de la mer. Grâce à un système de défense bien conçu, la ville affrontait victorieusement tous les assauts. Dès que l’alerte était donnée par les guetteurs, la population civile allait s’enfermer dans une forteresse construite à l’arrière de la ville, à Béni-Caid. La ville restait alors aux mains de ses défenseurs. En cas de rupture des lignes de défense et si l’envahisseur s’avisait à poursuivre la population, il tombait fatalement dans des gorges étroites situées entre des collines boisées, entourées de cours d’eau, d’ou d’autres défenseurs pouvaient surgir. Plus tard la stratégie des armées colonialistes allait reprendre à peu près le même système de défense de la ville. La vieille cité devient citadelle. Le vieux fort «des Français» aujourd’hui disparu a été construit par le corps expéditionnaire du duc de Beaufort au XVIIe siècle. A l’Est de la ville, sur un promontoire rocheux qui commandait l’entrée de la cité par la mer, le fort Duquesne fut édifié sur l’emplacement de Sidi Amar. A l’Ouest, la montagne qui domine la ville et sa région, Mesghitane, devint sémaphore, un fortin toujours tenu à l’époque française par une section de soldats. Jijel dut subir en 1664 une attaque d’envergure déclenchée par Louis XIV, le monarque français, oubliant les anciennes alliances de son pays avec l’Algérie et ne songeant qu’à augmenter son prestige vis-à-vis des pays chrétiens d’Occident. Sous la pression de son ministre Colbert intéressé par les routes de ses compagnies commerciales d’Afrique, un puissant corps expéditionnaire commandé par le prince Bourbon, duc de Beaufort et oncle du roi, fut débarqué à Jijel par l’amiral Duquesne, le 23 juillet 1664 près de Sidi-Amar. Région montagneuse et couverte de forêts, la wilaya de Jijel constituait avec le massif de Collo, durant la glorieuse révolution de novembre, un bastion imprenable que ne purent réduire ni les bombardements aériens, par vagues successives, ni les incendies de forêts, ni l’artillerie, ni les tirs de la marine. Aujourd’hui, comme tous les Algériens, les Djidjelliens travaillent mais n’oublient pas leurs morts. Au riant village de la révolution agraire Belghimouz-Medegri, un petit monument expose un chapelet de bombes d’avion non explosées. La stèle avec ses trois bombes rouillées semble marquer à jamais les forces rétrogrades et obscurantistes qui voulaient freiner la marche de l’Histoire et celle du peuple vers le progrès.

Qui est Abderrazak Sellami ?
Marié et père de quatre enfants, l’actuel P-DG de l’EP de Djen Djen est natif de Jijel en 1955. Abderrazak Sellami dispose d’un parcours bien étoffé. En toute fierté, ce dernier affirme qu’il est le premier à avoir obtenu un ingéniorat en informatique, option gestion et organisation de toute la wilaya de Jijel. « C’était en 1979 au Centre d’études et de recherche en informatique (CERI)», se souvient-il. Une année après, il part en France, à l’Université Paul Sabatier de Toulouse où il obtient un diplôme des études approfondies en informatique. De retour au pays, il est appelé sous les drapeaux. Son service national, il le passe au service informatique du ministère de la Défenses nationale sous le commandement du défunt colonel Ayata. « Je dirais sans hésiter que c’étaient là les meilleurs moments de ma vie. En plus d’avoir servi mon pays, ces deux ans de service national m’ont énormément appris, surtout à forger ma personnalité », a-t-il assuré. Les formations se succèdent et s’enchaînent pour l’actuel P-DG de l’EP de Djen-Djen puisque en 1988, il décroche un stage international en planification portuaire cours trainmar Cnuced au port d’Alger. Au cours de la même année, destination Belgique, à Antwerp port engineering consulting APEC. C’est pour un autre stage en gestion portuaire et informatique. En 2002, Abderrazak Sellami effectue également un stage de statistiques de portuaire, programme Medsat au port d’Anvers en Belgique. Entre 2003 et 2008, Abderrazak Sellami a cumulé déjà d’autres formations telles que le cours international de formation supérieure de gestion et exploitation portuaire en Belgique, aide à la privatisation des entreprises publiques à Bordeaux et enfin partenariats public-privé au Port autonome de Marseille. Des responsabilités ? Il en a connu beaucoup. Avant d’occuper l’actuel poste de P-DG de l’EP de Djen-Djen de mai 2014 à ce jour, il a été directeur des finances et comptabilité par intérim en même temps que directeur des études et du développement à l’EP Djen-Djen. Il occupait le poste du président du conseil d’administration de Djazair Port World entre février 2011 et juin 2012. D’octobre 2005 au mois décembre 2006, Abderrazak Sellami a aussi occupé le poste de président du conseil d’administration de DP World Djen-Djen, de même qu’il a présidé le conseil d’administration de CNAN-Med. Abderrazak Sellami jouit d’une grande expérience dans le domaine de la gestion portuaire l’amenant de ce fait à prendre part à plusieurs séminaires nationaux et internationaux portant sur ce même thème. Il a aussi pris part à toutes les étapes de négociations dans le cadre de la mise en place du partenariat avec DP World.

Par Meriem ALI MARINA

http://jijel.info/ le 28.12.2015: 

J'étais ébloui par la grande activité qui régnait au sein de cette entreprise, incontournable. Huit grands bateaux étaient déjà sur le quai, et beaucoup d'autres attendaient au large... J'avais même discuté avec les ouvriers qui étaient sur place, et qui m’ont pris cette photo, tous des Jijelliens. Ils travaillent la double brigade de 7 heure du matin 1 heure du lendemain, y compris les vendredis et jours fériés, c'est à dire, il s’arrêtent seulement de 1 heure du matin à 5 heure du matin...
BRAVO.