CONSTRUCTION NAVALE À JIJEL. De nouvelles perspectives malgré les difficultés

Actuellement, cette activité totalise huit unités, dont trois spécialisées dans la réparation et la fabrication de bateaux en bois. Mais la tendance est la construction en polyester pour donner plus d’appoint à cette activité.

Au-delà des performances réalisées, les chantiers navals de construction des bateaux de pêche à Jijel sont confrontés à des contraintes qui risquent de compromettre cette activité. C’est ce qu’affirme l’un des patrons d’une entreprise activant dans ce domaine, lorsqu’il fait part d’une marchandise de plus en plus chère et souvent introuvable.

“Le bois et le polyester sont chers”, déplore-t-il. Tenant des chantiers à Beni Ahmed et au port de Boudis, notre interlocuteur confie que son activité fait face à des prix qui ont doublé. 

“On risque d’aller à la fermeture”, lance-t-il sur un ton d’appréhension d’un lendemain incertain. Pour lui, les seize travailleurs qu’il emploie risquent même de se retrouver au chômage.

 

Son activité reste toutefois concentrée sur la construction de bateaux de pêche de différentes tailles, allant des petits-métiers aux chalutiers, en passant par les sardiniers.

Cette contrainte n’a pas empêché que son entreprise réalise des performances en annonçant, il y a quelque temps, la commercialisation de bateaux construits à Beni Ahmed pour des professionnels de la pêche.

Il convient de souligner que cette activité a une longue histoire à Jijel. Elle concerne non seulement la fabrication des bateaux de pêche, mais aussi leur réparation. Le métier est un fleuron local depuis des époques lointaines jusqu’à ce jour.

Il s’est spécialisé dans la fabrication des bateaux en bois, jadis ramené de la forêt Guerrouche, à El-Aouana. La matière première était transportée via l’ancien port de Taza à l’ère ottomane, participant avec force à la réalisation de la flotte marine algérienne de l’époque.

L’ancien port de Jijel disposait d’une unité annexe de la défunte Entreprise de construction et de réparation navale (Ecorep), connue pour la qualité de ses produits. Actuellement, cette activité totalise huit unités, dont trois spécialisées dans la réparation et la fabrication de bateaux en bois.

De par les priorités d’accompagnement et de soutien qu’accorde le gouvernement à cette filière, celle-ci s’est orientée sur la construction en polyester des bateaux de pêche pour donner plus d’appoint à cette activité.

L’objectif est d’en finir avec la dépendance, le renforcement de la flottille locale de pêche en haute mer et la fabrication de bateaux d’aquaculture. Le reste des chantiers existants active dans le domaine de la fabrication de petits bateaux en polyester de 4,80 à 6 m destinés aux activités de plaisance et de pêche continentale.

L’ensemble de ces chantiers emploie entre cinq et vingt travailleurs, en plus des bureaux d’étude spécialisés dans la conception des plans des bateaux, ce qui porte à quelque quatre cent cinquante le nombre d’emplois directs et indirects créés dans cette filière.

Selon les prévisions de la direction de la pêche et des ressources halieutiques de la wilaya de Jijel, ce nombre peut atteindre le millier suite aux facilités accordées à l’activité par le gouvernement.

Pour le développement de la filière, notamment la pêche en haute mer et l’aquaculture, il est prévu l’ouverture sur le partenariat étranger, ainsi que sur le marché africain. Plusieurs autres activités sont retenues dans le cadre de la promotion de ce circuit tel que stipulé par le décret exécutif de 2016.

C’est dans  cette  optique qu’il  a  été  procédé  à  l’attribution d’autorisations d’exploitation de terrains au niveau des zones d’activité de pêche maritime et d’aquaculture à Ledjenah et à Kissir.  Cette attribution vise à introduire le polyester dans l’activité de deux entreprises de fabrication de bateaux en bois.
 

Amor Z.